Pas Géométriques — POINTE-D’ESNY 
: Le ministère passe à l’offensive pour libérer les accès à la plage

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Accès bloqués, végétation envahissante et empiètements présumés sur le domaine public. Le ministère du Logement et des Terres a enclenché une série de mesures à Pointe-d’Esny. Après une première visite sur le terrain, les autorités veulent désormais s’assurer que les passages publics vers la plage restent accessibles à tous.
Depuis jeudi, quatre panneaux de signalisation ont été installés pour matérialiser les deux accès publics existants menant à la plage. L’opération a été menée en collaboration avec le conseil de district de Grand-Port, à la demande du ministre Shakeel Mohamed.
Les panneaux, fournis par le ministère, ne se contentent pas d’indiquer les accès. Ils affichent également le numéro de la Police des Terres, permettant au public d’obtenir des informations ou de signaler toute difficulté liée à l’accès au littoral.
Sur le terrain, la Special Mobile Force a également été mobilisée. Des arbres et de la végétation qui obstruaient l’un des passages ont été dégagés. Le conseil de Grand’Port aura désormais la responsabilité de maintenir les deux accès en état.
Mais l’intervention du ministère du Logement et des Terres concerne également l’ouverture des passages. Une étude menée par des officiers a mis en lumière une évolution naturelle du trait de côte à Pointe-d’Esny. Avec l’accumulation de sable, la ligne des hautes eaux (High-Water Mark) s’est déplacée à certains endroits, faisant progressivement avancer le rivage vers la mer.
C’est précisément dans ces secteurs que le ministère dit avoir constaté des occupations qui posent problème. Certains résidents riverains auraient étendu leur occupation jusque dans des espaces relevant du « passage commun », profitant de la modification naturelle du rivage. Avec comme conséquence, des portions du passage public se retrouvent restreintes, au détriment des usagers de la plage.
Les autorités ont décidé de sévir. Plusieurs résidents ont reçu des Notices, mercredi, leur donnant sept jours pour enlever les structures qui entravent l’accès public à la plage ou occupent des parties du domaine public. Le ministère entend ainsi remettre les limites au clair et empêcher que l’évolution naturelle du littoral soit utilisée pour justifier une appropriation progressive d’espaces destinés au public.
Une nouvelle inspection est prévue la semaine prochaine. Elle permettra de vérifier si les injonctions ont été suivies et d’identifier les problèmes qui demeurent.
Règles plus strictes  
L’affaire de Pointe d’Esny s’inscrit dans une démarche plus large. Le ministère prépare les State Lands (Public Access to the Coastal Domain) Regulations de 2026, qui doivent désormais être soumises à une consultation publique.
Le message du ministère est sans ambiguïté : le rivage et les Pas Géométriques appartiennent au domaine public. Les autorités s’appuient notamment sur l’arrêté du général Decaen de 1807 et sur l’article 538 du Code Civil, qui consacrent ce principe depuis plus de deux siècles. Le projet de règlement vise à mettre fin aux zones grises et à préciser les droits et obligations de chacun.
Il prévoit notamment de garantir le libre passage et le libre accès au rivage et aux Pas Géométriques, avec des points d’entrée clairement identifiés, signalés et maintenus ouverts. Un bail accordé sur des terres de l’État ou des Pas Géométriques ne pourra pas, à lui seul, servir de fondement pour écarter le public car son titulaire ne disposera que des droits expressément prévus par le contrat.
Le texte cible également les obstacles installés sur le domaine public ou empêchant le passage comme des murs, barrières, clôtures, cordes ou panneaux.
Autre sujet sensible concerne les véhicules sur les plages. Leur circulation et leur stationnement seront encadrés, avec des exceptions prévues notamment pour les services d’urgence, la sécurité publique, la pêche autorisée et les opérations d’entretien.
Le projet ne concerne toutefois pas uniquement les accès. Le ministère veut également encadrer les nuisances et les usages du littoral. La pollution sonore, notamment la musique amplifiée à un niveau excessif, sera réglementée. Le dépôt de déchets, les détritus et toute forme de dégradation de l’environnement côtier sont également visés.
Les activités commerciales et organisées sur les plages devront, quant à elles, respecter des conditions précises et pourraient être soumises à une autorisation préalable. Le règlement prévoit enfin de désigner les officiers chargés de faire respecter ces dispositions et de définir les sanctions en cas de manquement.
Le ministère prend toutefois soin de poser des limites à son intervention. « Les nouvelles règles ne viseraient ni à exproprier des propriétaires privés, ni à remettre en cause des titres valablement établis », dit-il dans un communiqué. Et de préciser « qu’elles ne devraient pas non plus s’appliquer rétroactivement à des constructions légalement réalisées ou remettre en question des baux valides. »

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