Le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, a indiqué à l’Assemblée nationale, qu’une unité de dessalement sera mise en place dans le Nord pour résoudre les problèmes de distribution d’eau dans cette région. L’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) attire l’attention sur le coût d’un tel projet qui pourrait avoir un impact sur la facture des abonnés ainsi que les risques d’ordre environnemental. Jayen Chellum, secrétaire de l’ACIM, avance qu’il serait plus judicieux de remplacer les tuyaux pour une meilleure distribution.
Le dessalement de l’eau de mer à usage domestique a été évoqué en plusieurs occasions sous différents gouvernements. En septembre 2025, un appel d’offres a été lancé pour une usine de dessalement d’une capacité de 50 000 mètres cubes.
Pour Jayen Chellum de l’ACIM, un tel projet nécessite une bonne évaluation avant d’être lancé. « J’ai entendu le ministre parler de l’exemple du Maroc. Maurice n’a pas la même réalité. Nous n’avons pas de sécheresse ici, mais plutôt du Water Stress. Notre plus gros problème demeure les fuites dans les tuyaux qui ont fait leur temps. Cela fait des années que nous perdons 60%. Les gouvernements successifs ont préféré se concentrer sur la construction de nouvelles routes dont certaines ne sont pas nécessaires, au lieu de remplacer les vieux tuyaux. Le gouvernement sortant en a remplacé quelques-uns mais ce n’est pas suffisant », dit-il.
Il estime qu’au lieu d’investir de grosses sommes d’argent dans le dessalement, il aurait été « plus judicieux » de procéder au remplacement des tuyaux. Ce qui préoccupe également l’association, ce sont les répercussions sur le tarif de l’eau. « Tout investissement a un impact sur le consommateur. Même si le tarif d’eau n’a pas été révisé depuis longtemps, nous sommes dans un contexte difficile. De plus, à plusieurs reprises dans le passé, la question de privatisation a été évoquée », prévient le porte-parole de l’ACIM.
Cette dernière plaide pour qu’il y ait un « plan clair » et que les associations des consommateurs soient parties prenantes de tout projet. Selon Jayen Chellum, la Central Water Authority (CWA) aurait dû préparer un Annual Water Infrastructure Performance Report qui donnerait des détails sur la quantité de tuyaux remplacés, le volume d’eau perdu, les projets à mettre en place et ainsi de suite, pour une bonne planification.
Par ailleurs, Jayen Chellum s’interroge sur l’impact environnemental de l’activité de dessalement. Raison pour laquelle, a-t-il dit, il faut être prudent sur ce projet. Dans la foulée, il se demande où en sont les enquêtes sur les malversations présumées à la CWA, sous l’ancien gouvernement. « Il faut une communication régulière. À chaque fois on parle de corruption, puis on n’entend rien. On ne peut fermer les yeux sur ces choses-là puisqu’il s’agit de fonds publics », a-t-il soutenu.

