Outer Islands | Santé publique – Rodrigues : le cancer mine le terrain

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Chaque semaine, des Rodriguais prennent l’avion vers Maurice pour combattre le cancer. Trop souvent, ils ne reviennent que dans un cercueil. C’est l’une des réalités les plus douloureuses que vivent aujourd’hui les familles rodriguaises.
Des hommes, des femmes, des jeunes adultes et même parfois des personnes encore dans la force de l’âge quittent Rodrigues avec l’espoir de vaincre le cancer. Ils partent vers les hôpitaux spécialisés de Maurice pour recevoir des traitements, subir des opérations, suivre des séances de chimiothérapie ou de radiothérapie.
Malheureusement, pour de nombreuses familles, le voyage de l’espoir se transforme en tragédie. Combien de Rodriguais sont partis se faire soigner à Maurice pour finalement revenir sans vie ? Combien de familles ont vu un être cher quitter l’île avec l’espoir de guérir pour finalement recevoir un appel annonçant son décès ? Combien d’enfants ont perdu un père ou une mère à cause de cette terrible maladie ? Derrière chaque avion qui décolle vers Maurice se cache souvent une bataille contre la souffrance, l’incertitude et parfois contre le temps lui-même.
Les chiffres nationaux sont alarmants. Selon les données officielles du National Cancer Registry, 3 362 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés à Maurice en 2024, tandis que 1 649 personnes ont perdu la vie à cause de cette maladie.
À l’échelle mondiale, plus de 20 millions de nouveaux cas et près de 10 millions de décès sont recensés chaque année. Les experts de l’Organisation mondiale de la Santé avertissent que le nombre de nouveaux cas pourrait dépasser les 34 millions par an d’ici à 2050 si des mesures urgentes de prévention ne sont pas renforcées.
Pourtant, malgré ces chiffres inquiétants, Rodrigues continue de manquer de données précises sur sa propre situation.

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Sans radiographie complète du problème

Rodrigues compte aujourd’hui plus de 44 000 habitants. Mais combien de Rodriguais vivent actuellement avec un cancer ? Combien de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année ? Quels sont les cancers les plus fréquents dans l’île ? Pourquoi certaines familles semblent-elles davantage touchées que d’autres ? Existe-t-il des facteurs environnementaux ou alimentaires particuliers ?
Personne ne semble aujourd’hui capable de fournir des réponses précises à ces questions essentielles. Et pourtant, sans données fiables, comment bâtir une stratégie efficace de prévention ? Comment anticiper les besoins futurs en soins spécialisés ? Comment sauver davantage de vies ?

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Où est l’étude sur le cancer ?

Face à la multiplication des cas observés par la population, une question revient avec insistance : Que fait la Commission de la Santé pour mesurer l’ampleur réelle du cancer à Rodrigues ? Une étude scientifique approfondie a-t-elle été commandée ? Existe-t-il une base de données spécifique à Rodrigues ? Les autorités connaissent-elles les régions les plus touchées ? Une analyse des facteurs de risque environnementaux a-t-elle été réalisée ?
Des recherches sont-elles menées sur :
•la qualité de l’eau consommée ;
•les habitudes alimentaires ;
•l’utilisation de pesticides et produits chimiques ;
•le tabagisme ;
•la consommation d’alcool ;
•la pollution environnementale ;
•les prédispositions génétiques ;
•l’exposition professionnelle à certains produits dangereux ?
Sans réponses claires à ces interrogations, Rodrigues risque de continuer à combattre cette maladie à l’aveugle.

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Prévenir aujourd’hui
pour sauver demain

Le rôle de la Commission de la Santé ne doit pas se limiter aux traitements. La véritable bataille commence bien avant l’hôpital.
Elle passe par :

•le dépistage précoce ;
•les campagnes de sensibilisation ;
•les études scientifiques ;
•la recherche des causes ;
•l’éducation sanitaire ;
•l’amélioration de l’alimentation ;
•la promotion d’un mode de vie sain.
Chaque cancer détecté à temps augmente considérablement les chances de survie. Chaque étude sérieuse permet d’orienter les politiques publiques. Chaque action de prévention peut sauver des vies.

Un cri d’alarme

Aujourd’hui, le cancer n’est plus une statistique lointaine. C’est un voisin. C’est un collègue. C’est un parent. C’est un ami. C’est parfois un enfant. Les Rodriguais ont le droit de connaître la réalité de la situation. Ils ont le droit de savoir pourquoi les cas semblent se multiplier. Ils ont le droit d’exiger des recherches approfondies afin d’identifier les causes possibles de cette maladie qui frappe de plus en plus de familles.
Car derrière chaque chiffre se cache une vie. Derrière chaque diagnostic se cache une famille en détresse. Et derrière chaque Rodriguais qui quitte l’île pour aller se faire soigner à Maurice se cache l’espoir de revenir vivant auprès des siens.
La question est désormais simple : Rodrigues peut-elle encore se permettre d’attendre avant de lancer une vaste étude sur la prévalence et les causes du cancer dans l’île ? Pour de nombreuses familles endeuillées, l’heure de la réflexion est déjà dépassée. L’heure de l’action a sonné.

 

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