ENVIRONNEMENT — Droits de la Nature : Eco-Sud engage des consultations sur les amendements constitutionnels

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L’ONG Eco-Sud, engagée dans la protection de l’environnement, fera des propositions à la Constitutional Review Commission sur les Droits de la Nature. Dans cette optique, elle a organisé trois rencontres, intitulées « En Commun, avec des habitants des zones côtières », à Tamarin et Poste-de-Flacq, pour recueillir les réflexions et expériences vécues par les habitants de ces régions. Une grande conférence publique sera ensuite organisée, avant de remettre les propositions à la Commission.

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Cette démarche d’Eco-Sud s’insère dans le cadre des consultations de la Constitutional Review Commission. D’abord, l’ONG reconnaît la portée historique de cette démarche et la possibilité pour les citoyens de soumettre leurs idées et propositions. Eco-Sud s’intéresse particulièrement aux Droits de la Nature, qui fait partie du programme du gouvernement.

« Ces discussions publiques relèvent d’une démarche citoyenne visant à interroger notre rapport à la terre, à la mer, au vivant, aux droits et aux institutions, mais aussi ce que nous souhaitons collectivement préserver, partager et transmettre », fait ressortir Eco-Sud.
L’ONG relève que parler d’écologie à Maurice, c’est aussi parler de notre histoire. « Les transformations environnementales que connaît aujourd’hui le pays ne peuvent être dissociées d’une histoire marquée par la colonisation, l’esclavage, l’engagisme et l’économie de plantation. Ces systèmes ont profondément transformé les paysages, organisé l’exploitation de la terre et des ressources et contribué à structurer les rapports de propriété et de pouvoir », dit-elle.

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Même si le modèle économique mauricien a grandement évolué depuis, Eco-Sud note certaines continuités ou de nouvelles formes d’exploitation. La concentration foncière, la spéculation immobilière, la conversion des terres agricoles, la privatisation de certains espaces et la pression croissante sur le littoral sont ainsi dénoncées. Ce qui a un impact sur la population, avec notamment le phénomène de gentrification.

Mais cette histoire, poursuit Eco-Sud, est aussi faite de résistances, de savoirs et de pratiques. « Dans les communautés, il existe des connaissances sur la manière de cultiver, de pêcher, de connaître un lagon, une rivière ou une terre, de partager certaines ressources et de prendre soin des lieux. En commun souhaite partir de cette pluralité d’expériences et de connaissances », déclare-t-elle.

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À travers une telle démarche, Eco-Sud souhaite explorer une « écologie décoloniale », à Maurice. Ce qui implique les questions fondamentales suivantes : Qui décide de l’usage de la terre, du littoral et des ressources ? Qui bénéficie de leur transformation et qui en supporte les conséquences ? Qui peut continuer à vivre dans une région soumise à une forte pression foncière ou immobilière ? Quels savoirs et quelles voix sont pris en compte pour en décider l’avenir ?

L’ONG relève que les Droits de la Nature figurent parmi les sujets que la Constitutional Review Commission doit examiner : « Les Droits de la Nature constituent une porte d’entrée vers une réflexion plus large sur les droits environnementaux, les communs, la participation citoyenne, l’accès à la justice et notre responsabilité envers les générations futures. »

Tous ces aspects sont discutés au sein des différentes rencontres avec les communautés dans ces trois régions. Par la suite, une grande rencontre publique sera programmée et des propositions soumises à la Commission. « En Commun cherche à créer un pont entre les expériences vécues dans différentes parties du pays et la réflexion institutionnelle sur l’avenir de notre Constitution », est-il précisé.

 

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