Ça sent la banane…

st-ce l’approche des élections de mi-mandat qui, selon les sondages, lui seront défavorables, toujours est-il que le Président américain multiplie, ces jours-ci, des annonces de décisions prises sous le coup de la colère. Ou l’annonce de celles qu’il compte prendre dans les prochains jours. Comme tout dictateur, Donald Trump n’arrive pas à comprendre et surtout à accepter qu’on puisse lui résister, lui dire non. C’est ce que vient de faire de façon claire, en plusieurs occasions, Mark Carney, le Premier ministre canadien, pays voisin dont Donald voulait tout simplement en faire le 51e État américain. Ce qu’il avait tenté avec le Groenland qui avait, lui aussi, refusé l’imposition d’annexion américaine. Donald Trump avait déjà « puni » le Canada pour son refus de faire partie de son territoire en augmentant les droits de douane. Droits qu’il utilise comme une menace armée brandie pour tenter de faire céder ses adversaires, en dépit du fait que plusieurs Cours de justice américaines les aient déclarées non conformes à la loi. La fureur du Président américain est montée de plusieurs crans suite à l’invitation faite au Canada de devenir un membre associé de l’Union européenne. Du coup, le Président américain menace d’augmenter les droits de douane sur les produits européens vers les États-Unis. Ce qui continue à sidérer dans la farce du Président américain, c’est que le monde entier, tout au moins ses principaux dirigeants, continue à étudier ses déclarations – d’autres diraient ses délires – avec sérieux, certains allant même jusqu’à le courtiser pour essayer d’échapper à ses menaces. Avec la pratique, on devrait savoir qu’il est plus facile à Donald Trump de faire des annonces que de les réaliser. Le dernier exemple étant la guerre contre l’Iran, dont il affirmait, à la fin de février, qu’elle allait durer une petite semaine et que les forces militaires américaines allaient réduire le pays, ses Ayatollahs et ses Gardiens de la Révolution en cendres. Plus de six mois après, l’Iran, bien que ravagé par les bombes américaines, est toujours debout, continue à bloquer le détroit d’Ormuz, ce qui a fait grimper le cours du pétrole en provoquant une nouvelle crise économique mondiale.
Face aux déconvenues de Trump, son équipe continue à l’entourer à chaque déclaration de guerre, digne d’un Président de République bananière contre ses adversaires. Sa dernière déclaration concerne l’une de ses cibles préférées, qui est aussi celle de pas mal de dirigeants politiques : la presse. Donald Trump a interdit l’accès de la Maison Blanche et aux activités de son administration trois organes de presse nationaux américains. Ils ont été bannis pour avoir publié ou diffusé des articles critiques sur l’administration présidentielle américaine. L’un de ces organes de presse doit son interdiction au fait qu’il n’avait pas rebaptisé le Golfe du Mexique Golfe d’Amérique, comme l’avait décrété le Président autoproclamé géographe. La cour de Donald Trump semble avoir trouvé normal que des organes de presse soient empêchés de faire leur métier pour avoir déplu à leur Président. Il faut espérer pour les États-Unis que pour suppléer la minorité numérique des adversaires politiques dans les instances de direction, les électeurs américains donneront, lors des prochaines élections de mi-mandat, à leur Président la claque qu’il mérite amplement. Sinon, les États-Unis finiront par entrer dans l’histoire comme le parfait exemple de République bananière du Nord, dont le Président se prend pour un demi-dieu capable de tout faire et de tout dire, encouragé par le silence complice de ceux qui l’entourent. Valeur du jour, comparé à Donald Trump, les Idi Amine Dada, Jean Bedel Bokassa, Bashar Al-Assad, Augusto Pinochet et autre Kim Jon Un sont des enfants de chœur.

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Jean-Claude Antoine

PS : Comment est-il possible que le gouvernement de l’Alliance ait pu recommander au Président de la République de procéder à la nomination d’un membre de la Competition Commission sans qu’une enquête n’ait été faite sur les antécédents du candidat recommandé ? Comment les bureaux concernés ont-ils pu ignorer que le recommandé avait un casier judiciaire, dont la révélation l’a obligé de démissionner quatre jours après sa nomination par le Président de la République ? On dirait qu’aussi bien à la Maison Blanche à Washington, qu’au château du Réduit à Maurice, la même odeur de banane flotte dans l’air…

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