PHÉNOMÈNE DE LA VIOLENCE JUVÉNILE : Rs 3 000 par tête pour semer le trouble

Ajouter en tant que source préférée sur Google
  • L’initiateur du groupe WhatsApp « GEN Z », Jayesh Julloo, alias Kushal, âgé de 21 ans, arrêté
  • La police remonte la piste du groupe « Paradise Burning »
  • Détruire un maximum de dossiers d’enquête (Case Files) était un des objectifs

Les soupçons de financement planifié et prémédité d’actes de violence à travers le pays par des trafiquants de drogue se précisent. La police a recueilli des éléments critiques après l’arrestation d’un suspect de 29 ans à Gros-Cailloux, mercredi soir. Lors de son interrogatoire, ce dernier a avoué avoir reçu Rs 3 000 pour participer aux actes de violence et aussi « met dife ladan ». En parallèle, les enquêteurs s’intéressent aux initiateurs de deux groupes WhatsApp à travers lesquels des jeunes auraient été incités à s’en prendre aux forces de l’ordre. L’un d’eux, Jayesh Julloo, 21 ans, plus connu sous le sobriquet de Kushal, a déjà été arrêté.

- Publicité -

Depuis la semaine dernière, le National Security Service (NSS) avait transmis au Prime Minister’s Office (PMO) des renseignements, découlant des exercices d’Intelligence Garthering sur le terrain, faisant état de possibles débordements dans le pays. D’après ces informations, des individus – connus des services de police pour leur implication présumée dans des réseaux de trafic de drogue – ont distribué de l’argent à de jeunes sans-emploi, à des collégiens ainsi qu’à des mineurs, afin de les inciter à descendre dans la rue en vue de créer des foyers d’instabilité.

Ces jeunes ont notamment reçu pour consigne de prendre pour cible des postes de police et d’y mettre le feu, avec pour objectif de détruire un maximum de dossiers d’enquête (Case Files). Ces individus associés aux trafiquants ont identifié plusieurs faubourgs et localités en vue de mettre leur plan en opération. Les cibles du tribunal de Bambous et du poste de police de Barkly pourraient s’inscrire dans cette logique criminelle.

- Publicité -

Alors que ces informations n’étaient jusqu’ici qu’au stade du renseignement, les événements de mercredi sont venus consolider les soupçons de la police. À Gros-Cailloux, les forces de l’ordre ont repéré une quinzaine d’individus armés de sabres, de barres de fer et munis de bouteilles. Après avoir incendié des débris sur la route principale, ils ont pris la fuite à l’arrivée des policiers.

Les enquêteurs sont toutefois parvenus à interpeller un chômeur de 29 ans, qui est passé aux aveux. Au cours de son interrogatoire, il a déclaré : « Misie, bannla inn pey mwa Rs 3 000 pou mo fer sa bann dezord la ansam ek bann lezot dimounn kinn sove la. ». Sur la base de cette somme, les bailleurs de fonds auraient ainsi déboursé Rs 45 000 pour mobiliser les quinze personnes identifiées à Gros-Cailloux.

- Advertisement -

La police soupçonne que des millions de roupies auraient été distribuées à différents groupes dans plusieurs régions du pays ces derniers jours afin de provoquer des troubles. Les enquêteurs affirment avoir identifié les motivations derrière ces agissements et entendent maintenir la pression.

Dans le même temps, la National Coast Guard (NCG) reste en alerte afin de surveiller les mouvements en mer. L’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) a également boosté sa vigilance autour de plusieurs points stratégiques en vue de prévenir toute entrée de cargaisons de drogue à l’approche de la fin de l’année.

Parallèlement, la police s’intéresse de près aux moyens de communication utilisés par des jeunes pour organiser leurs actions. La création de plusieurs groupes WhatsApp, notamment « GEN Z » et « Paradise Burning », est désormais dans le collimateur des enquêteurs. D’après les renseignements recueillis, ces plateformes auraient servi à coordonner les opérations, avec le partage des lieux de rassemblement, des infrastructures à saccager et à attaquer, ainsi que des informations sur la distribution de cagoules et d’armes et fabrication de cocktails Molotov.

Le bureau du commissaire de police disposait notamment de renseignements selon lesquels un suspect a distribué des cagoules et des cocktails Molotov à Cité-Hibiscus Garden, à Flacq, le 13 octobre. À la suite de ces informations, plusieurs unités de police ont monté une opération à Mare-La-Chaux en vue d’interpeller Jayesh Julloo, alias Kushal.
Ce chômeur a reconnu avoir créé le groupe WhatsApp « GEN Z » dans le but de recruter des jeunes. L’objectif : provoquer des troubles dans la région de Flacq. Il a également admis avoir fabriqué des cocktails Molotov.

Sept jeunes avaient incendié des débris sur la route à Cité-Hibiscus, Flacq, mardi soir. La police avait interpellé quatre d’entre eux, âgés respectivement de 15, 16, 17 et 18 ans. Les enquêteurs de la police comptent désormais approfondir l’interrogatoire du créateur du groupe « GEN Z » afin d’établir l’identité de ses éventuels bailleurs de fonds et remonter à la source en démasquant les cerveaux.

Aux Casernes centrales, l’attention se porte également sur le groupe WhatsApp « Paradise Burning », à travers lequel des messages appelant les jeunes à recourir à la violence auraient été diffusés. Les suspects concernés n’ayant pas encore été appréhendés, la police reste discrète sur les détails de cette affaire et sur le mode opératoire présumé des administrateurs du groupe.

Les enquêteurs tiennent toutefois à préciser que ce groupe WhatsApp n’a aucun lien avec le magasin de vêtements « Paradise Burning » ni avec les artistes qui y sont associés.

Affaire à multiples rebondissements…

 

EN CONTINU ↻