Relations industrielles — TRANSPORT EN COMMUN — CNT : une situation de crise au dépôt Rémy-Ollier désamorcée

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La mise en œuvre d’un projet pilote de planning faisant appel à l’intelligence artificielle provoque la colère des chauffeurs et des receveurs, dont plusieurs ne se sont pas présentés au travail, hier matin

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Une situation qualifiée de « crise » à la National Transport Corporation (CNT) a été désamorcée hier matin, à la suite de retards enregistrés sur certaines lignes desservies par les autobus sortant du dépôt Rémy-Ollier. Cette situation intervenait alors que se déroulaient les examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC).

Les informations disponibles confirment que plusieurs chauffeurs et receveurs ne se seraient pas présentés au travail lundi matin. Cette situation serait liée, entre autres, à la mise en œuvre d’un projet pilote de planning faisant appel à l’intelligence artificielle, initié par le Dr Harvin Soonarane, General Manager de la CNT. Ce projet vise notamment à optimiser l’allocation des heures supplémentaires et à assurer une plus grande équité dans leur répartition entre les employés.

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Intervenant auprès du General Manager de la CNT afin de s’enquérir des raisons de ces retards, le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, a fait part de sa préoccupation face à cette situation, particulièrement en cette période d’examens.
Il a fermement condamné toute absence qui aurait pu perturber le transport des élèves se rendant dans leurs centres d’examen.

Un contact permanent a également été maintenu avec un haut responsable du ministère de l’Éducation afin de suivre l’évolution de la situation sur le terrain. Lors de la dernière communication, aucun problème spécifique n’avait, selon le ministre, été signalé par le ministère.

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La situation aurait finalement été maîtrisée. Le General Manager de la CNT a donné l’assurance que de tels problèmes ne se reproduiraient pas mardi matin ni dans les jours à venir.

Le ministre Mahomed a également prévenu que les employés dont les absences seraient établies comme résultant d’« irresponsabilités flagrantes » devront répondre de leurs actes. Il s’est appesanti sur le fait que le fonctionnement du transport public ne peut être compromis, notamment lorsqu’il s’agit d’assurer le déplacement des élèves durant les examens nationaux.

Par mesure de précaution, des contacts ont par ailleurs été établis avec d’autres compagnies d’autobus afin de disposer d’une solution alternative au cas où des difficultés similaires surviendraient à nouveau.

Réagissant à cette situation, le secrétaire de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW), Alain Kistnen, a déclaré que celle-ci serait due à une frustration grandissante parmi les employés de la CNT. « La mise en œuvre d’un projet pilote de planning faisant appel à l’intelligence artificielle a été faite sans consultation avec l’UBIW. C’est cela qui a fait déborder le vase. Autre souci qui agace le syndicat : les Relief Workers ne peuvent être confirmés à leurs postes s’ils ont enregistré des absences. Je dois dire que ce qui s’est passé hier matin n’est pas une grève, encore moins un go-slow. C’est le résultat d’une grande frustration », a-t-il déclaré.

De son côté, la Plateform Travayer Transport CNT a adressé hier une lettre au General Manager de la CNT pour dénoncer la mise en œuvre du nouveau système, qui, pour elle, aurait été introduit sans consultation préalable avec des syndicats reconnus.

La plateforme, affiliée à la Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP), affirme que ce nouveau système entraînerait une réduction de la rémunération des employés ainsi qu’une déréglementation des heures de travail.

Elle fait notamment état d’un traumatisme mental ressenti par plusieurs travailleurs, estimant que cette situation pourrait avoir des répercussions sur leur santé et leur sécurité au travail. Et ce, avant de mettre en exergue que les employés concernés sont appelés à conduire des autobus transportant des membres du public alors qu’ils seraient soumis à une pression accrue liée à leurs nouvelles conditions de travail.

Pour les syndicats de la plateforme, cette situation représente ainsi un risque pour la sécurité des employés comme pour celle des passagers. Ils évoquent notamment le risque d’accidents de la route si des chauffeurs doivent exercer leurs fonctions dans des conditions susceptibles d’affecter leur bien-être psychologique et leur vigilance.

La plateforme fait ressortir également l’existence d’un accord collectif enregistré à la CNT, signé en 2013, qui, pour elle, comporte des conditions de travail établies entre les parties. Elle soutient que toute modification concernant les horaires de travail devrait faire l’objet de consultations avec les syndicats reconnus.

Elle demande donc à la direction de mettre en suspens le nouveau roster – élaboré avec l’aide de l’intelligence artificielle – jusqu’à la conclusion d’un accord avec les syndicats à l’issue de consultations.

Référence est également faite à l’intervention du ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, qui avait demandé l’ouverture de discussions avec les représentants syndicaux sur les propositions visant à amender l’accord collectif existant. Elle déplore toutefois que ces négociations n’aient, selon elle, toujours pas démarré, malgré cette intervention.

La Plateform Travayer Transport CNT a affirmé par ailleurs que certains arguments avancés par la direction pour justifier l’absence de négociations auraient été contestés et rejetés par la Commission for Conciliation and Mediation (CCM). Elle avertit que si la direction maintient sa décision d’appliquer le nouveau roster, elle pourrait recourir à un arrêt de travail en invoquant l’article 12(3) de l’Occupational Safety and Health Act 2005, estimant que les nouvelles conditions de travail présentent un risque pour la santé et la sécurité des employés.

Elle demande ainsi à la direction de prendre en considération ses préoccupations et de privilégier la voie de la négociation avant toute mise en œuvre définitive du nouveau système.

 

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