Lutte contre la drogue : Front commun déterminé des religieux contre ce fléau

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À l’initiative de l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône, une trentaine de responsables de différentes communautés religieuses se sont réunis à l’évêché de Port-Louis, hier, avec une préoccupation commune la prolifération de la drogue dans le pays. Face à une situation jugée « alarmante », ils ont décidé de renforcer leur collaboration pour faire front commun contre le fléau de la drogue à Maurice. C’est ce qu’indique un communiqué des services de communication de l’évêché de Port-Louis.

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Réunis pour un temps d’échange sur la situation actuelle, les participants ont constaté que la drogue, notamment la drogue synthétique, touche désormais toutes les catégories de la société, avec un rajeunissement préoccupant des personnes concernées. Les familles, riches comme pauvres, sont directement affectées, tandis que les quartiers sont confrontés à une dégradation croissante de leur tissu social.

« Je mène ce combat auprès d’autres religieux de l’Eglise catholique de Maurice, ainsi que d’autres religieux des autres communautés de notre pays. Et sur la question des drogues, dan mo kafe pena triaz : sa problem-la, tou fami dan tou kwin Moris pe soufer ar sa. Toulezour momem, mo trouv bann mama pe soufer, bann fami pe kase. Li pa sinp », a déclaré Mgr Durhône.

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Les échanges ont mis en évidence la fragilisation de la cellule familiale : manque de communication, éloignement entre parents et enfants, influence des groupes de pairs et des réseaux sociaux. Les responsables religieux ont insisté sur la nécessité de renforcer l’éducation et la prévention dès le plus jeune âge, tout en redonnant davantage de place au dialogue et à la présence familiale.

La drogue a également été décrite comme le symptôme de transformations sociales plus profondes. L’économie parallèle, l’incivisme, la banalisation du phénomène et certaines formes d’indifférence collective constituent autant de défis auxquels la société doit faire face.

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Des initiatives existent, mais doivent être mieux coordonnées
Les communautés religieuses mènent déjà diverses actions : sensibilisation dans les quartiers, causeries, écoute et accompagnement des personnes dépendantes et de leurs familles, soutien spirituel, programmes de thérapie et de réhabilitation.

Cependant, les participants ont reconnu qu’ils ne connaissent pas toujours les initiatives menées par les autres acteurs. Mieux partager les informations, identifier les programmes qui fonctionnent et coordonner les efforts apparaissent donc comme des priorités.
La nécessité de former davantage les responsables religieux aux réalités de la toxicomanie a également été soulignée.

Life Matters regroupe neuf ONG, dont la particularité est d’œuvrer dans le combat contre les drogues. Parmi ces membres, le Groupe A de Cassis, le CIG, le Sangram Sewa Sadan, le Help De-Addiction Centre, le Centre d’Accueil de Terre Rouge (CaTR), Appel, l’Action Familiale, entre autres. « Nous avons démarré ce mouvement parce qu’il y a un vacuum total en termes de coordination des actions qu’entreprennent ceux engagés dans le combat contre les drogues, » expliquent ces travailleurs sociaux.

Une plateforme interreligieuse envisagée
Parmi les propositions avancées figure la création d’une plateforme commune entre les différentes communautés religieuses, qui permettrait de partager les informations, de coordonner les initiatives et de développer des actions communes sur le terrain.
La mise en place de cellules interreligieuses dans les différentes régions du pays, un travail de proximité par régions ainsi qu’un audit des actions déjà existantes sont également envisagés.
Les responsables religieux souhaitent par ailleurs renforcer leur collaboration avec le gouvernement, les ONG, les organismes spécialisés et les forces de l’ordre afin d’agir à la fois sur la prévention, l’accompagnement et la réduction de l’offre de drogue.
« Nous ne baissons pas les bras »

Au terme de la rencontre, Mgr Jean Michaël Durhône a souligné l’importance de la famille, « base de la société », tout en appelant à garder l’espérance. « Nous ne baissons pas les bras », a-t-il affirmé, invitant les différentes communautés à mettre en commun leurs expériences, leurs programmes et leurs forces.

Un comité a été mis en place pour coordonner les actions futures. Une prochaine rencontre devrait permettre de poursuivre cette démarche à travers un échange d’informations et de propositions concrètes, avec l’objectif de définir des priorités et de passer à l’action.
Face à l’ampleur du problème, le message des responsables religieux est clair : la lutte contre la drogue est une responsabilité collective. Et c’est ensemble que la société mauricienne pourra relever ce défi.

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