« Si le Road Traffic Amendment Bill, tel que présenté, vise à réduire les accidents de la route, une question fondamentale mérite d’être posée. Le gouvernement dispose-t-il d’une analyse complète des causes de ces accidents avant de renforcer encore les sanctions ? Autre interrogation : l’introduction du permis à point a-t-elle atteint les résultats escomptés ? Nous sommes tous d’accord qu’il faut sanctionner sévèrement les comportements dangereux.
Mais la sécurité routière ne peut se résumer à davantage d’amendes, de saisies et de suspensions de permis. Le ministre des Transports semble mettre davantage l’accent sur la répression que sur l’éducation, la prévention et la formation des conducteurs. « Avant d’imposer de nouvelles mesures, il serait important de rendre publiques les études permettant de comprendre le phénomène.
Quelle tranche d’âge est la plus impliquée dans les accidents graves ? Quelle proportion est liée à l’alcool, aux drogues, à la vitesse ou à d’autres comportements dangereux ? Combien d’accidents sont liés au mauvais état des routes, au manque de visibilité, à l’éclairage, à la conception de certaines routes, à l’absence ou à la mauvaise visibilité des panneaux ? Quel est l’impact des conditions météorologiques et de l’état mécanique des véhicules ? Et quelle est la part de responsabilité des piétons et des autres usagers ? Ces éléments sont essentiels pour élaborer une politique de sécurité routière réellement efficace.
« La question de la saisie des véhicules mérite également une réflexion. Un véhicule peut appartenir à une famille, à une société de location, à une entreprise de transport ou à un employeur. Une infraction commise par un conducteur ne devrait pas automatiquement pénaliser des tiers qui n’ont aucune responsabilité dans cette infraction.
Pourquoi ne pas également privilégier, pour certaines infractions, une approche combinant suspension temporaire du permis et formation obligatoire avant la reprise de la conduite ?
Dans plusieurs pays, la réhabilitation et la sensibilisation font partie intégrante de la politique de sécurité routière. « Il faut aussi reconnaître qu’obtenir un permis n’est pas la fin de l’apprentissage. Les véhicules, les technologies, les infrastructures et les conditions de circulation évoluent. La formation continue des conducteurs devrait donc devenir un élément important de notre système. La vraie question n’est donc pas de savoir comment punir davantage, mais comment réduire réellement le nombre d’accidents. »

