Vandalisme et pillages – Dans la nuit de lundi à mardi : La grande distribution accuse le coup

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Les actes de vandalisme et les pillages survenus dans la nuit de lundi à mardi ont durement touché certains commerces, sur fond de tensions sociales et de pouvoir d’achat sous pression. Si les dégâts recensés dans des points de vente semblent, à ce stade, circonscrits à certains établissements, l’ensemble du secteur de la grande distribution s’inquiète des répercussions sur l’activité, la sécurité des employés et les perspectives commerciales de fin d’année.

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Le spectacle est désolant. Dans un supermarché de l’Ouest, les rayons ont été saccagés et les produits jonchent le sol. Des morceaux de poulet frais, des pains de mie, des légumes et des plaquettes d’œufs sont éparpillés dans les allées. Des poubelles ont également été défoncées à l’extérieur et des caddies ont été emportés. Certains produits de valeur, notamment du whisky, auraient aussi été dérobés. Des éléments de la Special Mobile Force étaient présents sur place ce matin pour contribuer à la sécurisation des lieux.

À Beau-Bassin, le complexe McDonald’s, situé en face de Tangs Way, ainsi qu’un magasin d’électroménager bien connu ont aussi été pris pour cible. Des portes vitrées ont été brisées et un véhicule a été incendié sur le parking, illustrant l’ampleur des dégradations subies par certains établissements commerciaux au cours de cette nuit agitée.
Pour Ashok Sonah, président de l’Association of Mauritian Retailers, ces événements constituent un nouveau coup dur pour des commerçants déjà confrontés à un environnement économique difficile. « C’est un moment très triste et pénible pour le pays.

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La grande distribution est touchée de plein fouet, car elle a été la cible des manifestants », déplore-t-il. Et ce, avant de mettre en exergue que les entreprises évoluent déjà dans un contexte marqué par les difficultés financières des ménages et la hausse des coûts d’exploitation. « Le pouvoir d’achat des consommateurs est sous grande pression. À ce jour, on accuse déjà une baisse conséquente du chiffre d’affaires à travers tous les secteurs, même pour des produits de première nécessité », ajoute-t-il.

La progression des prix des carburants et ses répercussions sur les coûts de transport et, plus largement, sur le coût de la vie assombrissent davantage les perspectives. « Les commerçants sont très pessimistes sur leurs prévisions de vente pour la période de fin d’année, et encore plus dans un environnement où les charges continuent à grimper », prévient Ashok Sonah.

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Si les images de commerces pillés ont marqué les esprits, les responsables du secteur appellent à distinguer les dégâts constatés de la situation générale. Un directeur d’une grande enseigne de supermarchés estime que les incidents connus restent, pour l’heure, relativement isolés.  Ces événements conduisent néanmoins les enseignes à consolider leurs dispositifs de protection. « Nous renforçons les mesures de sécurité, de surveillance, de télésurveillance, de barricades », explique ce responsable. Les portes et les entrées font notamment l’objet de mesures de sécurisation supplémentaires, à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments.

La journée du mardi 13 octobre est restée placée sous le signe de la prudence. La plupart des commerces et grandes enseignes ont fermé plus tôt, alors que d’autres ont préféré garder leurs portes closes. Au-delà des pertes matérielles, les événements soulèvent des préoccupations concrètes pour les commerçants : protéger les employés, préserver les stocks, sécuriser les établissements et maintenir les opérations dans un contexte incertain.
Dans les réactions recueillies auprès de commerçants, un même sentiment domine : celui d’une accumulation de difficultés économiques et sociales dont les entreprises subissent aussi les conséquences. Plusieurs évoquent une frustration grandissante, nourrie notamment par les changements apportés au système de pension, les coupures d’eau à répétition, la pression sur les ménages, la hausse des prix des carburants et les interrogations sur la gestion des fonds publics
Un cadre de la grande distribution considère que les répercussions dépassent le seul secteur commercial et touchent le quotidien des Mauriciens. Un autre voit dans les événements récents la manifestation d’un « malaise social qui s’amplifie de jour en jour », estimant que le drame impliquant Élodie Thomas, touchée par balle lundi soir, a exacerbé les tensions.

Quoi qu’il en soit, l’enjeu immédiat pour le secteur de la distribution reste de limiter les dégâts et de garantir la sécurité des salariés et des clients. Mais la préoccupation est également économique : alors que les dépenses contraintes pèsent sur la consommation et que les charges des entreprises augmentent, les dommages matériels et les éventuelles perturbations de l’activité risquent de compliquer davantage la préparation de la période de fin d’année, traditionnellement importante pour le commerce.

 

 

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