À Séoul, le tabla est devenu un instrument d’échange entre les cultures. Du 11 au 13 septembre 2026, la dixième édition de la Seoul Music Week a réuni artistes coréens et internationaux autour de la création et des échanges musicaux. Parmi les artistes invités figurait le tabliste d’origine mauricienne Subhash Dhunoohchand, installé à La Réunion, venu présenter Tablatronic World Peace**.
Subhash Dhunoohchand & GUIIM Trio, c’est un quatuor inédit qui a captivé une assemblée de délégations internationales et un public curieux. Parmi les spectateurs : des producteurs et organisateurs de spectacles venus d’Indonésie, de Thaïlande, de Chine, de Taïwan, du Japon, d’Inde, des Pays-Bas, d’Italie, de Belgique et d’Espagne, tous réunis pour assister à une fusion audacieuse entre le tabla, l’électro et la musique traditionnelle coréenne.**
L’auditoire a été d’emblée transporté…

L’auditoire a été d’emblée transporté par une belle harmonie, portée par la voix d’opéra classique de la chanteuse traditionnelle coréenne Minji Koo. À ses côtés, Lim Jeong Wan, virtuose du gayageum, instrument à cordes emblématique de la Corée, inspiré du guzheng chinois et créé au VIe siècle sur commande du roi Gasil, a apporté une douceur envoûtante à cette ambiance résolument contemporaine. Complétant ce trio, le pianiste et chanteur Lee Cha Eh Yeon a ouvert la voie à un concert et à une conception de la musique fondés sur la rencontre des cultures. L’entrée en scène de Subhash Dhunoohchand a séduit les spectateurs. Installé derrière son tabla, son ordinateur portable et un set de percussions, il a fait preuve d’une énergie électrique dans cette nouvelle tendance musicale.
Comme l’a souligné Kaushik Dutta, directeur de Soundscapes India : « On vient toujours chercher du plaisir dans les concerts de Subhash, et le public le manifeste à chaque fois. J’ai pu le constater moi-même lors de sa dernière performance au Sakifo. » Le percussionniste fait toujours preuve d’invention. Au fil des morceaux, majoritairement composés par Subhash Dhunoohchand, le public a été emporté dans un voyage musical à travers l’Afrique, les Comores et l’Inde, notamment grâce à une suite de talas (cycles rythmiques indiens) entraînants. L’ambiance est montée d’un cran à mesure que le BPM s’accélérait, jusqu’à ce que le public, conquis, participe activement au concert. Au final, une standing ovation, scellant l’union entre les cordes du gayageum, les voix, l’électro et les percussions, sous le charme des spectateurs.
Une homogénéité remarquable
Cette résidence organisée par la Seoul Music Week, avec le soutien de son directeur Jung Hun Lee, a permis de créer une homogénéité remarquable entre le modèle classique et les arrangements électro-contemporains chers à Subhash Dhunoohchand. Les musiciens, tous d’une grande valeur, ont su improviser avec brio : Lim Jeong Wan au gayageum, Minji Koo à la voix, et Lee Chaeh Yeon au chant et au piano. Leur dialogue musical a transcendé les frontières entre tradition et modernité. Ce soir-là, le public a découvert non seulement le tabla, mais aussi une nouvelle formation musicale, porteuse d’une belle musique qui ne manquera pas de s’exporter rapidement en Asie et en Europe.
Une performance qui restera gravée dans les mémoires. La Seoul Music Week a pour vocation de favoriser les rencontres entre artistes et professionnels venus de différents horizons. L’édition 2026 associait showcases, rencontres professionnelles et possibilités de collaborations internationales. Une dimension intéressante de la Seoul Music Week a été la présence d’un instrument d’origine indienne, reflet d’une création enracinée dans une histoire particulière qui trouve une résonance dans un contexte international.
N.L

