L’ancien ministre Alan Ganoo a été entendu Under Warning par la Financial Crimes Commission (FCC) dans le cadre de l’enquête sur l’attribution du contrat d’approvisionnement en carburant (White Oil), d’une valeur de Rs 30 milliards, à la société Mercantile and Maritime Group (MMG) pour la période allant de juillet 2023 à août 2024.
Les enquêteurs se sont principalement intéressés à la réunion du comité interministériel du 20 juin 2023, présidée par l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, à laquelle Alan Ganoo avait été convié. Les anciens ministres des Finances et du Commerce, Renganaden Padayachy et Soodesh Callichurn, étaient également présents.
Au cours de son audition, Alan Ganoo a indiqué avoir été informé de la transmission au gouvernement de l’offre soumise par MMG. Celle-ci prévoyait notamment un moratoire de 60 jours pour le paiement des cargaisons après leur déchargement au port, ainsi qu’un règlement en roupies plutôt qu’en devises.
L’ancien ministre s’est toutefois employé à minimiser son rôle dans l’attribution de ce contrat, renvoyant la responsabilité à la State Trading Corporation (STC). Il a soutenu que ni le ministère du Transport ni le ministère des Affaires étrangères, qu’il dirigeait également, n’étaient impliqués dans le processus d’attribution du marché. Il a en outre affirmé n’avoir jamais rencontré de représentants de MMG ni entretenu la moindre communication avec eux.
Par ailleurs, Alan Ganoo a déclaré ne pas être en mesure de fournir davantage d’explications sur les recommandations formulées à l’issue de la réunion du 20 juin 2023. Or, selon les enquêteurs, la STC avait déjà approuvé, le 7 juin 2023, l’offre de OQ Trading Ltd à l’issue d’un exercice d’appel d’offres. En l’espace de deux semaines, la situation aurait radicalement évolué. La STC a finalement annulé la procédure de Bidding pour retenir MMG, sans lancer un nouvel appel d’offres.
Interrogé sur ce revirement, Alan Ganoo a affirmé ignorer les circonstances ayant conduit à ce changement de cap. Il a également soutenu n’avoir participé à aucune autre réunion ni à aucune représentation en lien avec ce dossier durant cette période.
Selon des sources proches de l’enquête de la Financial Crimes Commission, l’ancien ministre a néanmoins fourni quelques éléments qui devront être vérifiés par les enquêteurs. Après près de quatre heures d’interrogatoire, il a été autorisé à quitter les locaux de la commission. Une décision concernant une éventuelle nouvelle convocation sera prise à la lumière des vérifications qui seront effectuées par rapport aux détails de sa version des faits.


