Trou aux Biches — Occupation illégale du domaine public maritime — Snacks en roule libre

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  • Kiosques, tables, parasols, pots de fleurs installées sur des parcelles de pas géométriques pour lesquelles ils ne disposent pas d’autorisation d’occupation
  • Shakeel Mohamed : « Mon ministère prendra les actions qui s’imposent » 
Occupation illégale du domaine public maritime et accès interdit au littoral. Les chasses aux sorcières orchestrées par le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, ont ouvert une véritable boîte de Pandore qui n’est pas près de se refermer. On en veut pour preuve l’accaparement d’une bonne partie de la plage publique de Trou aux Biches — du côté du front de mer — par le propriétaire du restaurant Beach Hut (sis de l’autre côté de la route). Ce dernier a fait installer à sa guise des tables, parasols et des pots de fleurs en béton sur une parcelle de pas géométriques pour laquelle il ne dispose pas d’autorisation d’occupation. Les Forces vives du village demandent aux autorités de changer leur fusil d’épaule face à cette infraction, d’autant que le concerné ne dispose pas des permis nécessaires pour exploiter son restaurant. D’autres snacks sont mis à l’index pour s’être arrogé le droit de squatter le domaine public maritime.

La semaine écoulée aura été particulièrement agitée à Trou aux Biches, où les habitants, sous la houlette du président du conseil de village, Jacky Alexandre, et des Forces vives, ont donné un coup d’accélérateur à leurs revendications. Le timing ne pouvait mieux tomber, Shakeel Mohamed affichant clairement sa volonté de réorganiser la gestion des plages et garantir l’accès au littoral, tout en clarifiant les responsabilités de chaque autorité.  « Il y a un laisser-aller depuis quelques mois. Certaines personnes se sentent pousser des ailes au mépris des lois en vigueur. La léthargie s’est installée et il est de notre devoir en tant que citoyens responsables de mettre un terme à ce sentiment d’impunité dont bénéficient certaines personnes, avant que le village ne perde ses lettres de noblesse », confie un riverain.

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Le branle-bas des contestataires a pour toile de fond la parcelle de plage très prisée par nombre de pique-niqueurs du coin qui y viennent passer des moments de détente en famille. Ils se voient donc privés de cet espace de loisirs, à cause de son accaparement par un restaurateur qui, au lieu de faire amende honorable, continue de faire l’autruche. Bien mal lui en a pris, car la séquence a pris une autre tournure après le lièvre levé par le président du conseil de village, Jacky Alexandre, et les Forces vives : s’il est bien détenteur d’un permis pour opérer un snack, les autorités concernées — District Council, Santé, Mauritius Fire & Rescue Service (MFRS) et Tourism Authority — ne lui ont jamais octroyé les papiers nécessaires pour exploiter un restaurant.

Non-respect des normes de 6 mètres de distance

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Apportant de l’eau au moulin du conseil de village et des Forces Vives du village sur l’absence des clearances, des effectifs de la Beach Authority et de la National Coast Guard (NCG) ont tenté de désamorcer la polémique en faisant une descente des lieux chez Beach Hut, le 31 août dernier, intimant l’ordre au gérant d’enlever ses tables, chaises et autres pots de fleurs disposés sur ce bout de plage qui constitue un espace public. Peine perdue ! Week-End s’est rendu sur place vendredi pour en avoir le cœur net. Le propriétaire ne semble pas faire grand cas de l’ordre émis par les autorités.

 « Quel culot ! Et dire qu’on a fermé les yeux sur le fait qu’il ne dispose pas de clearance pour opérer son restaurant qui, soit dit en passant, ne respecte les normes de 6 mètres de distance entre la route principale et son business, comme il est stipulé par la loi. Pire encore, il n’a aucun espace parking. Cette affaire de passe-droit a été examinée lors d’une des dernières réunions du conseil de village. Pour couronner le tout, en sus de faire fi de la missive du Conseil de District de Pamplemousses l’intimant l’ordre d’y enlever ses tables et chaises, il y a installé des pots de fleurs en béton », martèle Vivian Marie-Jeanne, membre des Forces Vives.

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Notre interlocuteur ajoute que « pour nous, il est clair que les Enforcement Agencies concernées, ainsi que d’autres instances décisionnelles se renvoient la patate chaude et sombrent dans l’immobilisme. On a fait des représentations auprès de Shakeel Mohamed. Le ministre des Administrations régionales, Ranjiv Woochit, et le député, Kaviraj Rookny, deux élus de la circonscription de N°5, ont aussi été mis au parfum. Comment expliquer que rien ne bouge ? Si le propriétaire de Beach Hut refuse d’abdiquer, qu’attendent les autorités concernées pour venir enlever de force ces structures ? »

Le dossier pourrait quand même connaître des développements après les réponses fournies, cette semaine, par Shakeel Mohamed à Vivian Marie-Jeanne lors d’une émission radiophonique où le ministre était invité à s’exprimer sur le dossier relatif à l’accaparement des plages. Voici ce qu’il faut retenir de cette intervention : « J’ai compris le point soulevé par Vivian. C’est scandaleux de ce que fait ce snack en installant tables, chaises et parasols sur la plage de Trou aux Biches (…) Si sept ou huit individus suivent l’exemple de ce propriétaire, cela résultera à un désordre. Trou aux Biches deviendra un bazar ! Mon ministère, étant en présence des photos sur ce cas, prendra des actions qui s’imposent ». On verre si les actes suivent les paroles.

L’accès obstrué par une grille !

Les Forces Vives de Trou aux Biches concentrent aussi leurs attaques sur d’autres propriétaires de snacks qui se sentent pousser des ailes, ayant installé illégalement kiosques, tables et chaises sur la plage au front de mer. Les snacks ont pour noms Chez Flipper et Cabane du pêcheur« Nous n’arrivons pas à comprendre comment Flipper a obtenu un permis de prise d’eau de la CWA sur cette plage. Or, il faut dire que pendant 10 ans, aucun permis de prise d’eau de la CWA n’a été délivré à qui que ce soit sur la plage à Trou aux Biches ou ailleurs », s’insurge un conseiller de village.

La polémique s’infiltre dans chaque coin de Trou aux Biches. Un nouveau chapitre dédié au phénomène d’accaparement de la plage s’ouvre, cette fois du côté de l’accès situé entre le snack Le Gourmet et l’hôtel Verandah Pointe aux Biches qui a été obstrué par une grille en bois et métal par le promoteur du complexe d’appartements. Gare à celui qui ose s’y aventurer : il y a des molosses qui assurent la garde !

 

 

 

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