L’enquête interne diligentée par la direction de la Financial Crimes Commission (FCC) sur une possible fuite d’informations au profit d’un trafiquant de drogue présumé est menée dans la plus grande discrétion au Réduit Triangle. Quatre membres de la FCC sont dans le viseur de leurs supérieurs : un Chief Investigator, deux policiers affectés à la FCC sous contrat et une personne qui a rejoint la commission il n’y a pas longtemps.
À l’origine de cette enquête, des documents retrouvés sur le téléphone portable d’un suspect, arrêté à deux reprises par la FCC l’année dernière. Selon une source au Réduit Triangle, il s’agirait notamment de photographies de déclarations des protagonistes entendus par les enquêteurs dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent.
Le principal suspect a lui-même été interrogé dans ce dossier après la saisie de plusieurs véhicules à son domicile. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer comment il a pu entrer en possession de photographies des déclarations d’autres protagonistes, notamment des témoins et des coaccusés.
Les quatre membres ciblés par l’enquête interne faisaient partie de l’équipe chargée de mener les investigations dans ce dossier. Selon les procédures en vigueur, l’accès aux déclarations d’un protagoniste est limité aux enquêteurs officiellement assignés à participer à son interrogatoire ou au traitement de son dossier.
Or, le dossier se trouve toujours au Réduit Triangle et n’a, à ce stade, pas été transmis au bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP). Les enquêteurs cherchent ainsi à établir par quel canal les informations ont pu sortir de la commission.
Une hypothèse privilégiée serait que les photographies aient été prises directement à l’aide d’un téléphone portable. C’est dans ce contexte que les appareils électroniques des quatre membres concernés ont été saisis afin de permettre des vérifications approfondies. Les analyses sont actuellement effectuées par le département Forensic de la FCC.
À ce stade, la FCC n’a pas souhaité révéler l’identité du trafiquant présumé. Cette prudence s’expliquerait notamment par la volonté de ne pas compromettre d’éventuelles pistes d’enquête, ni de permettre la destruction de preuves qui pourraient encore être découvertes.
Selon des informations disponibles, le principal intéressé disposerait, du moins jusqu’à il y a quelques mois, de contacts bien établis au sein d’une section de la police. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si ces relations pourraient avoir un quelconque lien avec la circulation d’informations confidentielles.
Par ailleurs, un Chief Investigator de la FCC a déposé une plainte au Central CID cette semaine après la diffusion de certaines informations qu’il considère comme diffamatoires à son encontre. Il a affirmé que des photographies et des vidéos montées ont été publiées sur Facebook, donnant l’impression qu’il serait l’auteur de certains écrits figurant dans un Diary Book. Le haut gradé de la FCC demande à la police d’identifier l’auteur de ces publications et de déterminer les circonstances dans lesquelles ces contenus ont été diffusés.
Il dénonce également une campagne de dénigrement visant à faire accroire qu’il serait impliqué dans une affaire de mœurs. Les enquêteurs du Central CID devront désormais établir l’origine de ces publications, le lien entre elles et les intentions de leurs auteurs.

