À ce jour, Rs 138,8 milliards ont déjà été réalisés
L’Economic Development Board (EDB) fait état, dans la dernière édition de son Newsletter, d’un montant total de Rs 649,7 milliards d’investissements déclarés dans 16 secteurs de l’économie. Un chiffre qui, selon l’organisme, ne relève ni d’une projection ni d’une aspiration, mais correspond à la valeur cumulée des engagements d’investissement pris par des promoteurs ayant formellement soumis les détails de leurs projets à l’EDB. À ce jour, Rs 138,8 milliards ont déjà été réalisés sous forme de dépenses consacrées notamment à la construction, aux équipements, aux opérations et à l’emploi.
Ce portefeuille d’investissements traduit également la diversité croissante des activités ciblées par les investisseurs. Les projets recensés vont des infrastructures commerciales et industrielles en construction aux projets intégrés encore au stade de la conception, en passant par les fermes solaires en cours d’ingénierie et les établissements hospitaliers en construction.
Sur les Rs 649,7 milliards d’investissements déclarés, Rs 138,8 milliards ont ainsi déjà été matérialisés, soit un taux de réalisation d’environ 21 %. L’EDB souligne toutefois que ce pourcentage doit être interprété à la lumière de la nature du portefeuille plutôt que comme un indicateur du rythme d’exécution des projets.
Une part importante du pipeline restant, estimée à quelque Rs 412 milliards, concerne en effet des projets de grande envergure qui s’étendent sur plusieurs années. Il s’agit notamment de projets intégrés, de développements de type Mixed-Use et Smart City, ainsi que d’importantes infrastructures liées aux énergies renouvelables. Leur mise en œuvre progressive devrait continuer à générer des investissements, de l’activité économique et des opportunités d’emploi au fur et à mesure de l’avancement des différentes phases.
L’énergie au cœur de la transformation
La composition sectorielle des investissements constitue l’un des principaux enseignements de ces données. Le secteur de l’énergie apparaît notamment comme un indicateur de la transformation structurelle engagée par Maurice. 44 projets y ont été déclarés, représentant des investissements de Rs 23 milliards.
Cette dynamique est portée en grande partie par la transition du pays vers les énergies renouvelables et par une demande croissante pour des infrastructures de production et de distribution d’électricité décentralisées. L’importance accordée à ce secteur confirme ainsi que la transformation du modèle énergétique constitue désormais un élément majeur de la stratégie d’investissement du pays.
La santé et l’éducation occupent également une place importante. Pas moins de 28 projets ont été déclarés dans le secteur de la santé et 21 dans celui de l’éducation. Cette présence témoigne de l’ambition de Maurice de renforcer son rôle de plateforme régionale de services, au-delà de son positionnement traditionnel dans les services financiers.
La diversification du portefeuille d’investissements apparaît ainsi comme l’une des tendances fortes de la stratégie de l’EDB. Elle englobe à la fois les secteurs traditionnels et de nouvelles activités liées aux infrastructures, aux services, aux technologies, à l’énergie et au développement durable.
Dans son message publié dans la newsletter de l’EDB d’août 2026, le président du conseil d’administration, Sanjay Bhunjun, dresse pour sa part un bilan des six premiers mois de l’année et des quinze premiers mois de son mandat à la tête de l’institution.
Il estime que cette période a été marquée par la consolidation du rôle de l’EDB en tant qu’institution de référence pour la facilitation des investissements et la stratégie économique. Malgré les incertitudes internationales, Maurice, souligne-t-il, a continué à attirer des projets d’investissement à forte valeur ajoutée, à diversifier sa base économique et à booster sa réputation comme juridiction de confiance.
Sanjay Bhunjun met également l’accent sur les réformes institutionnelles engagées au sein de l’EDB. Il cite notamment des pratiques accrues de recrutement, fondées sur le mérite, afin d’attirer et de retenir des compétences de haut niveau. Les procédures d’approbation des projets ont, elles aussi, été rationalisées, avec un accent particulier sur la transparence, la responsabilité et l’efficacité.
Selon lui, ces changements doivent contribuer à accroître la crédibilité institutionnelle de l’EDB et, parallèlement, la confiance des investisseurs dans Maurice comme destination privilégiant la bonne gouvernance et le professionnalisme.
Pour la prochaine étape, l’EDB entend approfondir ses partenariats stratégiques avec les principales économies, faciliter davantage les investissements technologiques et à forte valeur ajoutée et permettre à Maurice de rester suffisamment agile face aux évolutions de l’économie mondiale.
L’harmonisation des cadres réglementaires, la promotion de l’innovation et le développement de relations de coopération au-delà des frontières figurent également parmi les priorités annoncées.
Pour Sanjay Bhunjun, la transformation engagée est loin d’être achevée. L’EDB ne doit pas être considéré uniquement comme une institution chargée de faciliter les investissements, mais comme « un moteur du progrès national ». L’objectif affiché est désormais de consolider les acquis, d’élargir les opportunités et de faire en sorte que chaque initiative contribue à la vision de long terme : faire de Maurice une économie dynamique, durable et pleinement connectée au reste du monde.

