Cassis Fraternel Judo Club a récemment été informé par le ministère de la Jeunesse et des Sports de l’éventuelle mise en place d’une « Fact-Finding Mission ». Cette démarche, fait-on remarquer, a pour but d’enquêter et de faire ensuite des recommandations avant de décider de la marche à suivre. Pour rappel, cela fait huit ans que le club de la capitale, de même que 11 autres, se heurte à la décision de la Fédération mauricienne de judo (FMJ) dans le cadre du renouvellement de son affiliation. Au point où ces clubs ont désormais perdu leur statut de membres et les privilèges qui vont avec, dont une participation régulière aux compétitions et un accès à la présélection nationale.
Le ministère des Sports a récemment sorti, de son chapeau, une « Fact-Finding Mission » ! Qu’est-ce, au juste ? « Nous n’en savons pas plus. C’est la première fois qu’on entend parler d’une Fact-Finding Mission, alors qu’ordinairement c’est un Fact-Finding Committee ! Quelle sera réellement sa mission ? La démarche ressemble à un pas en avant, mais attendons de voir avant d’en dire plus », déclare d’emblée Joseph Mounawah. Les questions sont d’ailleurs nombreuses depuis que son club a été informé de cette démarche. « Quand ce comité verra-t-il le jour ? Qui sont ceux qui en feront partie ? »
Joseph Mounawah veut aussi savoir combien de temps dureront les travaux de ce comité et si le Comité olympique mauricien y sera aussi représenté. « Ces questions demeurent fondamentales, d’autant qu’un caretaker committee avait pris deux ans avant d’organiser les élections de janvier 2019. Il ne faut pas non plus oublier que le COM et le MJS avaient commandité un rapport dans lequel j’avais été pris en grippe.
Ce rapport n’avait-il pas interdit aux anciens membres d’être candidats à ces élections ? Pourquoi alors Josian Valère a-t-il pu le faire ? », se demande le président de Cassis Fraternel.
Des solutions durables
espérées
Pour Joseph Mounawah, les clubs pénalisés et leurs judokas ont trop souffert et il espère que la démarche du ministère des Sports apportera enfin des solutions durables. « La misère de nos jeunes dure depuis huit ans. Pour combien de temps encore devront-ils subir cette injustice ? » Malheureusement, affirme-t-il, ni l’ancien ministre des Sports, Stephan Toussaint, et encore moins Deven Nagalingum ne sont parvenus à changer les choses. « Plusieurs réunions ont été organisées sous ce présent ministère et pourtant, cela n’a pas empêché la fédération d’aller de l’avant avec des élections en juillet de l’année dernière ! Le ministre Deven Nagalingum était-il au courant de la démarche, alors qu’il se voulait être médiateur ? », questionne-t-il.
Le président de Cassis Fraternel ajoute que ces élections avaient été organisées en dehors du délai légal, sans pour autant que le ministère des Sports ne réagisse. Pire, ce n’est qu’en début d’année que la FMJ avait prévu d’organiser ses élections régionales ! « Il est clairement stipulé, dans la loi sportive, que les élections régionales doivent obligatoirement précéder les élections nationales. Or, la FMJ a élu son comité directeur pour quatre ans avant d’aller ensuite vers des élections régionales. N’est-ce pas une sérieuse entorse à la loi ? »
Joseph Mounawah va encore plus loin en affirmant que la majorité des membres élus n’ont pas été des judokas, compte tenu du fait qu’il connaît la discipline du bout des doigts. « Cela fait qu’ils ne connaissent ni la réalité des tatamis ni encore la souffrance d’un sportif. Dans le cas contraire, cela fait très longtemps qu’ils auraient dû comprendre le sens de notre démarche », fait-il ressortir, avant d’ajouter : « En revanche, il semblerait qu’on trouve normal que plus de 300 jeunes se retrouvent sur la touche, privés de compétition, étant donné qu’ils doivent à chaque fois débourser de l’argent pour obtenir une licence spéciale, contrairement aux clubs affiliés. »
À la case départ,
8 ans après !
Dans ce même ordre d’idée, Joseph Mounawah ne comprend pas comment une fédération peut se passer de la moitié de la population des judokas en continuant à refuser une affiliation à 12 clubs. « Le ministère est au courant de la situation et pourtant, nous sommes toujours à la case départ, huit ans après. » Il dit espérer que la situation avancera enfin dans la bonne direction et que des réponses seront enfin obtenues. « La FMJ dit avoir affilié six clubs. Qui sont ces clubs si ce ne sont pas les 12 pénalisés depuis 2019 ? Le ministre Nagalingum connaît-il au moins le nom de ces six clubs ? En tant que sportif, on se doit de demeurer positif et continuer à se battre dans l’intérêt des judokas et de la discipline », explique Joseph Mounawah.
Qu’apportera réellement une « Fact-Finding Mission » à ce problème qui n’a que trop duré ? Quelle sera justement sa « mission », comme l’affirme, avec raison, Joseph Mounawah, en tenant compte du fait que la FMJ a dépassé les bornes depuis très longtemps ? Tant mieux, cependant, si le ministre Deven Nagalingum parvient à ouvrir les portes de la fédération à ces 12 clubs qui se disent injustement pénalisés, et ensuite celles des compétitions, afin que les jeunes puissent en profiter pleinement, tout comme ceux dont les clubs sont déjà affiliés.

