Deux opérations menées par la police, mardi, ont viré à l’affrontement, illustrant les difficultés auxquelles les forces de l’ordre sont confrontées lors des opérations de Law and Order sur le terrain. Dans les deux cas, des attroupements hostiles ont entravé l’action des policiers, l’un des incidents ayant même fait un blessé dans les rangs des forces de l’ordre.
Des éléments de la Criminal Investigation Division (CID) de Bel-Air-Rivière-Sèche se sont rendus au Morcellement-Roy dans la région, mardi, afin de procéder à l’arrestation d’un homme (32 ans). Celui-ci était recherché dans le cadre d’une affaire de vol et faisait également l’objet d’un mandat d’arrêt (Warrant of Arrest).
Repéré une vingtaine de minutes après l’arrivée de la CID, le suspect a immédiatement été informé des motifs de son arrestation. Il a toutefois opposé une vive résistance. Malgré le fait que les policiers soient parvenus à le maîtriser dans un premier temps, le suspect a refusé d’être menotté et de prendre place dans le véhicule de police. Il se montrait particulièrement agité, réticent et en colère.
La situation s’est rapidement envenimée lorsqu’un groupe de personnes s’est rassemblé autour des policiers. Une bouteille en verre a été lancée dans leur direction. Les limiers sont parvenus à l’éviter de justesse avant qu’elle ne se brise sur la chaussée.
Dans la confusion, le suspect a sorti un cutter de sa poche et s’en est servi pour menacer les policiers. Les personnes présentes ont également tenté d’empêcher son arrestation. Au cours de l’altercation, un constable a été violemment poussé par le suspect, perdant l’équilibre et se blessant à la jambe droite.
Le suspect est ensuite parvenu à se dégager, a ramassé une pierre et a continué à menacer les policiers tout en refusant de se soumettre à son arrestation. Les officiers l’ont informé qu’il ferait désormais face à une accusation supplémentaire de rébellion alors qu’il était armé, mais il a ignoré les avertissements.
Bien qu’équipés de matraques (Tonfa Baton) et de menottes, les policiers ont estimé que la foule, devenue particulièrement hostile, représentait un risque trop important. Afin d’éviter de nouvelles blessures, ils ont été contraints de quitter les lieux sans pouvoir procéder à l’interpellation. Entre-temps, les policiers ont réussi à récupérer le cutter utilisé par le suspect.
Le policier blessé a été transporté à l’hôpital Sir Anerood Jugnauth, où un médecin lui a prescrit deux semaines de repos.
Le même jour, une autre intervention a nécessité des renforts à Abercrombie dans le cadre de l’opération Thunderstrike II. Agissant sur la base de renseignements jugés crédibles, des policiers étaient chargés de surveiller une patiente sous traitement à la méthadone, recherchée dans le cadre d’une enquête ouverte au poste de police de Baie-du-Tombeau pour le délit de Domestic Violence.
Lorsque la suspecte s’est présentée dans l’enceinte du poste de police d’Abercrombie, les policiers se sont identifiés et lui ont expliqué les accusations retenues contre elle. Elle a refusé d’obtempérer.
Devant ses tentatives répétées d’échapper aux policiers, l’assistance d’une policière a été sollicitée.
Au moment où les agents tentaient de l’interpeller, la suspecte a brusquement pris la fuite. Un policier est parvenu à la saisir, mais un groupe hostile composé de plusieurs toxicomanes sous traitement à la méthadone s’est précipité vers les policiers. Dépassés par le nombre, les agents de police ont vu la suspecte leur échapper avant qu’elle ne s’enfuie vers Cité-Briquetterie.
Une course-poursuite a alors été engagée. Avec le concours de policiers du poste d’Abercrombie, la femme a finalement été rattrapée et arrêtée derrière un ancien arrêt d’autobus. Des éléments de l’Emergency Response Service (ERS) et de la Divisional Supporting Unit (DSU) ont ensuite été déployés en renfort. Leur présence a permis de disperser la foule sans nouvel incident.
La suspecte a ensuite été conduite au poste de police de Baie-du-Tombeau pour les besoins de l’enquête. Après une confrontation directe dans le cadre des investigations, elle a finalement été autorisée à partir.
Ces deux affaires mettent une nouvelle fois en évidence les risques croissants auxquels sont confrontés les policiers lorsqu’ils doivent intervenir dans un climat d’hostilité et sous la pression de groupes déterminés à faire obstacle aux arrestations.

