Escroquerie : 15 ans de combat judiciaire, 2 AVC et Rs 2,1 millions perdues

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Investir ses économies à Maurice, y bâtir un projet de vie, et tout perdre en raison d’une trahison familiale doublée d’un système judiciaire à bout de souffle. C’est le cauchemar que vit un ressortissant suisse âgé de 75 ans depuis près de 15 ans, après avoir investi dans la construction d’une maison à étage à Avenue Berthaud à Stanley. Entre escroquerie, expulsion de son propre toit et lenteurs de la justice, cet homme, qui a subi deux accidents vasculaires cérébraux (AVC), brise le silence pour dénoncer cette injustice.

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L’histoire commence en 2009. Un Suisse, originaire de Canton de Vaud, décide d’acheter un terrain et d’y construire une maison à rue Berthaud, au pied de la montagne Corps de Garde, qu’il confie temporairement à sa nièce par alliance, une Mauricienne qui exerce dans un hôpital des Plaines Wilhems. La construction lui coûte Rs 6 M. En 2014, un coup du sort frappe l’investisseur. Suite à un séjour prolongé à Maurice, au-delà de la durée légale, il écope d’un an et demi d’interdiction de séjour sur l’île. Profitant de cette absence forcée, la nièce et son mari s’approprient les lieux. Sans aucune autorisation, ils mettent en location l’étage de la maison entièrement meublé, empochant les loyers à leur seul profit.
Le choc survient au début de l’année 2016. L’interdiction levée, le Suisse débarque devant sa propriété, valises à la main. La douche est froide : l’accès lui est refusé sous un prétexte fallacieux : « On doit nettoyer l’appartement. Va chez ta copine, on t’appelle dans quelques jours. » Cet appel n’arrivera jamais. Mis à la porte de chez lui, il n’a d’autre choix que de se tourner vers la justice.

Plus de 50 renvois en six ans

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Fin 2016, un avoué prépare le procès. C’est le début d’un interminable parcours du combattant. Entre 2016 et 2022, l’affaire subit plus d’une cinquantaine de renvois. « La Cour elle-même n’est pas responsable de ce blocage. Ce sont les avocats des deux parties qui, par des arrangements internes et à l’insu de leurs propres clients, manipulent le calendrier judiciaire pour faire traîner la procédure », tient à préciser la victime.
Le premier jugement n’est finalement exécuté qu’en septembre 2022. Le tribunal reconnaît les torts du couple, qui signe une reconnaissance de dette pour une somme de Rs 1,6 M. Pourtant, la victoire est amère : à ce jour, le paiement intégral n’est toujours pas fait.

Face à l’arrogance de ses adversaires et pour récupérer l’intégralité de ses biens, le ressortissant dépose une deuxième plainte en 2024. Son dossier est en béton : factures d’ameublement total, factures d’électricité prouvant que l’appartement était loué illégalement, et la reconnaissance de dette signée. C’est alors que survient le coup de grâce. L’investisseur découvre qu’il est mené en bateau par son propre défenseur. « Mon avocat s’est laissé manipuler par son confrère ; il m’a trahi », confie la victime avec amertume. Pendant deux ans, l’homme de loi n’aurait déposé aucune des preuves cruciales fournies par son client.

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Entre 2024 et début 2026, 15 audiences sont renvoyées à la demande de la partie adverse, sans que la victime ne puisse en connaître la véritable raison. À chaque interrogation, la réponse de son avocat reste floue : « Ils demandent des preuves ». Des preuves pourtant déjà en sa possession. Le dénouement de cette mascarade professionnelle tombe, récemment, lorsque son propre avocat vient le presser d’accepter une offre à la baisse formulée par la partie adverse.

Le marathon judiciaire dure depuis maintenant une décennie. Une lenteur administrative exacerbée, selon la victime, par de faux témoignages à répétition de la partie adverse. Au-delà de la perte financière, l’attitude du corps juridique provoque le dégoût de la victime. Selon laquelle, malgré un dossier solide et des preuves irréfutables fournies, son propre avocat refuserait de les exploiter face à la Cour. Après une tentative de la victime de transmettre elle-même les pièces aux magistrats, la réponse de son défenseur par courriel claque comme un abandon : « Vous êtes passé par-dessus mon autorité ! Je me retire de votre affaire. » La victime déplore un avocat totalement manipulé et « tombé aux mains de l’adversaire ».

Le choix de la survie

Ce protocole conflictuel de dix ans a brisé la santé de cet investisseur, qui a subi deux AVC depuis 2016. Face au risque d’un troisième choc et à l’inaction de ses représentants, la décision est tombée, radicale : l’arrêt définitif des procédures et le renoncement au procès. « J’ai décidé de tout abandonner », confie-t-il, écœuré par un système où les preuves ne semblent plus suffire. Désormais hors des tribunaux, l’homme s’en remet à une justice plus immanente, concluant que « le karma » se chargera de régler la dette morale de ce couple. Triste !

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