Il n’est pas question d’abuser du Film Rebate Scheme, particulièrement dans un contexte de contraintes budgétaires. C’est ce qu’a fait comprendre le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à une interpellation de Raviraj Beechook. Il a été catégorique, citant les « dérives » du passé, où un proche de l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, en l’occurrence feu Alan Govinden, avait « profité » largement de cet outil d’attractivité, notamment en empochant Rs 66 millions pour « Prisoners of Paradise ».
Introduit en 2013, le Film Rebate Scheme a pour objectif de positionner Maurice comme un pôle de tournage international tout en stimulant l’emploi local, le tourisme et la visibilité du pays. Il accorde une remise de 30% sur les dépenses locales éligibles, pouvant monter jusqu’à 40% pour les projets d’envergure. Soit au moins USD 1 M pour un film ou USD 150 000 par épisode pour une série. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre, en réponse à Raviraj Beechook.
Selon les chiffres communiqués par l’Economic Development Board (EDB) pour l’année financière se terminant au 30 juin 2025, 14 demandes ont été reçues, six projets approuvés et Rs 102,1 millions déboursées. Pour l’exercice clos au 30 juin 2026, 11 demandes ont été reçues pour dix projets approuvés et Rs 9,3 millions déboursées. Le Premier ministre précise toutefois que les fonds décaissés au cours d’un exercice ne reflètent pas uniquement les projets approuvés cette même année, car les paiements sont étalés en fonction de la réalisation des dépenses.
Afin de rationaliser l’allocation des ressources, tout en permettant à un plus grand nombre de productions de bénéficier du soutien public, les guidelines du Film Rebate Scheme seront officiellement amendées pour instaurer un plafond maximal remboursable. Cette initiative vise à prévenir des abus, comme sous l’ancien gouvernement, a précisé Navin Ramgoolam.
« Qui ne se souvient pas d’Alan Govinden, un proche ami de Pravind Jugnauth, qui avait servi de prête-nom ou de prêteur pour ce dernier et qui avait versé Rs 20 M à Bel Air Sugar Estate pour sa propriété située à Angus Road ? » Le Premier ministre a ainsi dévoilé que feu Alan Govinden avait bénéficié d’un remboursement de Rs 66 millions – après déduction fiscale de Rs 21,6 millions – de la part de l’EDB pour la réalisation du film Prisoners of Paradise.
Le chef du gouvernement a mis en avant le changement d’approche dans la gestion du Film Rebate Scheme au niveau de l’EDB. Alors que les rabais étaient autrefois approuvés de manière arbitraire par le seul CEO, dans « une opacité totale », les projets sont désormais soumis à l’approbation rigoureuse du Conseil d’administration de l’EDB sur la base d’un « rule-based system » et transparent.
Raviraj Beechook a fait valoir que l’industrie du film repose principalement sur les incitations fiscales, et que c’est le cas à travers le monde. Il a ainsi demandé si ce plafonnement ne mettra pas en péril ce secteur à Maurice. Le Premier ministre est revenu sur l’expérience du passé et les abus sous l’ancien régime. « Je viens de donner un exemple, et ces personnes étaient logées au Maradiva. Qui paie la facture ? » s’est-il demandé.

