Opération Sov Lapo | Blanchiment de Rs 7,3 milliards : « Vendetta politique » contre Ravatomanga

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C’est ce qu’affirme la défense pour justifier la nouvelle demande de remise en liberté provisoire en faveur de l’homme d’affaires malgache

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Le Bail Hearing en faveur de l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga a repris, hier, devant la Bail & Remand Court (BRC). Cette séance a été consacrée au contre-interrogatoire de Hans Aleear, Acting Director of Investigations de la FCC. La défense de Ravatomanga maintient qu’il y a une vendetta politique contre lui.
Hans Aleear a été contre-interrogé par Me Kushal Lobine, l’avocat de Mamy Ravatomanga. Ce dernier répond de deux charges provisoires de blanchiment d’argent et d’une charge d’entente délictueuse par rapport au délit de trafic d’influence, qui ont été logées contre lui par la FCC.
Le premier point soulevé par Me Lobine est si la FCC savait que Ravatomanga est listé comme un Politically Exposed Person (PEP) par les institutions financières à Maurice où il détient des comptes bancaires. Hans Aleear a répondu par la négative, et a été d’accord que le groupe Sodiat, dont Ravatomanga est le ultimate beneficial owner, opère depuis 1990 à Maurice, année où le groupe y avait commencé à ouvrir des comptes bancaires.
Me Lobine a affirmé qu’il n’y a jamais eu de transfert d’une importante somme d’argent avant l’arrivée de Ravatomanga à Maurice le 12 octobre 2025, contrairement à ce qu’avait diffusé un communiqué de la FCC ce mois-là. Hans Aleear a maintenu qu’il y avait bien eu transferts d’importantes sommes vers Maurice mais a concédé que ce n’était pas nécessairement durant le mois d’octobre 2025.
Me Lobine a argué qu’il s’agissait de normal banking transactions de la part d’entités qui opéraient légitimement à Maurice. Le directeur intérimaire Aleear a maintenu que l’investigation de la FCC est Ongoing en ce qui concerne les Money Trails pour déterminer si les sommes dans les comptes de Sodiat ou de Ravatomanga découlent de Proceeds of Crime.

Interpol qui refuse le mandat d’arrêt international
En ce qui concerne le mandat d’arrêt international qui avait été émis contre Ravatomanga, en date du 20 février 2026, Hans Aleear a expliqué que c’était les autorités malgaches qui avaient émis ce document. Il a toutefois admis qu’il ignorait qu’Interpol avait refusé de publier ce mandat d’arrêt international sur son site, vu que cet organisme considérait que le mandat était Politically Tainted, selon l’expression de Me Lobine.
Me Lobine a remis en question la crédibilité de deux Malgaches qui avaient logé des plaintes à la FCC contre Ravatomanga juste après son arrivée à Maurice, ce qui avait initié l’enquête de la FCC.
Selon lui, un des plaignants avait déjà été condamné à cinq ans de prison pour trafic illicite d’or, tandis que l’autre, qui occupe présentement de hautes fonctions au sein du Parquet malgache, avait été radiée du barreau, pour une histoire de fraude électronique. Celle-ci a par ailleurs sollicité une commission rogatoire dans l’affaire Ravatomanga, qui sera appelée le 7 octobre prochain devant le Master & Registrar de la Cour suprême.
Mais Hans Aleear a maintenu que la FCC doit diligenter une enquête en présence d’une plainte, et cela peu importe qui loge cette plainte.
Me Lobine a mis en avant le fait que Ravatomanga était le « special advisor » de l’ex-président malgache, qui avait été « élu démocratiquement » selon lui, avant d’être renversé durant un « coup d’État militaire ». L’avocat a fait référence à un communiqué de la SADC demandant au nouveau régime malgache d’adhérer à l’état de droit. Il a maintenu que Ravatomanga était l’objet d’une « vendetta politique ». Hans Aleear a répondu que l’enquête était en cours et que toutes les questions soulevées durant cette enquête seront prises en considération par la FCC.
Me Lobine a dénoncé le fait que pas un seul Statement n’a été consigné de Ravatomanga par la FCC depuis décembre 2025. Le directeur intérimaire Aleear a répliqué qu’un Statement avait bien été pris de Ravatomanga par le Parquet français, qui travaille en collaboration avec la FCC, portant sur l’exportation de litchis par Ravatomanga vers des pays européens, mais Me Lobine a souligné que les autorités françaises avaient explicitement fait état que ce document ne pouvait être utilisé par la juridiction mauricienne, et qu’il n’avait pas été consigné Under Warning, comme prévu sous les lois mauriciennes.

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Rencontre avec Junaid Fakim
Me Lobine a ensuite abordé la rencontre tenue à Quatre-Bornes le 14 octobre 2025, entre Ravatomanga et l’ancien commissaire de la FCC, Junaid Fakim. Selon l’homme de loi, son client a déjà expliqué qu’il avait rencontré Junaid Fakim en tant qu’avocat. Il a ainsi expliqué que les quatre commissaires de la FCC occupent cette position à temps partiel, et que Junaid Fakim exerce la profession d’avocat. Or, quand cette réunion avait eu lieu, aucune charge provisoire n’avait encore été logée contre Ravatomanga. L’homme de loi a ainsi fait ressortir qu’il n’y avait aucune preuve pour étayer la charge provisoire de trafic d’influence. Le directeur intérimaire Aleear a maintenu que la FCC est bien en présence de preuves pour étayer cette charge.
Me Lobine a fait ressortir que Ravatomanga est en détention provisoire depuis plus de 9 mois. Il a remis en question l’affirmation de Hans Aleear que cette enquête serait complétée entre 6 mois et un an, vu que l’enquêteur Jokhoo de la FCC avait déjà expliqué durant le premier Bail Hearing de Ravatomanga le 9 février 2026 que l’enquête allait prendre 3 mois.
Me Lobine a fait ressortir que trois autres co-accusés dans cette affaire ont été remis en liberté conditionnelle. Hans Aleear a expliqué que tout dépend de la gravité de leur implication. Malgré la présente assurance fournie par Ravatomanga qu’il allait « abide » à toute condition que la cour pourrait imposer, Hans Aleear a maintenu que la FCC considérait que les risques de fuite ou d’entrave à l’enquête étaient bien trop considérables.
Le directeur intérimaire Aleear a fait ressortir qu’au fur et à mesure que l’enquête progressait, de nouvelles pistes surgissaient. Il a réitéré qu’il s’agissait d’une enquête complexe avec des ramifications internationales, impliquant l’examen de documents volumineux et l’interrogatoire de multiples témoins, et que la FCC faisait de son mieux pour compléter cette enquête.
Cette affaire reprendra le mercredi 26 août, avec le contre-interrogatoire du directeur intérimaire.

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