FMP — Bérenger propose la stratégie danoise pour récupérer les Chagos

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— La solution : Un High-Level Working Group entre Maurice, les États-Unis et le Royaume-Uni

Paul Bérenger, leader du Fron Militan Progresis (FMP), a lancé un appel au gouvernement mauricien pour qu’il œuvre à l’organisation d’une rencontre de haut niveau avec les États-Unis et la Grande-Bretagne afin de débloquer le dossier des Chagos. Face à la presse hier matin, il s’est dit convaincu qu’une telle initiative pourrait aboutir, à  l’image du dégel des tensions diplomatiques entre le Danemark et Donald Trump sur la souveraineté du Groenland, qui a débouché sur la signature d’un accord vendredi dernier. Paul Bérenger, qui s’est montré très critique envers le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur ce sujet, l’a néanmoins appelé cette semaine pour le conseiller de se rendre aux Nations Unies avec des représentants d’origine chagossienne. En vain…

L’incompréhension, la déception, voire la colère de Paul Bérenger étaient perceptibles hier matin lorsqu’il a livré sa lecture de la gestion du dossier des Chagos par le gouvernement. Le leader du FMP n’a pas caché son exaspération devant la léthargie du gouvernement Ramgoolam, alors que de leur côté, mardi dernier, le président américain, Donald Trump, et le Premier ministre britannique, Andy Burnham, ont affiché une position qui annonce une rude bataille pour Maurice dans sa quête de souveraineté sur l’archipel. Paul Bérenger, qui estime néanmoins que la situation n’est pas complètement perdue, à condition que le gouvernement mauricien se ressaisisse et déploie une bonne stratégie de communication, a déclaré avoir alerté le Premier ministre, Navin Ramgoolam, cette semaine, lors d’une conversation téléphonique.

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« Mo’nn pran lapenn telefonn li »

Ce geste du leader du FMP serait un élan patriotique, motivé par l’inquiétude, d’autant que la « quiet diplomacy » que voulait adopter Navin Ramgoolam serait, selon lui, une erreur qui frise le ridicule. « Mo ti koz ar li. Kan mo’nn al kone ki enn delegasion sagosien baze dan Lond, ki kont nou a-mor e ki peye par lextrem drwat britanik pe al Nations Unies, mo’nn telefonn li. Mo’nn dir li bizin bar sa. Non selma li bizin ale, me li bizin amenn enn ti delegasion sagosien, mo pa’nn sit nom Bancoult, dan Nations Unies. Mo’nn pran lapenn telefonn li. Bann Sagosien bien trakase kot zot ete la », a indiqué Paul Bérenger. Mais visiblement, le message de l’ancien Deputy Prime Minister ne serait pas passé. Entre-temps, Trump s’est montré catégorique au sujet de l’accord de 2025 : « I don’t support it. I think it’s terrible.”

« Les Chagos est un sujet sacré »

Pour Paul Bérenger, le gouvernement mauricien gaganerait à s’inspirer de la stratégie diplomatique engagée par le Danemark pour sauvegarder sa souveraineté sur le Groenland et qui a abouti à un accord, signé à Washington, mardi dernier. Et c’est dans cette optique qu’il fait une proposition officielle au gouvernement, d’autant que, selon lui, celui-ci «  est à court d’idées. »  « Il faudrait proposer aux États-Unis, a dit Paul Bérenger, et à la Grande-Bretagne une rencontre au sommet réunissant tous les ministres concernés des trois pays, y compris ceux de Maurice, comme l’a fait le Groenland. Il faudrait également mettre sur pied un high-level working group réunissant les trois pays afin de parvenir à une solution, sans toucher à notre souveraineté sur les Chagos. Mais pour réussir, il faudrait que le gouvernement, à commencer par le Premier ministre, mette les choses en marche pour parvenir aux mêmes résultats que le Groenland et le Danemark. » 

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« Burhnam semble perdu »

Paul Bérenger a laissé comprendre que le dénouement positif sur le froid diplomatique qui a opposé le gouvernement Trump au Danemark sur la question du Groenland est une opportunité pour que Maurice joue la même carte que Copenhague. Le leader du FMP a d’ailleurs rappelé l’origine du conflit : l’appétit de Donald Trump pour la mainmise de Washington sur le Groenland et le refus du Danemark de céder sa souveraineté sur un pays autonome certes, mais qui lui appartient.

Paul Bérenger a évoqué l’accord de défense militaire signé en 1951 par les deux pays. Il a expliqué qu’en janvier dernier, le Vice-Président des Etats-Unis, JD Vance, le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, le ministre des Affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, et celui du Groenland, Múte B. Egede, se sont rencontrés et avaient convenu de la mise sur pied d’un high level working group pour étudier l’accord de sécurité de 1951. Cette démarche a été décisive pour, d’une part, faire Donald Trump changer d’avis sur la souveraineté et, d’autre part, dans l’aboutissement d’un nouvel accord qui donnerait aux États-Unis le contrôle permanent de la sécurité et de tous les autres besoins au Groenland, alors que le Danemark garde la souveraineté de l’île.

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« Avec le coup de main de Rubio et de Vance, je suis certain que nous aurions pu débloquer le dossier Chagos. Notre situation est la même que celle du Danemark. Et comme pour le Groenland, c’est Trump qui bloque les choses. Burnham, lui, a laissé comprendre qu’il était en faveur d’une résolution et il est clair qu’il semble perdu », a avancé Paul Bérenger.

« Comportement enfantin de Ramgoolam »

Aujourd’hui, a insisté Paul Bérenger, « il est inacceptable que Navin Ramgoolam, en tant que Premier ministre, ne se soit pas rendu aux Nations Unies. C’est une honte et une preuve de lâcheté de sa part ! Mo pli krwar ki li pa kone ki li ti pou al dir laba. Il a eu un comportement enfantin en disant : Si mo ti pou ale mo ti pou zoure ! Je suis certain qu’il n’est pas au courant du cas du Groenland. Un vrai Premier ministre y serait allé, aurait repris le cas du Danemark dans son discours sans insulter qui que ce soit et aurait fait des propositions concrètes. Mais le plus terrible, c’est qu’il s’en va à Londres pour rencontrer le conseiller du Premier ministre britannique ! Un Premier ministre digne de ce nom doit rencontrer son homologue, et non son conseiller ! C’est blessant ! E lor la li fier li pou rankont enn advisor ! Diplomatikman an term protokol, pa fer sa !«  s’est exclamé Paul Bérenger, visiblement irrité.

Tout en reconnaissant le calibre de Jonathan Powell, le conseiller de Burnham, Paul Bérenger a tenu à souligner les exigences protocolaires liées au rang d’un Premier ministre dans un tel contexte. Jonathan Powell, a-t-il souligné, qui n’avait pas hésité à critiquer les États-Unis et l’Europe pour avoir laissé tomber la Palestine après les élections historiques de 2006, aurait pu être « very helpful » si Maurice avait mis sur pied un high-powered committee.

Par ailleurs, Paul Bérenger a remercié la Grande-Bretagne pour son refus d’ouvrir la discussion avec les Maldives sur la revendication de l’archipel et la souveraineté sur les Chagos.

NCA et succession d’Irfan Rahman

Paul Bérenger a annoncé une conférence de presse pour probablement ce vendredi, où il reviendra sur deux dossiers qu’il considère comme particulièrement urgents : la mise en place de la prochaine National Crime Agency (NCA) et la nomination du prochain commissaire électoral. Le leader du FMP entend notamment attirer l’attention sur l’enjeu que représente la succession d’Irfan Rahman, dont le contrat arrive à échéance à la fin de l’année. Pour Paul Bérenger, le bureau de la Commission électorale constitue « le cœur de la démocratie » et la nomination de son prochain responsable revêt, de ce fait, une importance particulière.

Discours de Netanyahu :

« Pa ti ena walk out parski pa ti ena walk in »

Répondant à une question de la presse, Paul Bérenger a indiqué que Maurice n’était pas représentée dans la salle lors du discours de Benjamin Netanyahu à l’Assemblée générale (AG) des Nations unies le jeudi 24 septembre. Le Premier ministre israélien avait alors été accueilli par le départ de dizaines de délégations, qui ont choisi de faire un walk out au moment où il prenait la parole. Selon Paul Bérenger, l’absence de représentation mauricienne ce jour-là explique pourquoi Maurice n’a pas emboîté le pas aux pays qui ont quitté la salle en signe de protestation. « Pa ti ena walk out parski pa ti ena walk in », a lancé Paul Bérenger. Ce dernier a aussi expliqué que le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, qui avait assisté à l’AG des Nations Unies, n’est pas tenu d’être présent à chaque discours. Mais qu’il revient à la délégation mauricienne d’y être.

 

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