ÉCHIQUIER POLITIQUE | Premier meeting du MSM depuis les législatives : Jugnauth promet de rétablir la pension de vieillesse « comme avant »

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Vingt mois après les élections générales, le Mouvement Socialiste Militant (MSM) a renoué, hier, avec les meetings. Devant une foule nombreuse réunie à la Place des taxis, à Centre de Flacq, le leader du parti, Pravind Jugnauth, a fait de la réforme de la pension de vieillesse le thème central de son intervention. Il a réaffirmé l’engagement du MSM visant à rétablir le système tel qu’il existait avant la réforme engagée par le gouvernement de l’Alliance du Changement, dans l’éventualité d’un retour au pouvoir.

- Publicité -

Aux côtés de plusieurs dirigeants du parti, dont le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, Maneesh Gobin et Deepak Balgobin, l’ancien Premier ministre a accusé le gouvernement d’avoir trahi les promesses faites à l’électorat lors de la campagne pour les élections générales du 10 novembre 2024.

« Durant la campagne électorale, ils avaient promis une pension de Rs 21 500. Aujourd’hui, ils affirment que, selon le FMI, le système n’était pas soutenable. Cela signifie qu’ils savaient que cette réforme était inévitable mais qu’ils ont volontairement caché la vérité aux Mauriciens pour remporter les élections », a-t-il déclaré.

- Publicité -

Pravind Jugnauth a également souligné que les engagements de l’Alliance du Changement concernaient aussi le doublement des pensions destinées aux veuves et aux personnes en situation de handicap. Il a dénoncé la suppression de plusieurs allocations sociales, évoquant notamment le cas des veuves de la communauté musulmane qui, selon lui, bénéficiaient d’une allocation sous son gouvernement et auxquelles l’État réclamerait aujourd’hui le remboursement des sommes versées.

Le leader du MSM a reproché au gouvernement de n’avoir jamais annoncé son intention de réformer le système de pension durant la campagne électorale, ni dans son manifeste, ni dans le discours présidentiel, ni encore avant les élections municipales.

- Advertisement -

« Ils ont remporté les élections sans jamais dire au peuple qu’ils allaient toucher à la pension. Puis, dès le premier budget, ils ont supprimé le droit à la pension pour les 60 à 64 ans. Cette année, ils annoncent que les retraités dont les revenus dépassent Rs 50 000 ne bénéficieront plus de la pension universelle », a-t-il poursuivi.

Employant un ton particulièrement virulent, Pravind Jugnauth a accusé le gouvernement d’avoir « volé la pension » des personnes âgées. « Ceux qui ont applaudi ces mesures au Parlement devront assumer leurs responsabilités devant la population », a-t-il affirmé en référence au vote attendu sur le Finance Bill en cette fin de semaine.

« Tous les Mauriciens »

Pravind Jugnauth s’est appesanti sur le fait que la pension universelle ne concernait pas uniquement les personnes âgées mais l’ensemble de la population. « L’année dernière déjà, j’avais pris l’engagement que si le MSM revenait au pouvoir, la pension sera rétablie comme avant. Aujourd’hui, je renouvelle cet engagement devant vous », a-t-il ajouté, tout en saluant les syndicats et les citoyens mobilisés contre la réforme, ainsi que la jeune Malina, qui poursuit son sit-in devant le Parlement pour défendre la pension de vieillesse.

Il a également fait état que durant la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, son gouvernement n’avait jamais réduit les prestations sociales. « Dans les moments les plus difficiles de notre histoire récente, nous n’avons jamais demandé aux personnes âgées de faire des sacrifices. Au contraire, nous avons maintenu les pensions et nous les avons même fait livrer directement à leur domicile », s’est-il défendu.

Attaques contre le GM et le PMO

Au-delà du dossier des pensions, le leader du MSM s’en est pris au fonctionnement du gouvernement, dénonçant l’influence de « personnes non élues » au sein du Prime Minister’s Office (PMO). Il a évoqué un possible conflit d’intérêts concernant la présidence de la SICOM et le comité d’experts chargé de la réforme de l’assurance, estimant que le gouvernement applique les règles à sa convenance.

« Au Parlement, le Premier ministre a déclaré que tout le monde avait des conflits d’intérêts dans ce pays. Alors pourquoi la loi sur la prévention de la corruption prévoit-elle précisément des dispositions contre les conflits d’intérêts ? », s’est-il demandé.

Il a également critiqué les nouvelles dispositions fiscales, notamment l’abaissement du seuil d’enregistrement à la TVA à Rs 3 millions, promettant qu’en cas de victoire aux prochaines élections générales, ce seuil serait relevé à Rs 10 millions afin de soulager les petites entreprises.

Allégations de la FCC

Une large partie de son intervention a été consacrée à sa récente convocation devant la Financial Crimes Commission (FCC), qu’il considère comme politiquement motivée. Il a contesté les informations relayées selon lesquelles il aurait exercé son droit au silence lors de son interrogatoire. « La FCC a donné de fausses informations aux médias. Elle affirme que j’ai gardé le silence. C’est totalement faux », s’insurge-t-il.

Selon lui, le leader du MSM a expliqué aux enquêteurs que plusieurs éléments entourant sa convocation soulevaient des interrogations. Il a notamment évoqué une lettre de convocation datée du 17 juillet mais expédiée seulement le 20 juillet pour une comparution dès le lendemain, ainsi que l’ouverture tardive du Central CID afin d’enregistrer une plainte.

« J’ai dit à la FCC que ces circonstances étaient troublantes. J’ai clairement indiqué que j’étais prêt à répondre à toutes les questions, mais que je voulais auparavant des éclaircissements sur la manière dont cette enquête était conduite. J’ai demandé un interrogatoire juste, indépendant et impartial. Voilà exactement ce que j’ai déclaré », a-t-il fait comprendre.

Pravind Jugnauth a également affirmé que les questions qui lui ont été posées étaient, selon lui, fondées uniquement sur du Hearsay Evidence et sans aucune base légale.

Il est allé plus loin en accusant certains responsables de la FCC d’être utilisés comme « des outils politiques » afin de mener des « persécutions » contre les membres de l’opposition. Il a évoqué de récents échanges WhatsApp publiés dans la presse impliquant un haut gradé de la police, estimant que ceux-ci démontrent des interférences dans certaines enquêtes.

Enfin, il s’est élevé contre ce qu’il considère comme une application sélective de la loi, citant plusieurs dossiers qui, d’après lui, n’ont donné lieu à aucune enquête malgré des allégations de conflits d’intérêts ou d’infractions aux règles sur les dépenses électorales. Il s’est interrogé sur la suite des dépositions faites par un Deputy Governor contre Rama Sithanen, alors gouverneur de la BOM, et des déclarations consignées par Joe Lesjongard à la police.

Joe Lesjongard, lui, estime que ce premier meeting du MSM depuis la défaite électorale de novembre 2024 marque le début de la marche menant Pravind Jugnauth au pouvoir. Justifiant le choix de Flacq pour ce premier meeting, il a relevé que le soleil se lève à l’Est.

Maneesh Gobin a demandé au gouvernement « aret fer dominer » avec les personnes âgées. Il a dénoncé le rôle joué, selon lui, par les gangsters et trafiquants, et demandé que la manipulation des institutions prenne fin.

Deepak Balgobin a  souligné les réalisations de l’ancien gouvernement dans la circonscription de Flacq/Bon-Accueil.  Le meeting était présidé par Vikash Nuckcheddy.

EN CONTINU
éditions numériques