- « Il est vrai qu’il y a la présomption d’innocence, mais du fait que Véronique Leu-Govind occupe une fonction étatique, il est primordial et important qu’elle soumette sa démission en tant que Junior Minister, le temps de l’enquête. »
- Concernant la révocation du Junior Minister Sydney Pierre, Joe lesjongard s’interroge sur « le concept de liberté d’expression » au sein du gouvernement
Entre l’affaire impliquant une Junior Minister, la révocation de Sydney Pierre après son vote contre la réforme des pensions et les tensions sociales dans le pays, le leader de l’opposition dresse le constat d’un gouvernement en perte de cohésion. Le temps de l’enquête liée à une affaire de trafic de drogue, Joe Lesjongard demande à la Junior Minister Véronique Leu-Govind de « step down ». Dans le cas contraire, dit-il, « le Premier ministre a le devoir, au nom de la transparence de l’enquête, de la révoquer ». Quant à la révocation du Junior Minister Sydney Pierre après son vote contre la réforme des pensions, le leader de l’opposition la présente comme une atteinte à la liberté d’expression au sein du gouvernement.
Dans une déclaration à Week-End, hier après-midi, le leader de l’opposition, Joe Lesjongard est revenu sur les dernières 48 heures qui chamboulent l’échiquier politique. Pour lui, l’enquête en cours portant sur un présumé trafic de drogue entre Maurice et La Réunion revêt une importance particulière en raison de ses « ramifications internationales ». Le leader de l’opposition rappelle que le mari de la Junior Minister Véronique Leu-Govind est soupçonné d’être lié à cette affaire, dans laquelle « deux arrestations ont eu lieu » à La Réunion. Il souligne qu’après la descente de la police, notamment des éléments de l’ADSU, au domicile partagé par la Junior Minister et son époux, « des produits illicites ont été retrouvés ».
Tout en rappelant le principe de la présomption d’innocence, Joe Lesjongard estime que les responsabilités gouvernementales imposent une autre exigence. « Il est vrai qu’il y a la présomption d’innocence, mais du fait que Véronique Leu-Govind occupe une fonction étatique, il est primordial et important qu’elle soumette sa démission en tant que Junior Minister, le temps de l’enquête. » Selon lui, à défaut d’une démission volontaire, « le Premier ministre a le devoir, afin de montrer que l’enquête se déroule de façon impartiale, de la révoquer de son poste de Junior Minister. »
Joe Lesjongard estime qu’il est « très malsain » qu’une Junior Minister « contre qui il y a de possibles connexions avec ce que les autorités enquêtent », continue d’occuper ses fonctions. « Le signal n’est pas bon. Il faut qu’elle step down. Le plus tôt possible, le mieux ce sera pour tous et pour elle-même. »
« Sydney Pierre a payé son vote »
Le leader de l’opposition est également revenu sur la révocation de Sydney Pierre de son poste de Junior Minister au Tourisme, intervenue après son vote contre la réforme des pensions. Il rappelle avoir demandé une Division of Votes lors des débats au Parlement, afin que le vote de chaque élu soit consigné. « La population a le droit de savoir qui parmi les élus qu’elle a envoyés au Parlement sont pour ou contre l’État providence, un droit acquis sous le PTr », dit-il.
Ainsi, si l’opposition a voté contre la réforme, il estime que d’autres députés de la majorité auraient, sans doute, fait de même. « Soit il y a eu volte-face, soit ces membres ont subi la pression, et on s’est retrouvé avec un seul non du côté du gouvernement : celui de Sydney Pierre, qui a exercé son droit en âme et conscience. Il a payé pour cela avec sa révocation en tant que Junior Minister au Tourisme », dit-il.
Le leader de l’opposition rejette l’argument avancé par le PM, qui a invoqué la responsabilité et la solidarité collectives pour justifier cette décision. « On entend souvent les membres du gouvernement dire que ce gouvernement prône la liberté d’expression. Or, quand il s’agit de passer à l’action, nous constatons que ce n’est pas le cas. Il existe, donc, une politique de deux poids, deux mesures dans leur concept de liberté d’expression. »
Joe Lesjongard cite également le ministre Ashok Subron, rappelant que celui-ci avait publiquement exprimé son désaccord avec le comité d’experts chargé de la réforme des pensions, allant jusqu’à le qualifier de « clique », avant de voter en faveur du Finance Bill.
« Le début de la fin de ce gouvernement »
Pour Joe Lesjongard, les événements survenus vendredi traduisent des difficultés plus profondes au sein de l’exécutif. « Ce n’est que le début de la fin de ce gouvernement, car on remarque que de plus en plus le gouvernement et la population ne sont plus sur la même longueur d’onde sur les sujets les plus importants. » Il affirme que « l’entente n’est plus là », évoquant « un dysfonctionnement au sein du gouvernement » et « l’amateurisme avec lequel ce gouvernement travaille ».
Le leader de l’opposition estime également que « la situation sociale dans le pays se dégrade » et met en garde contre la perspective d’une grève générale évoquée par les syndicats. Il rappelle avoir demandé, lors d’une PNQ, que le PM rencontre les organisations syndicales, une demande qui, selon lui, a été refusée. « Aujourd’hui, nous courons vers la catastrophe, surtout avec la menace d’une grève générale et une situation internationale compliquée. La pression est au maximum en ce moment et ce gouvernement n’arrive pas à prendre les décisions nécessaires. »


