Le secteur privé mauricien a eu l’occasion d’échanger directement, ce jeudi, avec M. Daren Tang, directeur général de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (WIPO), à l’occasion d’une table ronde organisée par la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI). La rencontre a porté sur le rôle stratégique de la propriété intellectuelle dans l’innovation, la compétitivité et la croissance des entreprises, à un moment où Maurice cherche à accélérer sa transition vers une économie davantage fondée sur la connaissance, la technologie et les activités à plus forte valeur ajoutée.
Brevets et dessins industriels, usage de la propriété intellectuelle et des technologies pour soutenir le développement des entreprises, valorisation et financement des actifs immatériels : les échanges ont couvert un large spectre de sujets. Les marques et les indications géographiques y ont occupé une place particulière, présentées comme des outils de différenciation, de création de valeur et d’accès aux marchés internationaux — mais aussi comme des terrains sur lesquels les entreprises mauriciennes, PME et start-ups en tête, peinent encore à intégrer pleinement la propriété intellectuelle dans leur stratégie, à valoriser leurs innovations, à mobiliser leurs actifs immatériels pour accéder au financement, et à protéger efficacement leurs droits sur les marchés régionaux et internationaux.
C’est dans ce contexte que le président de la MCCI, Patrice Marie, a plaidé pour que la propriété intellectuelle soit érigée au cœur de la stratégie économique du pays. « La compétitivité future de Maurice dépendra de plus en plus de notre capacité à innover, à adopter de nouvelles technologies et à protéger et valoriser les actifs intellectuels créés par nos entreprises et nos entrepreneurs. La propriété intellectuelle doit être considérée comme un véritable levier de croissance, d’investissement et d’accès aux marchés internationaux », fait-il ressortir.
Le rôle croissant des nouvelles technologies, et en particulier de l’intelligence artificielle, dans la création, la protection et la valorisation des actifs de propriété intellectuelle, a également été mis en avant durant les discussions. Pour la MCCI, la propriété intellectuelle constitue désormais un véritable actif économique, capable de soutenir l’investissement, l’innovation, les exportations et la montée en gamme des entreprises mauriciennes.
Sur le volet des marques, les échanges se sont concentrés sur les défis liés à leur protection, à la contrefaçon et à l’application effective des droits. Pour une petite économie comme Maurice, l’enjeu est de disposer d’un cadre robuste et équilibré : protéger les titulaires de marques et encourager l’investissement dans les marques et les réseaux de distribution, tout en préservant la concurrence et les intérêts des consommateurs.
Les indications géographiques ont, elles aussi, occupé une place importante dans les discussions. Des produits comme le sucre et le rhum mauriciens, ou encore le Limon de Rodrigues, illustrent le potentiel de cet outil pour renforcer l’identité et le positionnement des produits locaux, accroître leur valeur ajoutée et soutenir leur développement sur les marchés d’exportation.
La rencontre a par ailleurs permis d’identifier des pistes pour renforcer l’écosystème local de la propriété intellectuelle : un meilleur accompagnement des entreprises, le développement d’outils de valorisation et de financement des actifs immatériels, et un renforcement des capacités. La MCCI souhaite que Maurice approfondisse, sur ces bases, sa collaboration avec l’OMPI, afin de faire de la propriété intellectuelle un levier concret de compétitivité, de diversification et de création de valeur pour l’économie mauricienne.

