Prix et échanges de marchandises : Les importations renchérissent, le déficit commercial se creuse sur un an

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Au deuxième trimestre 2026, les prix à l’importation ont augmenté bien plus vite que les prix à l’exportation. Les chiffres de juillet montrent ensuite un déficit commercial de Rs 19,5 milliards : moins élevé qu’en juin, mais supérieur de 35,2% à celui de juillet 2025.

Deux publications de Statistics Mauritius éclairent la pression exercée sur le commerce extérieur mauricien. La première mesure l’évolution des prix au deuxième trimestre 2026 : l’indice des prix à l’importation a bondi de 20% par rapport au premier trimestre, contre une hausse de 2,6% pour les prix à l’exportation. La seconde mesure la valeur des échanges en juillet : les importations ont atteint Rs 30,385 milliards, les exportations Rs 10,871 milliards, laissant un déficit de Rs 19,514 milliards.

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Ces deux séries ne portent ni sur la même période ni sur le même indicateur. Elles ne permettent donc pas de calculer quelle part du déficit de juillet provient de la hausse des prix observée au trimestre précédent. Leur rapprochement montre néanmoins que Maurice aborde le second semestre après une forte détérioration du rapport entre les prix de ses achats et de ses ventes de marchandises.

Le choc des prix de l’énergie

Au deuxième trimestre, l’indice des prix des combustibles minéraux, lubrifiants et produits connexes a progressé de 59,1% en trois mois. Cette catégorie pèse 33,6% dans l’indice des prix à l’importation. Le renchérissement des produits pétroliers (+64%) et du gaz (+42%) explique ainsi une grande partie de la hausse générale des prix importés.

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Les prix des exportations ont eux aussi progressé, notamment pour certains produits alimentaires et articles manufacturés, mais beaucoup moins rapidement. L’indice des termes de l’échange, qui rapporte les prix à l’exportation aux prix à l’importation, est tombé de 106,4 à 91,0 points entre le premier et le deuxième trimestre. Sa baisse de 14,5% traduit une évolution défavorable à Maurice : les marchandises achetées à l’étranger renchérissent plus vite que celles vendues à l’extérieur.

En juillet, un déficit moins lourd qu’en juin

Les données mensuelles montrent un certain repli du déficit en juillet par rapport à juin. Il passe de Rs 23,725 milliards à Rs 19,514 milliards, soit une diminution de 17,7%. Les importations baissent de 9,4% sur le mois, tandis que les exportations totales augmentent de 10,7%.

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La comparaison annuelle donne toutefois une image moins favorable. En juillet 2025, le déficit était de Rs 14,434 milliards. Un an plus tard, il est supérieur de Rs 5,080 milliards, soit 35,2%. La valeur des importations augmente de 30,8% sur cette période, contre 23,5% pour les exportations totales.

Un détail est essentiel pour apprécier cette dernière hausse : les exportations totales comprennent les approvisionnements des navires et les ventes de carburant aux navires (ship’s stores and bunkers). Leur valeur atteint Rs 4,619 milliards en juillet 2026, contre Rs 2,457 milliards un an plus tôt. En excluant ce poste, les exportations de marchandises s’élèvent à Rs 6,252 milliards, légèrement en dessous des Rs 6,346 milliards enregistrés en juillet 2025. La progression des exportations totales ne traduit donc pas une hausse comparable des autres marchandises exportées.

Une facture d’importation élevée

En juillet, les achats de machines et matériel de transport constituent le premier poste d’importation, à Rs 7,564 milliards, devant les combustibles minéraux et produits connexes (Rs 6,702 milliards) et les produits alimentaires (Rs 5,038 milliards). La facture des combustibles recule par rapport à juin, où elle atteignait Rs 9,712 milliards, mais reste supérieure à celle de juillet 2025, qui était de Rs 5,463 milliards.

La Chine demeure le premier pays de provenance des importations recensées en juillet, avec Rs 7,390 milliards, soit 24,3% du total, suivie de l’Inde avec Rs 3,028 milliards. Hors approvisionnements des navires, les principales destinations des exportations sont les États-Unis (Rs 1,003 milliard) et l’Afrique du Sud (Rs 905 millions).

Le défi posé par ces chiffres est double. À court terme, Maurice fait face à une facture d’importation élevée, particulièrement sensible aux prix de l’énergie. Dans le même temps, la lecture des exportations exige de distinguer les ventes ordinaires de marchandises du poste des approvisionnements des navires. Les prochaines statistiques diront si la baisse du déficit entre juin et juillet se prolonge et si l’écart entre prix importés et prix exportés se réduit.

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