Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a annoncé hier le lancement de l’opération Zéro Depo, une initiative visant à éliminer les dépôts illégaux de déchets à travers le pays. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la World Clean-Up Day, qui sera marquée ce week-end des 19 et 20. Il appelle à une mobilisation de l’ensemble de la population afin de faire de la propreté une responsabilité quotidienne.
« Nous avons la chance de vivre dans un beau pays, entouré de lagons qui font rêver de nombreux étrangers. Nous avons également une biodiversité très riche », a déclaré Rajesh Bhagwan lors de sa conférence de presse, hier, en présence notamment des maires, du ministre des Administrations régionales, Ranjiv Woochit et de Karen Foo Kune-Bacha, Junior Minister à l’Environnement.
Pour le ministre Bhagwan, la beauté de Maurice ne se limite toutefois pas à ce qui est visible à l’œil nu. Elle comprend également sa richesse écologique, aujourd’hui confrontée à plusieurs menaces, dont le changement climatique, la montée du niveau de la mer et la perte de biodiversité.
Il a également mis en avant la problématique de la consommation excessive, de l’utilisation des énergies fossiles et de la déforestation, qui contribuent à fragiliser les conditions nécessaires au maintien de la vie sur terre et dans les océans.
La mauvaise gestion des déchets constitue l’une des principales menaces identifiées par le ministère. Rajesh Bhagwan affirme que Maurice produit environ 550 000 tonnes de déchets chaque année. Ces déchets sont transportés par les municipalités et les District Councils vers les centres de transfert avant d’être acheminés vers Mare-Chicose.
Le ministre a tenu à rendre hommage aux nombreux employés qui assurent quotidiennement la collecte des déchets, souvent dans des conditions difficiles, sous la pluie comme sous le soleil.
Malgré ces efforts, le Littering et le Dumping continuent de poser problème. Depuis le début de l’année, la hotline de la Police de l’Environnement a déjà enregistré plus de 1 000 plaintes pour des cas de Dumping. Le nombre de contraventions dressées pour Littering et Dumping est également important.
« C’est une menace pour la santé publique, notamment pour la santé de nos enfants et de nos personnes âgées », a-t-il fait ressortir, en évoquant notamment les maladies infectieuses qui continuent de faire parler d’elles à Maurice, dont le chikungunya et la leptospirose.
Rajesh Bhagwan estime que les dépôts sauvages représentent non seulement un risque sanitaire et environnemental, mais également un coût pour les contribuables. Chaque plainte implique en effet des inspections, des enquêtes et parfois le déplacement d’équipes chargées de procéder à l’enlèvement des déchets.
« Tout cela représente un énorme gaspillage de ressources », a-t-il souligné, tout en déplorant l’image négative que ces dépôts donnent du pays et de l’incivisme d’une partie de la population.
C’est dans ce contexte que le ministère lance l’opération Zero Depo, dont l’objectif est d’éliminer les dépôts illégaux qui constituent une menace pour la santé publique et l’environnement et qui portent atteinte à l’image du pays.
Dans le cadre de cette démarche, la Police de l’Environnement a déjà effectué un premier état des lieux et recensé une centaine de sites concernés par des dépôts illégaux.
Les autorités locales et Mauri-Facilities seront appelées à procéder à l’enlèvement des déchets et au nettoyage de ces sites. Des panneaux d’avertissement seront ensuite installés afin de prévenir les éventuels contrevenants des sanctions auxquelles ils s’exposent.
Le ministre s’est appesanti sur le point que l’amende pour Littering et Dumping a été revue à la hausse et peut désormais atteindre Rs 50 000.
Le suivi de ces sites sera également assuré par les autorités locales afin de maintenir un niveau de propreté et d’hygiène satisfaisant dans chaque territoire.
Les collectivités locales devront également mettre en place un système de hotline permettant aux citoyens de signaler les cas de dépôts sauvages et de dénoncer les pollueurs.
Rajesh Bhagwan a par ailleurs abordé le problème des déchets encombrants. Pour lui, l’élimination des dépôts illégaux passe nécessairement par un système régulier de collecte de ces déchets à la source.
« Si nous voulons éliminer les dépôts illégaux, les collectivités locales devront introduire un système régulier de collecte des déchets encombrants afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent dans la nature », a-t-il expliqué.
Il estime que ces déchets doivent être pris en charge avant qu’ils ne soient abandonnés dans les espaces publics ou dans l’environnement.
Selon Rajesh Bhagwan, la première étape consiste à mettre un frein aux dépôts sauvages. Une fois ce problème maîtrisé, les ressources actuellement consacrées au nettoyage des déchets illégalement abandonnés pourront être réorientées vers d’autres priorités, notamment l’entretien du mobilier urbain et l’embellissement des villes et villages.
Le ministre a soutenu que la propreté d’un pays ne dépend pas uniquement des autorités. Elle nécessite également un engagement de la population et une plus grande responsabilisation des municipalités et des District Councils.
« Ordir so plas pa dan lanatir », a-t-il relevé, demandant aux citoyens de prendre conscience de leur responsabilité.
Pour lui, il ne s’agit pas seulement de nettoyer constamment les déchets abandonnés, mais surtout de mettre un frein à la création de nouveaux dépotoirs sauvages.
Rajesh Bhagwan lance ainsi un appel aux ménages, aux établissements scolaires, aux entreprises, aux ministères, aux médias, aux ONG et à l’ensemble de la population pour qu’ils participent aux actions prévues durant le week-end des 19 et 20 septembre. « Donn enn koud min », a-t-il lancé, invitant chacun à apporter sa contribution.

