TOURISME — Journée mondiale : Le père Kenny plaide pour un secteur « à visage humain »

Ajouter en tant que source préférée sur Google

« Le tourisme mauricien : une rencontre, un partage et une mission ». Tel est le thème de la messe organisée, hier, au Quartier des Serres, au Domaine de Labourdonnais, dans le cadre de la Journée mondiale du tourisme. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre du Tourisme, Richard Duval, et du vice-président de la république, Robert Hungley, qui est appelé à assurer la suppléance avec le départ du président Gokhool pour Fiji.

- Publicité -

Dans son homélie, le père Georgy Kenny, vicaire-général du diocèse de Port-Louis, a salué avec gratitude « toutes celles et tous ceux qui font vivre le tourisme à Maurice : les travailleurs et travailleuses de nos hôtels et entreprises touristiques, les hôteliers et entrepreneurs, les guides, chauffeurs, restaurateurs, artisans, pêcheurs et acteurs de nos différents services », tout en saluant « les responsables des services publics, qui accompagnent et soutiennent ce secteur. »

Le père Kenny a eu une pensée particulière pour les travailleurs étrangers qui, a-t-il souligné, « viennent de différentes nations et de différentes cultures ». À leur propos, il dira : « vous êtes devenus une partie de notre société mauricienne et vous participez, par votre travail, à l’accueil que notre pays offre au monde. Soyez les bienvenus ! »
À première vue, le tourisme pourrait sembler appartenir surtout au monde de l’économie, dit-il encore. « Nous savons qu’il occupe une place importante dans la vie économique de notre pays : il fait vivre des familles, crée des emplois, favorise les échanges entre les peuples et permet à notre île d’être connue dans le monde. Mais le tourisme touche à une réalité plus profonde : la rencontre entre des personnes. Le tourisme, à Maurice, est bien plus qu’une industrie. C’est une rencontre, un partage et une mission », soutient-il.
« En célébrant la Journée mondiale du tourisme, nous sommes invités à regarder le monde du tourisme avec un regard différent », poursuit le père Kenny. Avant de rappeler que l’Église est engagée depuis trois ans dans une démarche de « marcher ensemble », appelée la démarche synodale. « Cette démarche du marcher ensemble avec l’autre demande de prendre du temps pour écouter, pour discerner et pour prendre soin. Réfléchissons ensemble à la manière dont ces trois dimensions – écouter, discerner, prendre soin – peuvent être une manière de nous mettre au service du tourisme mauricien », fait-il ressortir.
« Il y a plus de 30 ans, Mgr Jean Margéot, dans sa lettre pastorale Le tourisme, une chance à ne pas perdre, avait déjà posé un principe remarquable : Le touriste n’est pas un portefeuille à plumer, mais une personne à rencontrer. Quelle belle intuition pour aujourd’hui ! Rencontrer quelqu’un ne signifie pas simplement le voir passer. Rencontrer, c’est prendre le temps de l’écouter », estime le père Kenny. « Derrière chaque travailleur venant de l’étranger, il n’y a pas d’abord une main-d’œuvre, mais une personne avec une histoire, une dignité et un visage », s’appesantit-il. Il a également appelé à « écouter les familles mauriciennes qui vivent sur les côtes qui accueillent les hôtels », ainsi que « les jeunes qui cherchent un emploi et un avenir. »

- Publicité -

« Écoutons enfin la création elle-même ! La terre nous parle. La mer nous parle. Nos lagons nous parlent. Nos montagnes, nos forêts, nos plages nous parlent », a-t-il poursuivi. « Le marcher ensemble nous rappelle que l’écoute n’est pas simplement une technique. Elle est une manière de créer la rencontre et de reconnaître la dignité de l’autre. Le chemin synodal de l’Église a précisément voulu faire de l’écoute et du discernement un chemin pour mieux vivre la communion et la mission. »

« Un tourisme à visage humain »

- Advertisement -

« Voilà sans doute le premier défi d’un tourisme mauricien à visage humain : faire de l’hospitalité une véritable culture de la rencontre et apprendre à écouter pour véritablement rencontrer, afin que le tourisme mauricien soit encore davantage un tourisme véritablement humain », affirme le père Kenny. Avant de poursuivre : « nous devons chercher ensemble ce qui va faire que le tourisme mauricien soit encore plus un tourisme à visage humain. Un tourisme à visage humain est celui qui sait discerner les besoins de tous : les visiteurs, les travailleurs, les familles, les entreprises, les communautés locales et la création. »

En cette Messe du Tourisme 2026, il propose ainsi « de garder ces trois verbes dans nos cœurs : Écouter – Discerner – Prendre soin ». Soit : « Écouter, pour que le tourisme soit véritablement une rencontre. Discerner, pour que le partage réponde aux besoins réels des personnes et de notre société. Prendre soin, pour que le tourisme devienne une véritable mission au service de la personne, de la fraternité et de notre maison commune. »
En conclusion, le père Kenny a formulé une bénédiction pour tous ceux qui œuvrent dans le secteur touristique : « Que le Seigneur bénisse tous ceux et celles qui travaillent dans le secteur du tourisme ! Qu’il bénisse nos travailleurs mauriciens et nos travailleurs étrangers ! Qu’il bénisse les hôteliers, les entrepreneurs et les responsables des services publics ! Qu’il bénisse ceux qui accueillent et ceux qui sont accueillis ! Et qu’il fasse de notre île Maurice une terre où l’hospitalité est une manière de vivre la fraternité humaine et l’Évangile ! »

 

EN CONTINU ↻