PLAISANCE — Station expérimentale : Un verger stratégique au nom de la sécurité alimentaire

Ajouter en tant que source préférée sur Google

La station expérimentale de Plaisance, située à proximité du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, ne poursuit pas un objectif commercial, mais joue plutôt un rôle stratégique dans la conservation des ressources génétiques fruitières et le développement de l’arboriculture mauricienne. C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Arvin Boolell, en réponse à une interpellation parlementaire de Sudhir Jugurnauth de Savanne/Rivière-Noire (No 14).

- Publicité -

Le site couvre une superficie totale de 7,54 hectares, dont 4,7 hectares sont consacrés à des vergers-mères. Ces plantations servent à préserver les ressources génétiques locales et importées, à maintenir des plants-mères conformes aux variétés d’origine et à produire du matériel végétal de qualité. Les jeunes plants sont ensuite distribués à des prix subventionnés aux planteurs et au grand public par l’intermédiaire de la station expérimentale de Barkly.

La station conserve actuellement 13 espèces fruitières. Parmi les variétés locales figurent le cocotier, le manguier, l’arbre à pain, la pomme de Cythère et le bilimbi. Elle abrite également des espèces introduites, notamment le litchi, la grenade, le mangoustan, le longane, le palmier-dattier, le bananier, le goyavier et le fruit de la passion. En outre, des travaux de recherche y sont menés afin d’évaluer l’adaptation de nouvelles variétés aux conditions climatiques mauriciennes avant leur diffusion auprès des planteurs.

- Publicité -

Arvin Boolell poursuit en précisant que ces recherches ont notamment permis d’identifier et de multiplier la variété de banane, reconnue pour sa résistance à la maladie du flétrissement du bananier. Ces travaux visent à améliorer la qualité des fruits, les rendements, la durée de conservation, ainsi que la résistance aux maladies, aux ravageurs et aux effets du changement climatique.

Sur le plan financier, entre 2020 et juin 2026, la station a généré Rs 178 395 grâce à la vente de 1 549 plants (cocotiers, arbres à pain, bilimbis et pistachiers malgaches) et Rs 250 640 provenant de la vente de fruits, notamment des noix de coco, des bananes, des mangues, des fruits à pain, des pommes de Cythère et des bilimbis. Le ministre maintient toutefois que la station expérimentale de Plaisance n’est pas une entité à but lucratif; sa mission principale consiste à préserver le patrimoine génétique fruitier, à conduire des recherches et à produire des plants de qualité destinés aux agriculteurs, aux jardiniers amateurs, aux établissements scolaires et aux autres acteurs du secteur, dans le cadre de la politique gouvernementale de sécurité alimentaire et de diversification agricole.

- Advertisement -

Depuis 2020, plus de 1 200 agriculteurs et particuliers ont bénéficié du soutien de la station pour l’implantation de vergers couvrant environ huit hectares à travers le pays. Ces plantations devraient produire annuellement près de 40 000 noix de coco, 100 tonnes de fruits à pain, dix tonnes de bilimbis et deux tonnes de pistaches malgaches, contribuant ainsi au renforcement de la sécurité alimentaire nationale. Le ministère prépare par ailleurs un plan d’action visant à moderniser les infrastructures de la station, entre autres les capacités de stockage d’eau, les systèmes d’irrigation et les effectifs. L’objectif est également d’accroître la production de plants, qui devrait passer d’environ 500 unités en 2025-26 à 2 000 en 2026-27, puis à au moins 4 000 en 2027-28.

Cette montée en puissance permettra de mettre davantage de matériel végétal amélioré à la disposition des planteurs et de soutenir le développement durable de la filière fruitière mauricienne.

En réponse à une interpellation complémentaire de Sudhir Jugurnauth sur la possibilité de reproduire ce modèle dans d’autres régions du pays, le ministre s’est voulu optimiste, affirmant que le gouvernement poursuivait ses efforts pour renforcer progressivement ce dispositif au service de l’agriculture nationale.

 

EN CONTINU