BUDGET AFTERMATH — Réforme de la pension — Finance Bill : baroud d’honneur syndical à la State House, lundi

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Les dirigeants de la Platform Komin Sindikal tenteront de convaincre le président Gokhool de retourner le Finance Bill au Parlement

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Les dirigeants syndicaux tenteront de convaincre le président de la République, Dharam Gokhool, de ne pas accorder son assentiment au Finance Bill, déjà adopté par l’Assemblée nationale. Des représentants de la Platform Komin Sindikal seront reçus ce lundi à 14h15, à la State House, dans une ultime tentative de bloquer la promulgation du Finance Bill. Les dirigeants syndicaux entendent demander au chef de l’État de ne pas apposer sa signature au texte de loi, déjà voté par le Parlement, et de le renvoyer à l’Assemblée nationale pour un nouvel examen.
Cette rencontre fait suite à une lettre adressée au président le 4 août et intitulée Proposed Changes to the Basic Retirement Pension – Request for Your Intervention and for an Urgent Meeting. Dans cette correspondance, la plateforme avait sollicité une audience urgente et demandé au chef de l’État de surseoir à son assentiment présidentiel en attendant cette rencontre, tout en exerçant, le cas échéant, les pouvoirs constitutionnels dont il dispose pour renvoyer le projet de loi au Parlement.
Les syndicats soutiennent que la décision du gouvernement de reporter de 60 à 65 ans l’âge donnant droit à la pension de vieillesse universelle constitue un bouleversement majeur de l’État-Providence mauricien. Ils estiment qu’il s’agit d’une remise en cause du contrat social qui lie l’État à ses citoyens.
« Nous considérons que ces mesures constituent un changement fondamental du contrat social mauricien et une grave érosion de l’un des piliers les plus importants de l’État-providence. Le droit de percevoir la Basic Retirement Pension à partir de 60 ans représente, depuis des décennies, un engagement national en faveur de la justice sociale, de la solidarité et de la dignité de tous les Mauriciens après une vie de travail et de contribution au développement du pays », affirment les dirigeants de la Platform Komin Sindikal.
Réagissant au sujet de cette rencontre, le président du Mauritius Labour Congress, Haniff Peerun, a déclaré que les syndicats espèrent être entendus par le chef de l’État. « Nous souhaitons qu’il soit à notre écoute, car nous sommes les porte-parole de la classe des travailleurs. Il ne doit pas seulement nous accorder une audience, mais également prendre en considération la voix du peuple, qui se fait entendre à travers tout le pays. Par le passé, l’ancien président de la république, Cassam Uteem, avait refusé de signer le projet de loi sur la Prevention of Terrorism Act (POTA) et avait même choisi de démissionner. Nous demandons donc au président, après avoir étudié le texte, de le renvoyer au Parlement afin qu’il soit réexaminé. En agissant ainsi, il démontrera que le peuple rejette cette réforme. Le président est souvent perçu comme un simple Rubber Stamp, car il est un nominé politique. C’est l’occasion pour lui de montrer qu’il n’approuve pas systématiquement toutes les décisions qui lui sont soumises. Pour préserver la dignité de sa fonction, il doit être le garant des droits de la population et de la Constitution. »
De son côté, le président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, Deepak Benydin, espère que cette rencontre débouchera sur une reprise des discussions concernant la réforme du système de pension. « Nous souhaitons que le président demande au gouvernement de rouvrir le dialogue avant toute décision. Je crois fermement qu’il aurait fallu engager des négociations, voire organiser une table ronde tripartite, ou même un cadre de concertation plus large, car cette réforme concerne également les retraités qui ne sont plus en activité. Les fédérations syndicales de retraités sont représentées au sein du Bureau international du Travail et ont participé activement à sa dernière conférence. Nous continuons de dénoncer la manière dont le gouvernement a procédé. Il n’y a eu ni négociation ni véritable communication. Cette réforme ne figurait ni dans le manifeste électoral ni dans le discours-programme du gouvernement », ajoute-t-il.

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