Distillerie : L’Indication géographique « Rhum de Maurice » officiellement établie

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L’industrie mauricienne du rhum franchit une nouvelle étape avec l’établissement officiel de l’Indication géographique (IG) Rhum de Maurice. Cette reconnaissance vise à garantir l’origine, la qualité et la traçabilité des rhums produits à Maurice et à renforcer leur positionnement sur les marchés internationaux.

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L’appellation Rhum de Maurice, destinée à protéger et à valoriser le caractère distinctif du rhum produit localement, repose sur un cahier des charges commun aux producteurs concernés et établit un lien direct entre le produit, son terroir et le savoir-faire mauricien. L’un des principaux critères de l’IG est que le rhum doit être produit sur l’île principale de Maurice. La canne à sucre utilisée doit être cultivée à Maurice, tandis que la fermentation, la distillation et le vieillissement doivent également être réalisés sur l’île. Les différentes étapes de production font l’objet de contrôles et d’une traçabilité permettant de garantir l’origine du produit.

Le cahier des charges prévoit également l’interdiction de l’utilisation de colorants artificiels et limite la teneur en sucre à un maximum de 20 grammes par litre. L’objectif est de préserver le profil gustatif du produit et son authenticité.

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Sept distilleries mauriciennes sont réunies autour de cette démarche : Distillerie de Labourdonnais, Domaine de Saint-Aubin, Oxenham Craft Distillery, Medine Distillery, Rhumerie de Chamarel, Omnicane Distillery et Grays. Si chacune conserve ses méthodes, ses styles et son identité propres, toutes doivent désormais répondre aux mêmes exigences en matière d’origine, de qualité et de traçabilité.

« Chaque distillerie s’engage à respecter les mêmes standards et à travailler collectivement dans un cadre commun, conformément à un cahier des charges protégé, défini et approuvé par tous », soulignent les promoteurs de l’initiative.

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Cette démarche intervient alors que la demande mondiale pour les rhums premium et artisanaux continue de progresser. Le marché mondial du rhum est estimé à plus de USD 15 milliards, avec une croissance notamment observée aux États-Unis, en Europe et en Asie.

Pour les producteurs mauriciens, l’IG doit ainsi contribuer à renforcer la crédibilité du rhum local, à faciliter sa différenciation sur les marchés extérieurs et à créer de nouvelles opportunités à l’exportation. Le terroir mauricien constitue l’un des éléments mis en avant dans la démarche. La canne à sucre, cultivée sur les sols volcaniques de l’île, constitue la matière première de plusieurs catégories de rhums produits localement. « Notre terre est volcanique et riche en minéraux. La canne à sucre s’épanouit sur ce terroir unique, offrant une matière première exceptionnelle qui est au cœur de nos rhums », font valoir les promoteurs.

La diversité des matières premières et des techniques de production permet également aux différentes distilleries de proposer des profils distincts. Les producteurs utilisent notamment du pur jus de canne, du sirop de canne ou de la mélasse. Les méthodes de fermentation, les alambics et les colonnes de distillation, de même que les différents types de fûts et les techniques d’assemblage, contribuent à cette diversité.

L’IG entend ainsi préserver cette pluralité tout en établissant une origine commune. Le principe résumé par les producteurs est le suivant : « Sept distilleries. Une île. Une signature. »

Au-delà de la reconnaissance géographique, Rhum de Maurice est appelé à devenir une identité commune pour les rhums répondant aux exigences du cahier des charges. L’ambition affichée est de permettre aux consommateurs, notamment sur les marchés internationaux, d’identifier plus facilement les produits issus de cette origine.
L’IG vient rejoindre d’autres indications et appellations associées aux produits mauriciens, notamment Mauritius Sugars et Limon Rodrigues. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation du terroir et du savoir-faire locaux, avec l’objectif de renforcer la visibilité des produits agroalimentaires et des boissons mauriciennes à l’étranger.

Le projet met également en avant l’innovation dans le secteur. Malgré une histoire étroitement liée à la canne à sucre, les producteurs mauriciens explorent de nouvelles méthodes de fermentation, différents types de vieillissement, les assemblages et diverses matières premières afin de développer des rhums correspondant aux nouvelles attentes des consommateurs.

L’établissement de l’IG pourrait également contribuer au développement du tourisme lié aux spiritueux. Les distilleries, les plantations de canne à sucre et les différentes étapes de fabrication du rhum constituent déjà des éléments de découverte pour les visiteurs.
La nouvelle identité Rhum de Maurice vise à renforcer cette dimension en associant le produit à son territoire, à son patrimoine et à son savoir-faire. La découverte du rhum peut ainsi devenir une autre manière de découvrir Maurice, depuis les régions de culture de la canne jusqu’aux distilleries.

À travers cette Indication géographique, les producteurs entendent donc associer une origine clairement définie à la diversité des expressions du rhum mauricien. Chaque distillerie conserve sa signature, mais le produit bénéficie désormais d’un cadre commun permettant d’identifier son origine et les conditions de sa production.

L’enjeu est également de faire du rhum un nouvel ambassadeur du savoir-faire mauricien, en faisant connaître à l’étranger non seulement un spiritueux, mais aussi le terroir, l’histoire de la canne à sucre et la diversité des techniques développées dans l’île.

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