Le rescapé Hans (19 ans) : « Monn trouv Elodie anba. Ler mo lev li pou met lor banket, monn trouv disan partou lor li »
Le Central CID (CCID), qui a pris en charge le dossier d’enquête quant au coup de feu tiré sur Elodie Thomas (27 ans) à Camp-Levieux dans la nuit de vendredi à samedi, poursuit son enquête. À moins d’une requête de l’Independent Police Complaints Commission (IPCC), les limiers vont sécuriser plusieurs données au sein de la Western Division comme les entrées dans le Diary Book et le COTS, système informatique de la police.
Dans un premier temps, le Central CID souhaite établir l’identité de tous les policiers qui étaient déployés sur le terrain, route Ratsitatane, Camp-Levieux, en fin de semaine dernière.
Des renseignements recueillis, les enquêteurs ciblent quatre équipes de police : la police de Camp-Levieux, la Special Mobile Force (SMF), la Divisional Supporting Unit (DSU) et l’Emergency Response Service (ERS). C’est à travers les images des différentes caméras de surveillance que leurs manœuvres sur le terrain seront scrutées.
C’est vers 23h30 que des policiers auraient engagé des échanges avec le chauffeur du van, qui ramenait Elodie Thomas à la maison. Après une brève conversation, le véhicule a été autorisé à partir. Cependant, il y a eu une détonation quelques secondes plus tard. La situation aurait basculé en moins de trois minutes.
Des 4×4 de la police auraient démarré pour quitter les lieux. Le sergent Gautam Singh Taukoor (57 ans) est parti avec son équipe du poste de police de Camp-Levieux. Le chauffeur Rudy Soobrayen a affirmé avoir croisé une équipe de la SMF disant que la passagère était blessée. Mais, il n’aurait pas reçu le moindre soutien des équipes de police sur place.
Le CCID tentera d’établir si ce n’est que la police de Camp-Levieux – dont les trois policiers suspendus qui n’auraient pas porté assistance aux personnes en danger – ou si les autres équipes sur place seraient aussi responsables de cette situation.
Les enquêteurs veulent aussi déterminer pourquoi les véhicules de police se sont tous mis à quitter les lieux peu après la détonation. Ainsi, l’ensemble des policiers On Duty à la route Ratsitatane devront apporter plus d’éclairage sur la question. Ce serait la première étape de cette investigation du CCID.
Par ailleurs, une vérification du Diary Book est à l’agenda en vue de confirmer si c’est bien le sergent Gautam Singh Taukoor qui a signé pour prendre possession du revolver Glock, avec des balles de 0,38 mm.
Le quinquagénaire a été soumis après son arrestation à un alcotest, qui s’est révélé négatif, alors que le résultat de son Drug Test est attendu dans les jours à venir. C’est ce qu’a indiqué tardivement un communiqué officiel de la police en date de dimanche. Depuis l’éclatement de cette affaire, le dossier du sergent Taukoor est ressorti du tiroir. Il était affecté au poste de police de Flic-en-Flac lorsqu’il avait été arrêté en 2007. Il était accusé d’agression sexuelle sur deux touristes américaines. Cette accusation contre lui avait été rayée car les victimes avaient quitté Maurice sans prendre part au procès.
Par ailleurs, Hans (19 ans), qui se trouvait dans le van au moment du drame, a fourni sa version à la Criminal Investigation Division (CID) de Rose-Hill, hier. Assisté de Me Arvin Luchmun, il a confirmé sa présence dans le véhicule lorsqu’il a entendu une détonation. Hans a affirmé avoir demandé au chauffeur de s’arrêter et dit avoir constaté un trou dans le pare-brise arrière ?. « Monn trouv Elodie anba. Ler mo lev li pou met lor banket, monn trouv disan partou lor li », affirme-t-il.
Pris de peur et traumatisé par ce qu’il a vécu en un clin d’œil, Hans a alors pris la fuite. Hans affirme n’être pas en mesure d’identifier les policiers qui avaient intercepté le van plus tôt car il faisait sombre. Cependant, il avance que les policiers étaient à pied lorsqu’ils ont parlé au chauffeur.
Le jeune homme sera convoqué plus tard pour participer à une reconstitution des faits en vue de confirmer les détails de sa version des faits.

