MARÉES NOIRES — Rodrigues : révision annoncée de l’Oil Spill Contingency Plan

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Le mouvement maritime dans les eaux mauriciennes : + 62 % entre 2020 et 2025, avec un record de 3 210 passages enregistrés en mai

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Le gouvernement accélère le renforcement de son dispositif de prévention contre les marées noires à Rodrigues. Face à l’intensification du trafic maritime dans les eaux mauriciennes, conséquence notamment des perturbations des routes commerciales internationales, le ministère de l’Environnement a annoncé que le Rodrigues Oil Spill Contingency Plan sera entièrement révisé afin d’être aligné sur le nouveau plan national adopté en mars dernier.

Répondant à une interpellation parlementaire de Francisco François, leader de l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR), le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a indiqué que le nombre de navires transitant dans les eaux mauriciennes a augmenté d’environ 62 % entre 2020 et 2025. La tendance se poursuit en 2026 avec une hausse supplémentaire de 5,7 % durant les six premiers mois de l’année, un record de 3 210 passages de navires ayant été enregistré en mai.

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Pour le ministre, cette augmentation s’explique principalement par les perturbations des routes maritimes internationales provoquées par le conflit au Moyen-Orient et le recours accru à la route du Cap de Bonne-Espérance. Cette situation accroît le risque d’accidents maritimes susceptibles de provoquer des déversements d’hydrocarbures dans la région.
Le ministre a mis en avant qu’à la suite de la catastrophe du MV Wakashio en août 2020, le National Oil Spill Contingency Plan, datant de 2003, a été entièrement révisé en 2025 avant d’être approuvé par le gouvernement en mars 2026. Ce nouveau plan couvre l’ensemble de la zone économique exclusive de Maurice, y compris Rodrigues, et prévoit une meilleure coordination entre les différents organismes concernés, une réponse graduée selon la sensibilité environnementale des zones touchées ainsi que la collecte de données avant et après un éventuel déversement afin de faciliter les demandes d’indemnisation pour les dommages causés aux écosystèmes marins.

Le ministre a fait ressortir que le Rodrigues Oil Spill Contingency Plan, élaboré en 2009, doit désormais être actualisé et rendu pleinement opérationnel. Conformément à l’Environment Act 2024, cette responsabilité incombe à la Commission de l’Environnement de l’Assemblée régionale de Rodrigues.

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Depuis 2021, plusieurs mesures ont été mises en œuvre pour accroître la capacité d’intervention à Maurice et à Rodrigues. Avec le concours de l’Agence française de développement (AFD), un inventaire des équipements disponibles a été réalisé, accompagné de l’élaboration d’un plan de gestion des déchets issus des marées noires, d’un plan de mobilisation des volontaires ainsi que d’un cadre d’évaluation des impacts environnementaux et socio-économiques.

Le renforcement des compétences figure également parmi les priorités. En janvier 2024, 41 officiers de l’Assemblée régionale de Rodrigues ont suivi une formation de niveau 1 de l’Organisation maritime internationale (OMI), portant sur les premières interventions en cas de pollution marine. Plus récemment, en avril 2026, sept autres officiers rodriguais ont bénéficié d’une formation similaire dans le cadre d’un programme d’assistance technique financé par le Japon.

En juillet 2025, le ministère et l’Assemblée régionale de Rodrigues ont également finalisé un Atlas de sensibilité côtière ainsi que des cartes tactiques et opérationnelles destinées à identifier les zones les plus vulnérables et à orienter les opérations de protection et de nettoyage en cas de pollution.
Une nouvelle étape sera franchie dès aujourd’hui, avec une mission technique conduite par le directeur de l’Environnement jusqu’au 8 août dans l’île. Les équipes du ministère, appuyées par la National Coast Guard et la Special Mobile Force, procéderont à la révision complète du plan de contingence de Rodrigues, élaboreront des procédures opérationnelles standard, évalueront les équipements disponibles sur l’île et identifieront les besoins supplémentaires. Une formation sera également dispensée à une centaine de représentants de la société civile, de pêcheurs, d’ONG, de conseillers de village, d’associations de femmes et de jeunes, du secteur privé ainsi qu’aux médias.

Le ministre a indiqué que l’appel d’offres lancé en mai dernier par la Mauritius Ports Authority pour l’acquisition d’équipements spécialisés destinés au port de Port-Mathurin n’a pas abouti. Dans l’attente d’une nouvelle procédure, l’autorité portuaire envisage de transférer une partie de ses équipements actuellement basés à Port-Louis vers Rodrigues afin d’assurer une capacité minimale d’intervention immédiate, en complément des moyens déjà placés sous la responsabilité du bureau du chef commissaire.

 

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