Joël Samy le nouveau chef exécutif de PILS : « La situation de l’épidémie du VIH est catastrophique pour Maurice »

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« Pour combattre efficacement l’épidémie de VIH, il faut une réponse nationale, pas des actions dispersées de quelques ONG

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« Le silence sur la sexualité, qui en fait un tabou, est bien ancré dans la culture mauricienne, dominée par le domaine religieux, bien que Maurice se définisse comme une République laïque »

« Depuis que je suis le CE de PILS, je n’ai rencontré ni le ministre ni la Junior Minister de la Santé malgré plusieurs demandes de rendez-vous qui n’ont même pas eu un accusé de réception »

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Notre invité  est Joël Samy, le nouveau directeur exécutif de l’organisation non gouvernementale PILS (Prévention Information Lutte contre le SIDA).

O Est-ce que le fait d’avoir été séminariste, puis d’avoir travaillé dans le secteur du « Corporate » sont des plus pour devenir le nouveau directeur exécutif de PILS ?

— Oui. Je suis convaincu que mon parcours m’a amené là où je suis aujourd’hui. J’ai grandi dans une famille très religieuse, où le sens de l’engagement, de se mettre au service des gens m’avait été donné. J’ai été scout jusqu’à 20 ans, âge où je suis entré au séminaire puis, plus tard, j’ai pris la décision de ne pas aller de l’avant avec la prêtrise, mais l’envie de me mettre au service des autres était toujours là, et je pensais la satisfaire en allant vers le professorat et les fondations. Puis je suis entré dans le monde du travail, du corporate, du management et l’envie s’est un peu endormie. Mais avec le Covid, cette question est revenue un peu plus souvent dans mes réflexions. Je me suis demandé pourquoi je travaillais autant et j’ai commencé à vouloir faire autre chose, à redonner ce que j’avais reçu. Le fait d’avoir été Operations Manager pendant dix ans m’a appris à gérer les ressources, les situations, la planification, la stratégie, la motivation. À la tête de PILS, mon rôle est de faire la balance entre mon côté humaniste et la gestion des équipes pour atteindre les objectifs.

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O Vous venez d’une famille catholique. Les plus conservateurs de cette famille ont souvent une attitude négative par rapport à la liberté sexuelle. Est-ce que cela ne vous a pas ralenti dans votre démarche ?

— Pour être honnête, cela ne m’a pas ralenti dans ma démarche, mais m’a fait me poser des questions à plusieurs reprises sur la manière dont la famille allait prendre mon job à PILS. Je pensais que cela aurait été beaucoup plus facile si j’étais allé travailler, disons, à CARITAS. Mais au contraire, tout s’est bien passé, mes parents s’étant rendu compte qu’en allant à PILS, je ne faisais que suivre mon engagement.

O Comment se porte PILS, qui fête cette année ses trente ans d’existence ?

— Il faut dire que PILS existe encore, trente ans après sa création est, quelque part, une anomalie. Je n’ai rejoint la lutte que récemment, mais tous les anciens à qui je parle me disent, deuxième anomalie, qu’on évoque toujours les mêmes problèmes qu’il y a trente ans. Et ça, malgré toutes les actions que l’ONG a entreprises tout au long de sa carrière.

O Effectivement. On dirait que malgré ses trente ans d’existence, PILS soit toujours considérée comme une ONG un peu marginale, pas comme les autres. Parce qu’elle s’est beaucoup occupée et continue à s’occuper des marginaux de notre société ?

— J’ai l’impression que c’est un peu ça. La difficulté, c’est que PILS va à contre-courant et arrive à toucher des catégories de personnes auxquelles, en général, on ne s’intéresse pas beaucoup à Maurice. Notre approche fait que nous sommes perçus comme des espèces de révolutionnaires qui se positionnent par rapport à la santé sexuelle. Nous avons un discours que la société mauricienne ne semble pas prête à entendre, accepter et à agir en conséquence. On pourrait dire que PILS existe encore après trente ans parce ses prises de position, ses recommandations prennent trop de temps à être mises en pratique. Au contraire d’autres pays qui, sur le même sujet, ont pris des décisions et qui, aujourd’hui, sont en train de récolter des résultats positifs avec notamment la réduction du nombre de cas d’infection du VIH.

O Comment expliquez-vous le fait que, globalement, la société mauricienne soit en retard sur le VIH et ses conséquences ?

— Les raisons sont multiples, en commençant par la politique. Les changements de gouvernement sont accompagnés d’une politique qui consiste à effacer tout ce que le précédent a fait pour le remplacer par autre chose. Nous sommes dans un perpétuel recommencement qui fait perdre du temps sur les programmes déjà entamés. Il n’y a pas à Maurice d’agence indépendante qui s’occupe de la santé sexuelle. Tout dépend d’un ministère, d’un gouvernement, ce qui fait que dans ce domaine un changement de gouvernement apporte de l’instabilité car il faut tout recommencer.

O Est-ce qu’entre les changements de gouvernement l’état, et son administration, n’est pas supposer perdurer, assurer la continuité des opérations ?

— Officiellement oui, mais dans la réalité c’est autre chose. Est-ce que les fonctionnaires qui décident se sentent concernées par les populations marginalisées et veulent regarder en face la situation de l’épidémie ou alors détournent le regard ? Les ONG comme PILS sont toujours à remettre le sujet sur la table depuis des années mais on à le sentiment que l’état ne suit pas, ne veut pas suivre sur ce terrain.

O Est-ce que ceux qui sont au gouvernement ou dans l’administration de l’état ne se rendent pas compte que, comme pour la drogue, l’épidémie du VIH n’est plus cantonnée à des zones et des populations spécifiques, mais touche l’ensemble du pays et de la société ! ?

O Votre question nous mène aux statistiques qui sont publiées et qui sont cause, disons, de souci. On s’accorde à dire que le VIH est une épidémie généralisée aujourd’hui à Maurice et touche toutes les communautés, tous les milieux et tous les âges. À un moment, l’épidémie touchait surtout la communauté LGBT, puis celle prenant des drogues, mais aujourd’hui, quand on regarde les statistiques – qui ne sont pas totalement fiables —, il est évident que l’épidémie touche davantage les couples hétérosexuels parmi la tranche d’âge de 15 à 45 ans. Ce qui veut dire que l’épidémie touche tout le monde. On ne veut pas regarder cette réalité, la creuser et prendre les actions qui s’imposent.

O Est-ce que ce silence doit être attribué au fait que PILS traite de la sexualité et de ses conséquences ?

— Oui, parce que c’est encore un sujet tabou.

O Franchement ! Comment peut-on dire que la sexualité est un sujet tabou en ce début de 21e siècle, alors que ce sujet est exposé à la télévision, sur internet, dans les livres et magazines et sur les réseaux sociaux ?!

— Vous êtes en train de souligner les contradictions de la société mauricienne. Le silence sur la sexualité, qui en fait un tabou, est bien ancré dans la culture mauricienne, dominée par le domaine religieux, bien que Maurice se définisse comme une République laïque. Il y a tellement d’influences morales sur ce qu’on fait, sur nos décisions publiques que même si on sait que grâce à la technologie les jeunes ont, très tôt, accès à l’information sexuelle — pas forcément la bonne —, on ne fait pas de la bonne information et la formation à la vie affective dans les écoles primaires, au collège, c’est déjà trop tard. Ces programmes pour parler de la sexualité et donner des informations pour permettre d’éviter certains problèmes n’existent pas à Maurice, parce qu’on craint qu’ils soient une incitation à passer à l’acte ! On préfère parler d’abstinence de sexe, de drogue ou d’alcool au lieu de mettre en place un cadre, des solutions et des lieux où les gens se sentiraient à l’aise pour poser des questions et avoir des réponses. Au lieu d’informer et de prévenir, on préfère faire l’autruche, ce qui nous mène à la situation catastrophique d’aujourd’hui.

O Vous êtes en train de décrire une île Maurice souffrant de misère sexuelle, alors que dans les rencontres sociales, on parle de sexualité, on s’échange des conseils, on s’attribue des mérites. Comment expliquez-vous cette hypocrisie ?

— Elle fait partie de notre culture, très influencée par le religieux. À ce niveau, les responsables religieux ont un rôle important à jouer en prenant la parole pour soutenir le combat que nous sommes en train de mener. S’ils le faisaient, cela aiderait les gens à se décomplexer et à s’intéresser à ce que nous faisons aujourd’hui dans le combat contre le VIH. Ce n’est malheureusement pas suffisamment le cas. J’ai vu que, récemment, le Conseil des religions a entamé une réflexion sur comment répondre à l’épidémie de la drogue. C’est bien, mais quel va être le message ? S’aligner sur ce nous sommes en train de faire au niveau du VIH ou est-ce qu’il ne s’agira que d’un message conservateur ?

O En écoutant vos réponses, on a l’impression de se retrouver trente ans en arrière, avec le même discours et les mêmes obstacles !

— Exactement ! Si PILS existe toujours après trente ans, c’est que son action se heurte aux mêmes obstacles, qui ne sont pas tombés et, dans certains cas, se sont même radicalisés. Il faut vraiment avoir le courage de faire tomber ces murs pour qu’on puisse avancer. Nous allons continuer à dire ce qui ne fonctionne pas, mais nous n’avons ni les moyens ni l’ambition de mettre en pratique les solutions pour faire changer les choses. Il faut que les ONG, la société civile, les religions bougent pour faire avancer les choses, car il s’agit d’un enjeu national.

O Quelle est la situation de l’épidémie du VIH à Maurice ?

— Il y a une recrudescence des cas hétérosexuels de la tranche de 15 à 45 ans.

O Comment expliquer que, malgré les méthodes de protection disponibles, et ils sont nombreux, le Mauricien entre 15 et 45 ans ne les utilise pas ?!

— L’épidémie reste liée à la consommation de drogue, qui, on le sait, est en augmentation. En général, un homme qui s’injecte de la drogue, attrape le virus en partageant des seringues, ne se protège pas en ayant des rapports sexuels avec sa femme, et ainsi de suite. Il y a eu un moment où les gens n’ont plus eu accès aux informations sur la prévention ou n’ont pas voulu en avoir. Il y a eu une coupure. C’est ce qu’on constate quand aujourd’hui les gens semblent découvrir l’existence des méthodes de prévention qui, entre-temps, se sont multipliées et qui sont, dans certains cas gratuits. Il faut faire passer ces informations au public.

O Comment expliquer que les autorités sanitaires du pays soient si peu présentes aux manifestations de PILS ? Par exemple, ni le ministre de la Santé ni son Junior n’étaient présents pour la cérémonie marquant les 30 ans de votre organisation. Est-ce que cela signifie que le ministère de la Santé ne veut pas avoir des relations avec PILS ?

— Il faut faire la différence entre les officiers, surtout ceux qui sont sur le terrain, et avec qui nous avons de très bonnes relations, et les autres. Une décision passe par tellement de strates pour arriver au ministre que, soit l’information est perdue en cours de route, soit elle n’intéresse pas le ministre. Je comprends que le programme de PILS puisse ne pas être la priorité du ministre, mais je crois que l’épidémie de VIH devrait être une priorité pour lui. Ce qui amène la question : est-ce qu’on veut vraiment regarder en face l’étendue de l’épidémie à Maurice et mettre en place des choses pour les personnes qui sont touchées ?

O Est-ce que les autorités politiques ne sont pas averties ou est-ce qu’elles ne veulent pas savoir ?

— Il y a un peu des deux. Ne pas être au courant est une chose, mais ne pas s’intéresser à la situation sanitaire du pays c’est autre chose. Nous avons été très vocaux sur cette question depuis le début de l’année, mais nous n’avons pas reçu de response du côté du ministre de la Santé…

O PILS n’a pas encore rencontré le ministre de la Santé pour discuter de ces questions ?

— Depuis que je suis le CE de PILS, je n’ai rencontré ni le ministre ni la Junior Minister malgré plusieurs demandes de rendez-vous qui n’ont même pas eu un accusé de réception.

O Est-ce que cette même situation a prévalu au cours des trente dernières années ?

— De ce que j’ai compris, cela dépend de quel est le gouvernement au pouvoir et qui est le ministre de la Santé. Des collaborations ont très bien marché au cours de certaines années, d’autres ont été catastrophiques. Je ne dirai pas que c’est le cas aujourd’hui, mais nous nous posons des questions sur la lenteur et la lourdeur administrative.

O Pourrait-on aller jusqu’à parler de rejet, de refus ?

— C’est une bonne question. Je vous donne un exemple précis : nous avons un projet d’études sur 18 mois pour savoir si les populations vulnérables féminines — partenaire de ceux qui s’injectent des drogues et femmes trans — utilisant la prep, un médicament qui aide à se prévenir contre le virus. Pour toucher ces populations, il faut se déplacer et les inciter à entrer dans le système de santé, et depuis six mois on a fait des demandes pour que des médecins du public accompagnent nos équipes sur le terrain et nous attendons toujours une réponse, une permission. Je reviens maintenant à votre question sur l’épidémie de VIH à Maurice. La situation de l’épidémie du VIH est catastrophique pour Maurice. Pour 2025, nous avions 491 nouveaux cas mauriciens auxquels il faudrait ajouter les migrants vivant avec le virus sur lesquels nous n’avons pas de statistiques. Le chiffre est très fort comparativement à avant le Covid, où nous avions pu descendre en dessous de 200 nouveaux cas. Je souligne que nous ne parlons que des cas déclarés, pas de ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas faire savoir qu’ils sont touchés par l’épidémie. Il faudrait intensifier les actions pour ramener les soins vers les malades et parler de la stigmatisation. Beaucoup de malades ne viennent pas se faire soigner à cause de la stigmatisation, au fait qu’on associe le virus à la question morale sexualité/drogue, au fait qu’il y a de la part du personnel médical des réactions négatives. Une réaction de rejet qui s’apparente à celle à propos des malades du cancer il y a des années.

O Donc, le défi pour PILS est le même qu’il y a trente ans. Est-ce que vous avez les moyens financiers de vos actions ?

— Non, mais nous persévérons. D’autant que cette année, du fait que Maurice a maintenant un statut de revenu financier moyen, voire élevé, nous avons perdu 30% du financement des agences internationales. Il faut aussi signaler que ces financements ne sont pas là indéfiniment, et qu’il faudrait que l’État mauricien et le secteur privé prennent certaines responsabilités dans ce domaine.

O Ce n’est pas le cas ?

— Nous poussons pour que les entreprises qui nous soutiennent augmentent leurs budgets et elles réagissent positivement. Mais se pose alors un autre problème : des articles de presse vont demander pourquoi la CSR a attribué autant d’argent à PILS, ce qui conforte l’idée que PILS est une ONG qui ramasse de l’argent et ne fait pas grand-chose avec. Nous sommes victimes du fait que nous sommes vocaux, que l’on estime que nous prenons trop de place dans le débat, ce qui n’est absolument pas le cas.

O Pour se faire entendre, PILS n’hésite pas à utiliser la provocation, comme le témoigne votre toute dernière campagne de com. Connaissant la société mauricienne et ses réactions conservatrices, est-il nécessaire pour faire passer le message d’utiliser la provocation ?

— Ce n’est pas de la provocation, mais plus de l’électrochoc pour réveiller, susciter l’intérêt. Ce que nous voulons amener, c’est le débat, ce qu’on n’arrive pas à faire en étant soft. Il faut poser des mots qui vont faire réagir les gens afin d’engager une conversation dans un respect mutuel.

O Vous avez été choqué que des annonceurs refusent d’afficher la dernière campagne de PILS ?

— Évidemment que c’est choquant ! Certains groupes et certains publicitaires estiment que la société mauricienne vit encore sous une emprise morale, qu’il faut la protéger et ne pas aborder frontalement certains sujets. Et ce, alors qu’en 2026, on peut tout avoir et tout voir sur un téléphone portable ou une tablette. Ces personnes qui prennent ces décisions au sein des groupes imposent leurs propres valeurs morales aux autres. Encore une manifestation, à un autre niveau, de la politique de l’autruche, du refus de voir certaines situations.

O Est-ce que, malgré tous ces obstacles, la dernière campagne de PILS a pu établir la conversation espérée ?

— J’en profite pour remercier la presse qui a fait circuler l’information sur la campagne et son interdiction — sa censure — par certains. Est-ce que cette campagne n’a pas été perdue dans une actualité marquée par les débats autour du budget, du Finance Bill ? Malgré tout, il y a eu une réaction assez positive du public et nous n’avons pas eu d’opposition frontale à la campagne depuis son lancement. Je rappelle que nous lancerons bientôt un nouveau site Web qui va nous permettre de mieux communiquer sur nos actions et à ceux qui le veulent d’entrer en contact avec nous.

O Quel est l’avenir de PILS avec moins de rentrées budgétaires, moins de visibilité par la com et toujours peu de contact direct avec les autorités ?

— Dans une discussion avec Nicolas Ritter, le fondateur de l’ONG, on se disait qu’on aurait aimé que PILS n’existe plus, ce qui aurait signifié que tous les combats menés depuis des années ont abouti. À long terme, ça devrait être l’avenir de PILS, mais malheureusement, le contexte, les obstacles et notre mission nous obligent à exister. Nous serons là aussi longtemps qu’on aura besoin de nous, que nous serons un maillon qui peut faire avancer les choses dans le bon sens.

O Mais pour l’instant, vous êtes toujours perçu comme le maillon principal de ce combat, même s’il dérange…

— PILS ne doit pas être perçu comme l’organisateur porteur de tous ces projets. Nous évoluons aujourd’hui dans une démarche avec d’autres personnes et organisations pour porter cette réponse par rapport à l’épidémie et à tout ce que nous proposons. Nous essayons de travailler avec les différents ministères et ONG sur des projets communs, car pour combattre efficacement l’épidémie de VIH, il faut une réponse nationale, pas des actions dispersées de quelques ONG.

O Question personnelle. Est-ce qu’il vous a été facile d’entrer dans les souliers de Nicolas Ritter, fondateur et image médiatique et emblématique de PILS depuis trente ans ?

— Effectivement, l’image de Nicolas Ritter est associée à PILS, même si cela fait cinq ans qu’il n’en est plus le directeur. Ça n’a pas été facile par rapport à ce qu’a représenté Nicolas en termes de prises de parole — avec de la colère, par moments — et de ce qu’il a fait. J’essaye d’être moi-même dans cette continuité, tout en essayant de révolutionner certaines choses par rapport au contexte actuel. Les gens attendent que j’assure la transition et que je puisse prendre position avec la même force que Nicolas.

O Vous êtes prêt pour ça ?

— J’estime que j’essaye de le faire.

Jean-Claude Antoine

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