Un échange autour de la pauvreté et de la discrimination 

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Le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Ashok Subron, et le Junior Minister, Kugan Parapen, ont rencontré, mardi, l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean-Michaël Durhône. Les échanges ont notamment porté sur les financements accordés aux ONG par la Fondation nationale pour l’inclusion sociale (NSIF), la pauvreté ainsi que la discrimination dans l’accès à l’emploi.
Le Père Georgy Kenny, vicaire général du diocèse de Port-Louis, porte-parole de l’évêque et responsable des Relations publiques du diocèse,  Gilberte Chung, directrice exécutive du Service diocésain de l’éducation catholique (SeDEC), ainsi que Emilie Rivet, docteure en psychologie clinique et directrice générale de Konekte, étaient également présents lors de cette rencontre.
Il convient d’indiquer que la question de la discrimination à l’emploi avait récemment été évoquée par l’évêque de Port-Louis face à la presse, la semaine dernière.
Le ministre délégué Parapen a expliqué que la NSIF finance quelque 200 ONG, pour un montant de plus de Rs 1 milliard chaque année. Il a souligné l’apport indéniable des diverses ONG à l’action publique, y compris dans le domaine éducatif.
Concernant la discrimination à l’emploi, le ministre Subron a mis en avant « qu’il y a surtout une discrimination structurelle qui découle de notre histoire coloniale ». Il ajoute que « le gouvernement a fait un pas qualitatif en avant dans ce domaine, avec la mise en œuvre de l’accord signé entre Rezistans ek Alternativ et les autres partenaires de l’Alliance du Changement en faveur d’amendements constitutionnels visant à inclure les droits économiques, sociaux et culturels. Cela inclut également l’emploi, le logement, l’éducation ainsi que la sécurité sociale. » La Commission de révision constitutionnelle travaille sur ces amendements.
Le ministre a également soutenu que plusieurs pistes méritaient d’être explorées, notamment la mise en place d’un système de recrutement et de promotions qui serait basé sur des Index Numbers des candidats, comme pour les examens académiques, sans identification spécifique. Cette avenue n’inclurait pas une quelconque classification ethnique comme aux États-Unis, qui pratiquent la discrimination positive. La possibilité de mettre en place une procédure accélérée (« fast track ») pour traiter les cas de discrimination à la Equal Opportunities Commission a également été abordée.
Sur le volet de la pauvreté, Mgr Durhône a déclaré qu’un appauvrissement des familles est constaté, notamment au sein de la classe moyenne. Ashok Subron est, pour sa part, revenu sur le rôle de la National Empowerment Foundation (NEF), qui accompagne les familles au bas de l’échelle.
Le ministre a également abordé l’indice de pauvreté multidimensionnelle. « La pauvreté n’est pas uniquement monétaire. Nous voulons adopter le concept d’Indice de pauvreté multidimensionnelle, qui prend en compte le degré de privation, notamment en matière d’accès à la santé et à l’éducation, entre autres, et ne se limite pas uniquement à l’aspect monétaire », a-t-il avancé.
Ashok Subron a conclu sur la réforme de la pension d’invalidité. « Nous voulons changer le modèle d’évaluation, qui est à ce jour purement médical. Nous voulons également y inclure l’aspect fonctionnel. Notre objectif est également de créer un guichet unique pour les personnes en situation de handicap. Nous souhaitons également introduire l’Inclusive Living Allowance », a affirmé le ministre qui a ajouté que néanmoins, tout cela demande les ressources financières appropriées.
Les deux parties ont qualifié cet échange de très fructueux.

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