Les Seychelles accélèrent leurs efforts pour renforcer et diversifier leurs liaisons aériennes internationales. Le Conseil des ministres a approuvé des accords de services aériens avec 33 pays, après que les récentes perturbations au Moyen-Orient ont mis en évidence la vulnérabilité d’une économie fortement dépendante du tourisme et de l’accès aérien international.
L’approbation du Cabinet permet aux Seychelles de procéder à la ratification des accords bilatéraux de services aériens (BASA), qui pourront ensuite être enregistrés auprès de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Ces accords établissent le cadre juridique régissant les services aériens internationaux entre les Seychelles et les pays partenaires. Ils couvrent notamment les opérations des compagnies aériennes, les itinéraires, les fréquences, les exigences en matière de sûreté et de sécurité ainsi que les arrangements commerciaux. Leur ratification devrait également offrir davantage de possibilités à la compagnie nationale Air Seychelles, notamment en matière de planification des liaisons et de partenariats en partage de code (codeshare).
Lors d’un point de presse en fin de semaine dernière, le vice-président Sebastien Pillay a indiqué que les travaux liés aux accords bilatéraux avaient été accélérés après que les Seychelles ont rencontré des difficultés lorsque les perturbations au Moyen-Orient ont affecté la capacité de grandes compagnies aériennes à desservir le pays.
Ces perturbations ont démontré la vulnérabilité particulière des Seychelles, un archipel de l’océan Indien occidental dont le trafic passagers international et l’industrie touristique dépendent fortement des liaisons aériennes passant par de grands hubs internationaux.
Dans son évaluation des Seychelles en 2026, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué que le conflit au Moyen-Orient avait fortement perturbé le trafic aérien et maritime et avait eu un impact immédiat sur l’économie seychelloise.
Selon le FMI, les États du Golfe représentent normalement environ 60 % de la connectivité aérienne des Seychelles, ce qui fait des perturbations du trafic aérien dans cette région l’un des principaux canaux par lesquels le conflit a affecté le pays. Le FMI décrit les Seychelles comme une petite économie insulaire très ouverte, disposant d’une base productive limitée et fortement dépendante du tourisme.
Les perturbations survenues plus tôt cette année ont entraîné une forte réduction de la connectivité aérienne entre les Seychelles et le Golfe.
Emirates, l’une des principales compagnies aériennes desservant les Seychelles, a finalement rétabli son service quotidien complet vers l’archipel le 1er mai. Le gouvernement seychellois avait alors décrit ce rétablissement comme un retour à la fréquence de la compagnie avant le conflit et souligné l’importance d’Emirates pour la connectivité internationale du pays.
La décision récente de ratifier des accords avec 33 pays s’inscrit dans un effort plus large engagé par les Seychelles ces dernières années pour établir des droits de trafic aérien avec des pays du monde entier.
Sebastien Pillay a déclaré que les accords bilatéraux étaient importants pour garantir que les Seychelles restent connectées aux destinations susceptibles d’apporter des visiteurs dans le pays. Il a également souligné l’importance plus large du tourisme pour l’économie seychelloise, estimant que ce secteur ne devait pas être considéré isolément des nombreux autres services et activités qui en dépendent.
Selon le FMI, le tourisme constitue la principale source de devises étrangères du pays et entretient des liens importants avec les secteurs du transport, du commerce, de la construction et d’autres services. Cette concentration rend également l’économie particulièrement vulnérable aux chocs extérieurs affectant les voyages internationaux.
Sebastien Pillay a déclaré que le maintien de l’accès aérien aux Seychelles était donc essentiel aux performances du secteur touristique. Il s’est interrogé sur la nécessité pour le pays de continuer à dépendre principalement de ses marchés touristiques traditionnels ou de rechercher également de nouveaux marchés, soulignant que la mise en place de connexions aériennes est indispensable pour accéder à de nouvelles sources de visiteurs.
Les 33 accords ne signifient toutefois pas nécessairement que des vols directs entre les Seychelles et chacun des pays partenaires seront immédiatement mis en place.

