ÉDUCATION — Mobile Phone Regulations — Interdiction du portable : la mise en application sonne faux

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Les enseignants réclament plus de flexibilité ; les recteurs protestent

- Publicité -

UDRRU : « Schools are here to educate and to transform, not just to please people »

The Education (Control and Use of Personal Mobile Devices on School Premises) Regulations de 2026, en vigueur depuis la semaine dernière, fait déjà l’objet de mécontentements. Les syndicats d’enseignants ont fait part de leurs préoccupations concernant les sanctions prévues à l’égard du personnel, ainsi que les risques d’abus. Les recteurs maintiennent que le sens de responsabilité doit primer à tous les niveaux. Une réunion a eu lieu au ministère de l’Éducation en début de semaine à ce sujet. Il a été décidé que des Guidelines seront émis concernant la mise en application.

- Publicité -

Une semaine à peine après l’introduction des nouvelles mesures sur l’utilisation contrôlée du téléphone portable et autres objets connectés à l’école, les premières secousses se font sentir. Le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, a réuni toutes les parties cette semaine, pour écouter leurs préoccupations. D’une part, les enseignants craignent un abus d’autorité de la part des chefs d’établissement, tandis que ces derniers ont fait valoir que la responsabilité doit s’appliquer à tous les niveaux.

Dès le lendemain, l’United Deputy Rectors and Rectors Union (UDRRU), a adressé une correspondance au ministre pour faire part de ses craintes sur une éventuelle dérogation concernant le personnel. Vikash Ramdonee, le président, ne mâche pas ses mots. « While we appreciate the opportunity for dialogue and clarification, we are concerned that requests to withdraw or dilute certain provisions of the Regulations, particularly those which restrict the use of mobile devices by educators in the presence (in front) of students and within school premises, may inadvertently undermine the very purpose and spirit of the Regulations. Schools are here to educate and to transform, and not just to please people », écrit-il.

- Advertisement -

Selon lui, les nouvelles mesures ont déjà apporté davantage de sérénité et de discipline dans les établissements. « Toute dérogation ou modification sélective à ce stade pourrait ainsi, créer de l’incertitude et des incohérences dans la mise en œuvre et pourrait, de manière compréhensible, amener d’autres parties prenantes, notamment les étudiants et les parents, à demander davantage d’exemptions ou de modifications, ouvrant ainsi la voie à une situation difficile et potentiellement ingérable. Nous estimons sincèrement qu’aucune directive ne devrait aller à l’encontre de la loi », fait comprendre le syndicat.

Le syndicat des recteurs se dit également en faveur d’une clarification concernant l’utilisation du téléphone portable à des fins pédagogiques. « Nous demandons également que la disposition prévoyant que les Mobile Devices peuvent être utilisés à des fins éducatives soit clairement définie et appliquée strictement dans le cadre de l’enseignement et de l’apprentissage », note la correspondance.
L’utilisation à des fins éducatives, ajoute le président de l’UDRRU, ne devrait pas constituer une exemption générale autorisant l’utilisation des appareils dans l’enceinte de l’établissement scolaire. « Chaque leçon doit être dûment préparée, avec des objectifs d’apprentissage clairement définis, et l’utilisation de la technologie doit être pertinente, ciblée et contribuer de manière démontrable à la réalisation de ces objectifs. Cette clarté est essentielle pour éviter toute ambiguïté et garantir une mise en œuvre cohérente. »

L’union se dit également convaincue qu’en milieu scolaire, les bénéfices éducatifs et développementaux, liés à la non-utilisation des appareils mobiles l’emportent généralement sur les avantages découlant de leur utilisation. « Les restrictions et interdictions croissantes adoptées par de nombreux systèmes éducatifs à travers le monde témoignent davantage de la nécessité d’agir avec prudence et renforcent l’importance d’accorder la priorité à un apprentissage concentré, à la discipline et à des interactions humaines enrichissantes », poursuit le syndicat.

L’UDRRU a ainsi réclamé une réunion urgente avec ministre de l’Éducation en vue d’éclaircir tous ces points. L’union plaide pour application des Regulations de manière consistante et juste, afin de sauvegarder l’environnement scolaire et les intérêts des enfants. Le syndicat précise qu’il n’est pas contre l’utilisation du téléphone portable par les enseignants pendant leurs temps libres, mais cela doit être bien défini, afin d’éviter des abus.

Liberté et support pédagogiques

Du côté des syndicats d’enseignants, c’est un tout autre son de cloche. Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) affirme : « Nous accueillons cette mesure d’interdire le téléphone portable à l’école, comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays. Sauf qu’aucun d’entre eux n’a interdit ces outils de technologie aux enseignants, en même temps. »

Il indique que le téléphone, tout comme l’ordinateur portable, fait partie des outils pédagogiques incontournables du jour. « On nous dit d’aller suivre des cours sur l’intelligence artificielle, mais comment allons-nous le mettre en pratique ? De même, nous ne pouvons savoir à l’avance quand nous aurons besoin du téléphone pour vérifier une information ou chercher une réponse à une question d’un élève », estime-t-il.
Il ajoute qu’il n’est pas approprié que l’enseignant sorte de la classe pour aller demander la permission au chef d’établissement à chaque fois avant d’utiliser son portable. « C’est un outil comme les autres. Surtout que depuis la pandémie de Covid-19, beaucoup d’enseignants préparent les notes sur les Electronic Devices. Tant que l’enseignant n’est pas en train d’utiliser son téléphone pour aller sur les réseaux sociaux, par exemple, je ne vois pas où est le problème », explique-t-il.

L’UPSEE réclame ainsi le retrait du paragraphe 6 des Regulations, concernant les actions disciplinaires à l’égard du personnel. « Cette provision pour donner lieu à des abus. Si un recteur ou un manager est en conflit avec un enseignant, par exemple, il peut s’en servir facilement pour le sanctionner. De plus, cette provision n’avait pas été discutée lors des consultations sur cette mesure », met-il en garde.

De son côté, la Government Teachers Union (GTU) plaide également en faveur d’une plus grande flexibilité. « Au primaire, nous n’avons pas de gros problème d’usage du téléphone par des élèves. La communication passe essentiellement par le bureau. Toutefois, les Regulations concerne le personnel. Allant du General Worker au Head Master, en passant par l’enseignant », dit Vishal Baujeet, le président.

Il souhaite qu’il y ait des clarifications sur certaines dispositions des Regulations. « Il est dit, par exemple, qu’il ne faut pas utiliser le téléphone in front of students. C’est où ? Dans la cour, dans la classe, dans sa voiture ? Une clarification et une uniformité dans l’application préviendront des abus. »

Selon lui, tel que c’est actuellement, toute la responsabilité repose sur le maître d’école. « Certains peuvent aller à l’extrême. Par exemple, dans une école, un enseignant a été réprimandé parce qu’il utilisait le téléphone dans le staff room. Et cela ne fait qu’une semaine depuis que les règlements sont en vigueur. »
Face à ces divergences, le ministère de l’Éducation a décidé de préparer des Guidelines concernant la mise en application des Regulations. Les syndicats ont été invités à soumettre leurs propositions.

 

EN CONTINU