SANTÉ publique – Le ministre Anil : « Appel aux spécialistes étrangers pour pallier au manque de compétences locales »

-Cataracte : une liste d’attente de plus de 2 500 patients dont certains auraient pu avoir perdu la vue si nous n’avions pas réagi promptement

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Le ministère de la Santé fait appel à des médecins spécialistes étrangers dans le cadre de missions internationales de courte durée, avec pour objectifs de fournir des services cliniques hautement spécialisés, de faciliter le transfert de connaissances, de booster les capacités de nos professionnels de santé locaux et de réduire les coûts liés à l’envoi de patients à l’étranger pour y recevoir des soins.  C’est ce qu’a déclaré le ministre Anil Bachoo en réponse à une interpellation de Rubna Daureeawo.

Anil Bachoo a indiqué que le ministère a conclu des protocoles d’accord avec plusieurs établissements de santé privés en Inde dans le domaine de la prestation de soins. « Ces protocoles prévoient la prise en charge à l’étranger de patients dont l’état nécessite une intervention chirurgicale impossible à réaliser à Maurice. Ils couvrent également la formation de nos professionnels de santé ainsi que la venue à Maurice de consultants pour y pratiquer des interventions chirurgicales complexes. Dans le cadre de ces accords, mon ministère prend en charge les frais de transport aérien, l’hébergement et les déplacements », dit-il.

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Par ailleurs, de nombreux médecins mauriciens établis à l’étranger reviennent souvent au pays pour offrir leurs services Pro Bono. L ministère prend uniquement en charge les billets d’avion. De plus, le ministère bénéficie également de la venue d’autres médecins hautement spécialisés exerçant au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, en Australie, en France et aux États-Unis, qui pratiquent des interventions chirurgicales complexes dans divers domaines.  Sur ce point, Anil Bachoo a mentionné quelques-uns de ces professionnels de la médecine qui offrent leurs prestations à titre gracieux : « il y a, nommément, le Dr Rittoo, chirurgien vasculaire britannique, qui vient à Maurice tous les deux mois. Il a déjà effectué des interventions sur une centaine de patients depuis sa première visite. Le professeur Patrick Yu et Cynthia Yu, également venus du Royaume-Uni, viennent aussi à Maurice pour effectuer des dépistages du glaucome. » Il a également cité le Dr Heerani Woodun (originaire de Maurice) et le Dr Shailinder Singh (du Royaume-Uni) se trouvant au pays pour pratiquer des interventions de chirurgie onco-pédiatrique.

Le Dr Vinay Kumar, chirurgien vasculaire indien, s’occupe également des cas complexes. Dr Jeena Joseph Rosemary, chirurgienne oncologue indienne, est arrivée à Maurice pour réaliser des interventions complexes au Centre national du cancer à partir de mardi.  Depuis le début de cette présente année, d’autres éminents spécialistes issus de divers domaines ont fait le déplacement pour pratiquer des interventions chirurgicales complexes. Pour ne citer quelques exemples : en janvier 2026, le Dr Ashley D’Cruz et son équipe ont réalisé sept interventions de chirurgie pédiatrique complexe, tandis que le professeur Ravi Ramalingam, venu d’Inde, a effectué douze interventions en oto-rhino-laryngologie (ORL).

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Au sujet de la sélection, le ministre  explique que « le recours à des médecins spécialistes étrangers repose sur les critères de sélection suivants : l’absence d’expertise spécialisée dans le secteur de la santé publique ; la nécessité de réaliser des interventions complexes qui ne sont pas couramment disponibles sur place ou pour lesquelles les capacités locales sont limitées ; la possibilité de réduire le nombre de patients nécessitant un traitement à l’étranger ; la contribution attendue des spécialistes en visite à la formation et au transfert de compétences vers les spécialistes locaux et autres professionnels de santé ; la disponibilité des infrastructures, des équipements et du soutien pluridisciplinaire requis dans les hôpitaux publics ; et l’expérience et l’expertise reconnue des spécialistes en visite. »

Anil Bachoo avance qu’avant de faire appel à des médecins spécialistes étrangers, le ministère évalue la disponibilité de l’expertise requise au sein du secteur de la santé publique. Cette évaluation est réalisée par les services cliniques et les responsables techniques compétents, en tenant compte des ressources humaines existantes, de la complexité des interventions nécessaires, de la demande des patients et des listes d’attente, ainsi que de la continuité et de la pérennité des services.

Ces évaluations ont révélé que « dans certains domaines médicaux hautement spécialisés, il n’y a soit aucun spécialiste disponible dans le secteur public, soit un nombre insuffisant de spécialistes pour répondre adéquatement à la demande de services. Dans certains cas, bien que des spécialistes soient disponibles localement, une expertise supplémentaire est requise pour des interventions très complexes, pour l’initation à de nouvelles techniques et technologies, ou pour dispenser une formation avancée aux équipes médicales locales.

Par conséquent, a-t-il conclut, « mon ministère continue de faire appel à des médecins spécialistes étrangers en fonction des besoins, afin de complémenter l’expertise locale existante, d’améliorer l’accès des patients aux services de soins spécialisés, de réduire les délais d’attente, de limiter les orientations vers des soins à l’étranger et de renforcer les capacités du système de santé publique grâce au transfert de connaissances et de compétences. »

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