Services financiers – Jyoti Jeetun : « Compétitivité et attractivité, les priorités du GM »

Si le Cost of Doing Business demeure l’un des piliers essentiels à l’attractivité d’un centre financier, il est également important de reconnaître les avancées déterminantes apportées ces deux dernières années pour assurer sa durabilité. Autant d’initiatives visant à faire du secteur des services financiers le moteur de la croissance économique mauricienne.

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Les Global Companies établies à Maurice sont-elles réellement sur le point d’effectuer un exode massif vers d’autres centres financiers, comme semblent le souligner certains ? Pour la ministre des Services financiers, Jyoti Jeetun, rien ne semble le justifier. « Cette supposition est largement basée sur l’exemple unique d’une entreprise proposant aux Authorised Compagnies de s’enregistrer aux Seychelles, et ne pourrait refléter une véritable tendance au sein du secteur », explique-t-elle dans un communiqué émis en fin de semaine dernière.

La ministre souligne que les nouveaux tarifs annoncés par la Financial Services Commission (FSC) restent compétitifs et ne sauraient justifier à eux seuls une migration massive des investisseurs. Elle indique également qu’une seule catégorie de licence sur 145 est concernée : les Authorised Companies, des structures opérant hors de Maurice. Sur l’ensemble de ces catégories, 33 frais de licence sont à la baisse, 87 sont inchangés, et 25 ont augmenté. Seule la catégorie des Authorised Companies dépasse les 50 % d’augmentation.

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« Les frais administratifs et d’enregistrement ne sont pas les seuls critères de sélection d’une place financière par les compagnies opérant dans le secteur du Global Business. Il est vrai que le Cost of Doing Business est important, mais c’est l’écosystème dans son ensemble qui compte réellement », précise Jyoti Jeetun.

Les investisseurs s’intéressent, en effet, davantage à la valeur ajoutée globale proposée, notamment en matière de structures financières, de fiscalité, de cadre légal, de gouvernance, de stabilité politique et économique, ainsi que de climat des affaires. Or, Maurice possède toutes les qualités requises pour continuer à performer à ce niveau, et le ministère des Services financiers continue à travailler d’arrache-pied pour faire briller la destination à l’international.

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En ce qui concerne l’absence alléguée de consultations avec les acteurs du secteur, la ministre estime qu’il s’agit d’une perception erronée des faits. « Nous avons mené de larges consultations avec l’ensemble des parties prenantes dès ma prise de position en novembre 2024, aboutissant à la Stratégie des services financiers 2025-30, d’ailleurs reconnue dans le dernier rapport du FMI. Celle-ci pose les fondations et la feuille de route pour le développement du secteur. Nous avons mis sur pied le Financial Services Consultative Council (FSCC) pour la mise en œuvre de cette stratégie, où siègent pas moins de six représentants de l’industrie, dont la présidente de Mauritius Finance. Les propositions budgétaires 2026-27 sont d’ailleurs issues des travaux du conseil », fait-elle ressortir. Il en est de même pour les frais de licence qui ont fait l’objet de consultations avec l’industrie par le biais de la FSC.

Par ailleurs, la ministre a également reçu six membres de la direction de Mauritius Finance le 2 juillet pour écouter leurs craintes par rapport à certaines mesures budgétaires et les frais de licence de la FSC. L’objectif était d’établir une marche à suivre satisfaisante pour tous.

« Maintenir la compétitivité et l’attractivité du centre financier mauricien reste la priorité du gouvernement. Les résultats de mon ministère parlent d’eux-mêmes (voir hors-texte), et je souhaite que l’on nous juge sur ces réalisations plutôt que sur des attaques répétées et sans aucun fondement. En tant que figure publique, il est tout à fait normal que je sois soumise au Public Scrutiny. Toutefois, toute critique devrait à mon sens être fondée sur une analyse honnête au regard de l’intégralité des faits. Il semblerait cependant que dans certains milieux, l’on souhaite davantage construire un narratif selon lequel je n’ai pas les compétences requises et que je suis en train de faillir à ma mission en dépit de nombreuses réalisations de mon ministère, dont la performance reste mesurable et concrète », conclut Jyoti Jeetun.

En chiffres et en actions
●  Un secteur en pleine croissance : +5 % de croissance, près de 13 % du PIB, faisant des services financiers l’un des principaux moteurs de l’économie mauricienne.

●  Une stratégie 2025-2030 définissant une feuille de route ambitieuse pour renforcer la compétitivité du Centre financier international de Maurice.

●  100 % des objectifs budgétaires 2025-2026 atteints ou dépassés, grâce à une approche fondée sur des indicateurs de performance (KPIs).

●  Préparation de Maurice à l’évaluation de l’ESAAMLG, avec 24 textes de loi amendés et des avancées saluées par le FMI.

●  Renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, avec l’adoption de la stratégie nationale AML/CFT 2026-2029, le déploiement de goAML 5.5 et la formation de 375 agents aux normes du GAFI.

●  Accélération du Ease of Doing Business, à travers l’introduction de l’intelligence artificielle au sein de la FSC pour le traitement des demandes de licences.

●  Huit places gagnées au Global Financial Centres Index, permettant à Maurice d’intégrer le Top 50 mondial des centres financiers.

●  Lancement d’une stratégie nationale Fintech

●  Sécurisation du corridor financier Inde–Maurice au plus haut niveau diplomatique.

●  Vision 2050 : une vaste consultation citoyenne ayant mobilisé 2 000 Mauriciens 
sur six mois afin de définir les priorités de développement du pays. Le rapport final sera remis fin août 2026.

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