Le Premier ministre se propose de présider un comité chargé de revoir la politique d’accès aérien de Maurice
Le gouvernement estime que Maurice ne se trouve pas actuellement dans une situation de stagflation, tout en reconnaissant les risques que font peser les tensions géopolitiques mondiales sur la croissance économique, l’inflation et la création d’emplois. C’était en réponse au député du Fron Militan Progresis (FMP), Chetanand Baboolall. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a expliqué qu’une situation de stagflation se caractérise généralement par trois éléments simultanés : une croissance économique stagnante ou en baisse, une inflation élevée et persistante, ainsi qu’une hausse du chômage.
Pour lui, ces conditions ne sont pas réunies à Maurice. L’économie continue d’afficher une croissance estimée à une moyenne de 3 %, malgré un environnement international marqué par de nombreuses incertitudes. Il a également souligné que, même si l’inflation a connu une hausse récente en raison notamment des conflits géopolitiques au Moyen-Orient, elle demeure largement inférieure aux niveaux enregistrés en 2022 et 2023, soit 10,8 % et 7 % respectivement.
Sur le front de l’emploi, Navin Ramgoolam a indiqué que le taux de chômage poursuit sa tendance à la baisse, passant d’un sommet de 9,2 % en 2020 à 5,7 % en 2025, avec une amélioration observée aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Toutefois, le gouvernement reconnaît que les conflits internationaux pourraient entraîner un ralentissement de l’activité économique, une nouvelle pression inflationniste et un impact négatif sur la création d’emplois. Des réformes et des décisions anticipatives sont donc jugées nécessaires pour renforcer la résilience de l’économie. « However, because of the geopolitical conflicts around the world there
are real risks that our economic growth could slow down, inflation could riseand that job creation could be adversely affected.That is why reforms are necessary and policy decisions must be taken proactively in light of evolving international economic developments.
Pour soutenir les secteurs confrontés à des difficultés, notamment l’hébergement, la restauration et la construction, le gouvernement mise sur plusieurs mesures annoncées dans le budget 2026-27 », a-t-il fait ressortir.
Parmi les priorités figurent la création d’une économie fondée sur l’intelligence artificielle avec le développement d’une zone économique spéciale dédiée à l’IA et à la finance numérique à Côte d’Or, l’accompagnement des Start-up et des PME à travers un meilleur accès au financement et à l’innovation, ainsi que la modernisation du secteur manufacturier.
Le gouvernement compte également accélérer le développement de l’économie bleue, booster la transition énergétique vers les énergies renouvelables, encourager la recherche et l’innovation, développer les services financiers et la FinTech, tout en répondant aux pénuries de main-d’œuvre par l’attraction de talents étrangers et la consolidation de la formation.
Quant au secteur touristique, le Premier ministre prévoit une croissance positive cette année avec un objectif d’environ 1,47 million d’arrivées touristiques, malgré les incertitudes liées aux conflits internationaux.
Afin de soutenir l’industrie touristique, le gouvernement entend améliorer la connectivité aérienne avec notamment trois vols hebdomadaires supplémentaires de Turkish Airlines et l’introduction de trois vols hebdomadaires d’Ethiopian Airlines. Le Premier ministre a aussi annoncé qu’il présidera personnellement un comité chargé de revoir la politique d’accès aérien de Maurice.
D’autres initiatives seront mises en œuvre pour promouvoir l’identité culturelle du pays, l’écotourisme, les attractions intérieures et l’expérience authentiquement mauricienne. Un système d’e-Visa sera également introduit afin de faciliter les démarches des voyageurs et réduire les délais à l’arrivée.
Le secteur de la construction devrait connaître une reprise progressive avec le lancement de plusieurs grands projets d’infrastructure, notamment l’autoroute M4, la phase 2 du projet de Ring Road, le terminal à conteneurs, la zone économique spéciale de Côte d’Or et le barrage de Rivière-des-Anguilles.
Ces projets, auxquels s’ajoutent des investissements privés dans les énergies renouvelables et d’autres secteurs émergents, devraient contribuer à accroître la capacité productive du pays.
Sur la question du coût de la vie, le gouvernement maintient son intervention à travers le Price Stabilisation Fund, auquel une enveloppe supplémentaire de Rs 2 milliards a été allouée pour l’année financière 2026-27. Cette subvention sera également étendue à d’autres produits de consommation.
Au-delà de ce mécanisme, plusieurs mesures sont prévues pour limiter l’impact de la hausse des prix. Elles comprennent l’introduction d’une nouvelle législation contre les pratiques de prix abusifs, la mise en place d’un cadre pour les importations parallèles, l’achat en gros de produits essentiels par la State Trading Corporation (STC) avec des marges bénéficiaires plafonnées, ainsi qu’une révision du cadre réglementant le commerce de détail.
Le gouvernement prévoit également un nouveau cadre légal pour le commerce électronique afin de mieux protéger les consommateurs et d’améliorer le contrôle du marché numérique.
Par ailleurs, le seuil d’éligibilité au système SRM sera relevé de Rs 14 000 à Rs 16 400 à partir du 1er juillet 2026, puis à Rs 17 500 à compter du 1er juillet 2027.
Pour stimuler l’investissement, le gouvernement compte introduire un nouveau Business Facilitation Bill à l’Assemblée nationale afin de simplifier les procédures administratives et créer davantage d’opportunités pour les investisseurs locaux et étrangers.
Cette réforme ciblera notamment les secteurs des énergies renouvelables, de l’économie bleue et des technologies liées à l’intelligence artificielle.


