L’Indian Ocean Islands Regional Climate Dialogue, consacré à la préparation de la COP31 et au renforcement de la position commune des petits États insulaires, s’est ouvert hier au Caudan Arts Centre Durant deux jours, représentants gouvernementaux, organisations régionales et internationales, société civile, secteur privé, jeunes et chercheurs. Ils ont procèdé à des échanges sur les priorités climatiques communes et les moyens de mieux faire entendre la voix des États insulaires dans les négociations internationales.
La question du financement climatique figure au cœur des discussions du Indian Ocean Islands Regional Climate Dialogue, placé sous le thème Building Collective Advocacy and Strengthening Cooperation with Other Island Regions. Cette rencontre vise notamment à consolider la coopération entre les îles de l’océan Indien et à accroître les liens avec d’autres régions insulaires confrontées aux mêmes défis climatiques.
Les travaux réunissent des délégations de plusieurs États et territoires de l’océan Indien, notamment les Seychelles, les Comores, Madagascar et La-Réunion. Sont également représentés l’African Island States Climate Commission, le Secretariat of the Pacific Regional Environment Programme, le Caribbean Community Climate Change Centre, l’African Group of Negotiators ainsi que l’Alliance of Small Island States.
Des représentants de la jeunesse, de la société civile, du secteur privé, du monde universitaire et des institutions de recherche prennent également part aux échanges, aux côtés de partenaires régionaux et multilatéraux engagés auprès des petits États insulaires.
À l’ouverture des travaux, la Junior Minister de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, Karen Foo Kune-Bacha, a abordé l’importance de rendre le financement climatique « plus accessible et mieux adapté » aux besoins des Petits États insulaires en développement (PEID). « While the global climate finance architecture has evolved considerably, many SIDS continue to face complex application procedures, lengthy approval processes, limited readiness support and insufficient capacity for project preparation. For countries already confronting accelerating climate impacts, these delays have real consequences. Communities cannot wait years for resilience. The message from Mauritius — and one that I believe resonates strongly across SIDS — is therefore clear: Climate finance must become more accessible, more responsive and better adapted to the specific realities of Small Island Developing States », a-t-elle déclaré.
Pour Karen Foo Kune-Bacha, la coopération régionale demeure essentielle, notamment pour favoriser le partage d’expertise et de ressources entre les États insulaires. Elle a aussi salué l’appui de l’Australie et des Nations unies aux préparatifs de Maurice en vue de la COP31.
De son côté, la coordinatrice résidente des Nations unies pour Maurice et les Seychelles, Lisa Simrique Singh, a décrit le changement climatique comme un défi existentiel pour les petits États insulaires. Elle a souligné ses conséquences sur des secteurs essentiels tels que l’agriculture, le tourisme, les infrastructures et le développement économique.
Elle a également identifié l’accès au financement climatique comme l’un des principaux obstacles auxquels sont confrontés les SIDS. Les Nations unies, a-t-elle indiqué, continueront à soutenir les négociations visant à traduire les engagements internationaux en actions concrètes, à accélérer les mesures d’adaptation et à améliorer l’accès aux financements, tout en faisant progresser la justice climatique en faveur des États insulaires vulnérables.
Le secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), Dr Ibrahim Norbert Richard, a, pour sa part, appelé à une action collective renforcée des petits États insulaires afin que leurs préoccupations climatiques demeurent au centre de l’agenda international. Il a également évoqué la nécessité de mobiliser davantage de ressources internationales pour booster la résilience des îles face aux effets du changement climatique.
L’Australie a également réaffirmé son soutien aux petits États insulaires. La chargée d’Affaires de l’Australie à Maurice, Kate Varian, a indiqué que son pays entend continuer à œuvrer pour que les priorités des PEID soient prises en compte dans le processus de la COP.
La directrice de l’Agence Française de développement (AFD) pour Maurice et les Seychelles, Audrey Nirrengarten, a, elle, abordé l’importance de ce dialogue pour mobiliser l’expertise et l’appui internationaux, mettre en exergue la coopération régionale et développer une stratégie commune autour des priorités climatiques des États insulaires.
Elle a fait ressortir que les SIDS sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique alors même que leur contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre demeure limitée. L’AFD, a-t-elle réaffirmé, entend poursuivre son soutien aux États insulaires dans leurs efforts de résilience et d’adaptation.

