Cour — Blanchiment de Rs 7,3 milliards : La FCC campe sur sa position face à la caution de Ravatomanga

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Le Bail Hearing concernant Mamy Ravatomanga a repris, hier, devant la Bail & Remand Court (BRC). Son avocat a soulevé l’improbabilité des risques que le prévenu essaie de prendre la fuite ou d’entraver l’enquête si jamais il était remis en liberté conditionnelle, mais la FCC a campé sur sa position.

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Me Kushal Lobine, l’avocat de Mamy Ravatomanga, a poursuivi son contre-interrogatoire de Hans Aleear, Acting Director of Investigations de la Financial Crimes Commission (FCC). La séance était présidée par le magistrat Mohammad Nathire. Ravatomanga comparaissait par voie de visioconférence depuis la prison de haute sécurité de Melrose, où il est détenu.
Me Lobine a abordé l’objection de la FCC à l’effet que Ravatomanga pouvait manipuler des preuves si jamais il était remis en liberté conditionnelle.

Selon l’avocat, la résidence où habitait la fille de Ravatomanga à Maurice avait été perquisitionnée par la FCC le 23 octobre 2025 et des téléphones et des ordinateurs portables avaient été saisis, et sont en possession de la FCC. Par ailleurs, en ce qui concerne les crimes financiers, les Documentary Evidence constituent les preuves les plus importantes, et dans l’affaire présente, une bonne partie est déjà en possession de la FCC. En outre, il a fait ressortir que Ravatomanga est en détention depuis plus de 300 jours, et qu’il a lui-même fourni certaines informations à la FCC par le biais d’affidavits. S’appuyant sur ces constats, il a maintenu qu’il est fort peu probable que Ravatomanga puisse manipuler une quelconque preuve.

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Le directeur intérimaire Aleear ne l’a toutefois pas entendu de cette oreille. Il a indiqué qu’il s’agissait d’une affaire transfrontalière complexe et le risque de manipulation de preuves demeurait élevé. Il a fait ressortir que l’enquête de la FCC se poursuivait, notamment en ce qui concerne les Money Trails.

En ce qui concerne l’appréhension de la FCC que Ravatomanga pouvait suborner des témoins si jamais il était remis en liberté conditionnelle, Me Lobine est revenu sur une précédente affirmation de Hans Aleear en Cour à l’effet que la FCC soupçonnait fortement Ravatomanga d’avoir effectué des appels depuis la prison de Melrose vers Madagascar.
L’avocat a insisté pour que la FCC étaye ces soupçons à l’effet que Ravatomanga était bien l’auteur des appels. Le directeur intérimaire Aleear a expliqué que Ravatomanga était le seul malgache à la prison de Melrose et que ces appels avaient été passés vers Madagascar.

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Me Lobine a demandé si la FCC avait sécurisé les images CCTV à la prison de Melrose et confronté Ravatomanga avec ces appels. Hans Aleear a expliqué que l’enquête de la FCC concernant ces appels s’oriente vers la personne sous laquelle les cartes SIM impliquées dans ces appels ont été enregistrées.

Me Lobine a fait état que la prison de Melrose est une prison de haute sécurité et que les détenus sont régulièrement soumis à des fouilles. Ravatomanga a lui-même fait l’objet de plus de 25 fouilles corporelles et qu’aucun Prohibited item  n’a été retrouvé sur lui. Hans Aleear a fait ressortir que l’enquête de la FCC se poursuivait sur ce point.

« Confused »

Me Lobine est ensuite revenu sur une précédente affirmation de Hans Aleear à l’effet que la FCC avait reçu une récente information de leurs homologues malgaches à l’effet qu’un ex-employé de Sodiat aurait reçu des menaces de la part du beau-fils de Ravatomanga.
Fournissant des informations contradictoires à Me Lobine sur ce point, Hans Aleear devait dire à un moment qu’il était « confused ». Me Lobine a alors insisté auprès du magistrat Nathire pour que cette affirmation soit « put on record ». « You are confused on all the aspects of this case ! There is a general confusion from you ! Your inquiry is not being conducted in a fair manner ! », rajoute l’homme de loi.

Me Lobine a souligné que les preuves à charge contre son client sont « of a weak nature » et qu’il n’y avait que très peu de chances pour que l’accusé essaie de prendre la fuite ou d’entraver l’enquête par la manipulation des preuves et des témoins.

Le directeur intérimaire Aleear n’a pas démordu et a maintenu que les preuves à charges étaient contre Ravatomanga étaient solides, comprenant plusieurs Statements à partir de multiples témoins et des preuves de nature digitale, et que les risques de fuite ou d’entrave avec l’enquête étaient toujours élevés.
Cette affaire reprendra le mercredi 9 septembre prochain, avec l’audition des témoins de la défense et une déclaration de Mamy Ravatomanga lui-même depuis la prison de Melrose.

 

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