Culture, production et vente du cannabis — LALIT plaide pour la mise en place d’un cadre réglementé

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Plusieurs rapports internationaux et des observateurs locaux se prononcent en faveur de la révision des lois et de l’approche concernant la problématique des drogues illicites. L’une des mesures proposées est la dépénalisation du cannabis. Certains le suggèrent pour des besoins médicaux et d’autres souhaitent dépénaliser le cannabis à but récréatif. À Maurice, le mouvement LALIT, qui milite pour cette cause depuis les années 1980, a adressé cette semaine un document au Comité sur la légalisation, la dépénalisation et la décriminalisation du cannabis mis en place par la National Agency for Drug Control (NADC), plaidant pour la fin de la répression des consommateurs de cannabis et pour la mise en place d’un cadre réglementé couvrant la culture, la production, la distribution et la vente.

LALIT rappelle avoir déjà défendu la décriminalisation du cannabis devant la Select Committee on Drugs de l’Assemblée nationale en 1984 et avoir poursuivi cette position dans plusieurs publications et interventions au fil des années. Et, à l’aube de la publication du rapport de la NADC sur une éventuelle réforme de la politique en matière de drogues devant être remis au gouvernement, le mouvement a soumis une série de propositions visant à « séparer les drogues dures ». Leurs membres défendent notamment le droit de cultiver un nombre limité de plantes de cannabis pour sa consommation personnelle et de détenir une quantité déterminée sans tomber sous le coup de la loi. Ils estiment que cette mesure permettrait de faire baisser fortement les prix et de réduire la dépendance des consommateurs vis-à-vis des réseaux de trafiquants.

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LALIT demande également la création d’une industrie du cannabis sous licence, à la fois pour les usages médicaux et récréatifs. La distribution et la vente de produits à base de cannabis seraient elles aussi soumises à licence et à une fiscalité jugée raisonnable. Pour les usages médicaux, le mouvement souhaite que les médecins puissent prescrire des médicaments à base de cannabis sans une lourde bureaucratie. Au-delà du cannabis, le document défend une approche globale de la politique antidrogue. LALIT considère que la répression a contribué à pousser les consommateurs vers les réseaux clandestins et estime que le maintien de certaines substances dans l’illégalité peut renforcer le pouvoir économique des trafiquants.

Le mouvement établit notamment un lien entre la répression du cannabis et l’essor des drogues synthétiques à Maurice. Selon LALIT, les changements constants dans les molécules utilisées pour ces substances rendent leur contrôle par la législation particulièrement difficile, alors que leurs effets sur la santé et les familles peuvent être graves. LALIT revient aussi sur l’histoire du cannabis à Maurice. Le mouvement rappelle que le gandia était légal jusqu’en 1923 et affirme qu’il était alors possible d’en cultiver et d’en acheter dans des commerces disposant d’une licence. Il soutient que son interdiction est intervenue dans un contexte de crise du secteur sucrier et sous la pression des propriétaires de plantations. Cette lecture historique constitue l’un des arguments avancés par LALIT en faveur d’une remise en question de la prohibition.

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Davantage de structures de désintoxication

Pour LALIT, la question ne peut toutefois pas être traitée uniquement sous l’angle de la législation sur les stupéfiants, estimant que la dépendance est également liée au stress social, au chômage, au manque de perspectives et aux difficultés d’accès au logement. Il réclame ainsi davantage de structures de désintoxication et de réhabilitation, ainsi qu’un accompagnement permettant aux personnes dépendantes de retrouver un emploi et un logement. Le document propose par ailleurs de décentraliser l’accès à la méthadone et aux autres traitements de substitution pour les personnes dépendantes aux opiacés, en permettant leur distribution dans les dispensaires locaux.

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LALIT remet également en question certaines restrictions concernant l’alcool. Le mouvement demande notamment une baisse de la fiscalité sur des boissons moins alcoolisées comme la bière, le porto et le cidre, ainsi qu’un assouplissement des règles concernant leur consommation dans certains espaces publics. Au cœur de la position de LALIT se trouve ainsi le principe de « contrôle social » plutôt que de répression policière. Le mouvement soutient que l’objectif ne doit pas être uniquement d’arrêter les consommateurs, mais de réduire l’emprise des réseaux de trafic et de traiter les problèmes sociaux qui favorisent la dépendance.

 

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