La magistrate Shaheen Daureeawoo, siégeant en Cour de district de Port-Louis, a rayé, hier, l’accusation provisoire de blanchiment d’argent, logée sous les dispositions de la Financial Intelligence and Anti Money Laundeting Act (FIAMLAZ), qui pesait contre Sattar Hajee Abdoula, ex-CEO de Grant Thornton Advisory Services Ltd.
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Le Factual Background de cette affaire : un mois avant que Sattar Hajee Abdoula ne soit nommé comme administrateur d’Air Mauritius, un versement de Rs 3,6 millions avait été effectué le 23 mars 2020 sur le compte bancaire de Grant Thornton Ltd par Air Mauritius, pour la provision d’Advisory Services.
Sattar Hajee Abdoula avait participé aux négociations ayant conduit au contrat, qui portait sur un montant total de Rs 8.5 millions. Toutefois, ce contrat n’avait pas été avalisé par le conseil d’administration d’Air Mauritius, et n’avait pas été soumis à son service juridique. Par ailleurs, les Advisory Services n’avaient jamais été fournis à la compagnie d’aviation nationale.
Le 19 novembre 2025, la FCC avait procédé à l’arrestation de Sattar Hajee Abdoula, et avait logé une charge provisoire de blanchiment d’argent contre lui, sous les sections 3, 6 et 8 de la Financial Intelligence And Anti-Money Laundering Act (FIAMLA).
Dans son Ruling, la magistrate Daureeawoo a retenu qu’il n’y avait à ce stade aucune « reasonable suspicion » que Sattar Hajee Abdoula était impliqué dans un quelconque délit de blanchiment d’argent, vu que la somme de Rs 3,6 millions n’avait pas été versée sur son compte bancaire personnel mais sur celui de Grant Thornton Advisory Services Ltd, qui est une entité légale distincte de Sattar Hajee Abdoula.
En outre, il n’était pas le seul directeur de Grant Thornton Advisory Services Ltd. La Cour a ainsi pris note que c’était Mariam Rajabally, également une directrice de Grant Thornton Advisory Services Ltd, qui avait paraphé le contrat et signé la facture et émis les instructions de paiement.
Pour la magistrate, le fait que le contrat entre Air Mauritius et Grant Thornton Advisory Services Ltd n’avait pas été avalisé par le conseil d’administration de la compagnie aérienne nationale, relevait des procédures internes d’Air Mauritius. Par ailleurs, il n’a pas été démontré que Sattar Hajee Abdoula avait été partie prenante à une quelconque manœuvre de contournement des procédures d’Air Mauritius. « There is no concrete evidence adduced before this court showing that the Applicant was responsible for these procedures, caused them to be circumvented or knew they had been bypassed », a fait ressortir la magistrate.
Pour toutes ces raisons, l’accusation provisoire de blanchiment d’argent a été rayée, mais la magistrate Daureeawoo a néanmoins tenu à préciser que cette radiation ne constitue aucune entrave à la poursuite de l’enquête de la Financial Crimes Commission à ce sujet.

