Diplôme de médecine : Le Medical Council rejette le Master of Public Health de l’UoM

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L’avenir de plus de 100 jeunes médecins en suspens

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Des médecins ayant fait la demande pour la reconnaissance d’une Additional Qualification auprès du Medical Council ont eu la déagréable surprise d’apprendre que leur diplôme n’était pas reconnu. Il s’agit du Master of Public Health de l’Université de Maurice, pour lequel ils ont payé plus de Rs 200 000. Les raisons évoquées étant que le cours a été offert partiellement en ligne et qu’il était aussi ouvert à des non-medically qualified applicants.

Ces jeunes, qui détiennent déjà leurs diplômes de médecine et ont démarré leur carrière, ont opté pour une qualification supplémentaire. C’est dans ce contexte qu’ils se sont inscrits au Master of Public Health à l’Université de Maurice. Le programme est d’une durée d’un an. Il est surtout utile à ceux qui souhaitent rejoindre le service public ou qui se sont déjà engagés auprès du ministère de la Santé.

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Cependant, tout ne s’est pas passé comme prévu pour eux. Le mois dernier, certains ont soumis leurs dossiers au Medical Council pour la reconnaissance de leur Additional Qualification. Ils ont ainsi eu la mauvaise surprise d’apprendre que le régulateur ne reconnaissait pas le Master of Public Health de l’Université de Maurice.

Dans la lettre adressée à un candidat, le Medical Council explique son refus en ces termes : « The above-mentioned qualification does not satisfy the Medical Council (Additional Qualifications) Regulations 2020 and section 29 of the Medical Council Act. Council is of the opinion that part of the postgraduate course was imparted online (Technology Enabled Learning), also enrolment to this course is not restricted to medical practitioners only but instead to other non-medically qualified persons as well. »

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En effet, l’appel à candidatures pour la rentrée universitaire 2025-26 établit deux critères d’éligibilité. Premièrement, ceux détenant un diplôme de médecine (MBBS, MBChB ou équivalent) ; mais aussi des non-medically qualified candidates, qui doivent toutefois détenir au minimum, un Second Class Degree ou un Bachelor of Dental Surgery (BDS), ainsi que deux années d’expérience dans la santé publique, la promotion de la santé, l’administration de la santé, santé au travail et santé environnementale, la recherche clinique ou autre domaine lié à la santé.

Ce programme offert à temps plein s’échelonne sur une année. Pour la rentrée 2025-26, le coût affiché est de Rs 237 900. Actuellement quatre cohortes d’étudiants ont déjà complété ce cours, soit pour les années académiques 2021-22, 2022-23, 2023-24 et 2024-25. Est-ce une conséquence du fait que l’Université de Maurice avait en effet, choisi de maintenir ses cours à 50% en ligne, même après la pandémie de Covid-19 ?

Un médecin, qui a suivi la formation, explique que le cours est à plein temps et en présentiel, mais que la technologie a été utilisée comme support pédagogique : « Il ne s’agit pas d’un cours à distance. Le fait que la technologie a été utilisée ne veut pas dire qu’il s’agit d’une Online Qualification. D’ailleurs, c’était le cas avant et cela n’a jamais posé de problème. »

Ce professionnel attire aussi l’attention sur l’article 22 de la Medical Council Act, mis en avant par le conseil, pour expliquer le refus. Celui-ci prévoit, entre autres, le Clinical Training. Or, font ressortir les étudiants, la question ne se pose pas pour eux, étant donné qu’ils ont déjà leurs diplômes de médecine, qu’ils ont complété leur Training et que certains sont même en train de travailler. « Nous avons suivi ce cours au prix de nombreux sacrifices, que ce soit sur le plan financier et familial pour ensuite être confrontés à un refus de reconnaissance », fait-il comprendre.

Ils mettent l’accent également sur l’aspect multidisciplinaire de la santé publique. « Les programmes de Master of Public Health réunissent généralement des professionnels issus de différents domaines, car la santé publique englobe elle-même des secteurs tels que l’épidémiologie, la biostatistique, la promotion de la santé, la prévention des maladies, les politiques de santé, les systèmes de santé, la recherche et la santé de la population. »
Les diplômés considèrent donc que l’admission de professionnels non-médecins dûment qualifiés n’explique pas, à elle seule, pourquoi un MPH – obtenu par un médecin dûment inscrit à l’ordre professionnel – ne devrait pas être reconnu. Ces derniers réclament ainsi plus de clarification sur la manière dont les Medical Council (Additional Qualifications ) 2020 Regulations ont été appliquées au MPH de l’Université de Maurice.

Par ailleurs, ils estiment important que le fondement de la décision soit évalué au regard des caractéristiques réelles et du contenu académique du programme, notamment son curriculum, son enseignement et le nombre d’heures de contact, les modalités d’évaluation, les examens, les exigences en matière de recherche et de mémoire, les composantes pratiques ou de terrain, les résultats d’apprentissage ainsi que les compétences en santé publique.

Cette décision du Medical Council a de lourdes conséquences pour certains jeunes médecins. En effet, avec la non-reconnaissance du Master of Public Health, ils ne peuvent postuler pour le poste de Community Physician, dont l’appel à candidatures a été lancé par la Public Service Commission, le 8 septembre.

La date limite étant le 28 septembre, ils veulent des éclaircissements dans le plus bref délai. Un groupe de jeunes médecins ayant suivi ce programme souhaite une rencontre avec le Vice-Chancellor de l’Université de Maurice pour des explications. Il convient aussi de déterminer s’il y a eu un manque de communication entre le Medical Council et l’UoM à ce sujet ou si le Medical Council a eu une mauvaise interprétation du Master of Public Health.

Le Mauricien a sollicité la réaction du Dr Manish Rai Sookha, président du Medical Council, qui a renvoyé la balle au Registrar. L’avis du Vice Chancellor de l’Université de Maurice, le Pr Kavi Kumar Khedo, sur cette affaire a aussi été recherché.

 

 

Les explications du Medical Council

Le Dr Manish Rai Sookha, président du Medical Council, met en avant la section 29 du Medical Council et le paragraphe 3 des Medical Council (Additional Qualifications) Regulations de 2020, pour expliquer cette décision.
La section 29 du Medical Council stipule : « Where after registration, a registered person obtains a qualification from a medical institution, the Council may, on application made to it, add the qualification to the register if the Council is satisfied that the qualification is an appropriate qualification to be included in the register. »

Le paragraphe 3 des Medical Council (Additional Qualifications) Regulations de 2020 mentionne : « where after registration, a registered person obtains a qualification from a medical institution, the Council may, on application made to it pursuant to section 29 of the Act, add the qualification to the Register if the Council is satisfied, on the basis of documentary evidence, that the qualification – is related to a field of medicine; and has been obtained –After a full time, medical training of a duration of at least one academic year or After a part time medical training of a duration of at least two academic years.»
Pour le Dr Sookha, « le présent règlement est conforme aux dispositions prévues à la section 29 de la Medical Council Act. » Il explique que le Conseil reçoit fréquemment des demandes de reconnaissance d’Additional Qualifications présentées soit par des médecins généralistes, soit par des médecins spécialistes ayant poursuivi des études complémentaires en médecine après avoir obtenu leur inscription auprès du Conseil.

La réussite de ces formations est sanctionnée par la délivrance d’un certificat. Cependant, reconnaît le Dr Sookha : « le Medical Council éprouve souvent des difficultés à déterminer la « valeur » d’un certificat présenté par un médecin qui sollicite auprès du Conseil, la reconnaissance d’une qualification additionnelle en vertu de la section 29 de la loi. »
La reconnaissance d’une telle qualification, poursuit-il, permet au médecin de faire inscrire ladite qualification sur l’Annual Practising Certificate, délivré par le Conseil. Le médecin pourra utiliser cette reconnaissance comme preuve documentaire attestant de l’amélioration de ses compétences cliniques et de ses connaissances médicales dans un domaine particulier de la pratique médicale.

L’objectif de la législation prévue à la section 29 du Medical Council Act, ajoute le président, est « d’accorder une reconnaissance aux médecins qui ont acquis des connaissances médicales approfondies ou additionnelles allant au-delà de celles normalement requises pour leur inscription en tant que médecin généraliste ou médecin spécialiste. »
Il s’appesantit sur le fait que « cette acquisition de connaissances supplémentaires ne peut intervenir que si les médecins suivent des formations exclusivement destinées aux médecins généralistes ou aux médecins spécialistes. » Elle ne peut, en revanche, être considérée comme telle lorsque l’accès à la formation est également ouvert aux infirmiers, hygiénistes, pharmaciens, personnels chargés de la santé et de la sécurité, autres professionnels paramédicaux, etc. « Le niveau académique des connaissances dispensées dans de telles formations ne correspondrait pas au niveau que le Medical Council exigerait pour accorder une reconnaissance en vertu de la section 29 de la loi. »

Dans cette optique, et conformément à la section 42(2)(a) de la Medical Council Act, précise le Dr Sookha, le Conseil, lors de sa réunion du 13 décembre 2023, a recommandé une modification des Medical Council (Additional Qualifications) (Amendment) Regulations de 2021, actuellement en vigueur. « Cette modification a pour objectif de fournir aux médecins, des orientations concernant leur inscription à des Postgraduate Courses, exclusivement destinées aux médecins, s’ils souhaitent solliciter la reconnaissance de ces qualifications en vertu de la section 29 du Medical Council Act. »
Le Medical Council précise également que la qualification doit être liée à un domaine de la médecine et être obtenue à l’issue d’une Clinical Training à plein temps.
La durée de la formation pratique doit être d’un an à temps plein ou de deux ans à temps partiel. De même, lorsqu’il accorde la reconnaissance d’une qualification additionnelle, le Conseil peut convoquer le professionnel inscrit à un entretien.

Il incombe au Medical Council de veiller à ce que toute qualification additionnelle en médecine faisant l’objet d’une reconnaissance en vertu de la Medical Council Act réponde aux critères suivants : la qualification doit avoir été obtenue après l’inscription du professionnel en tant que médecin généraliste ou médecin spécialiste ; la qualification doit être liée à un domaine de la médecine ; la qualification doit avoir été délivrée par un « établissement médical », c’est-à-dire l’un des établissements figurant dans les Medical Council (Medical Institutions) Regulations de 2016.

Le Dr Sookha s’appesantit sur le fait que « le Conseil doit être convaincu que la qualification additionnelle présente une certaine valeur et doit, en conséquence, prendre une décision quant à la reconnaissance de cette qualification additionnelle et à son inscription dans le registre pertinent tenu par le Medical Council. »

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