Émeutes — Camp-Levieux et Bambous : SaveMax, l’enseigne-cible des pilleurs

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Ce supermarché de Bambous réduit en cendres, avec des pertes de Rs 15 millions

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À Camp-Levieux : « Les émeutiers s’étaient surtout intéressés aux boissons alcoolisées »

Adarsh Raj Bokhoree, Managing Director (Retail & Distribution Cluster/SaveMax) de Chartreuse Group, chiffre les dégâts causés à deux supermarchés de l’enseigne. À Bambous, le magasin a été entièrement incendié, entraînant une perte estimée à Rs 15 millions, tandis que celui de Camp-Levieux a subi des pillages évalués à Rs 2,5 millions. Au-delà du bilan financier, le groupe doit aussi gérer le traumatisme de ses employés et préparer la reconstruction.

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Pour SaveMax, comme pour d’autres opérateurs, le bilan est lourd. Le complexe commercial de Bambous a été entièrement incendié, tandis que celui de Camp-Levieux a été la cible de pillards. Les pertes provisoires sont estimées à Rs 17,5 millions, hors coût de reconstruction du supermarché de Bambous. « À Bambous, c’est un Total Loss pour le groupe. Il faudra tout refaire et cela prendra plusieurs semaines, voire plusieurs mois », explique Adarsh Raj Bokhoree. Le supermarché restera fermé jusqu’à nouvel ordre. Si une réouverture avant la fin de l’année reste théoriquement envisageable, le responsable la juge « très peu probable », compte tenu de l’ampleur des travaux nécessaires.
Le magasin de Camp-Levieux a subi des dégâts importants. Les voleurs ont forcé les rideaux métalliques, saccagé les caisses et endommagé d’autres équipements. Les pertes y sont estimées à Rs 2,5 millions. L’intervention rapide de la police a toutefois permis de limiter le pillage à Camp-Levieux. « Ils ont réussi à arriver en moins de 20 minutes. Les pilleurs n’ont donc pas pu prendre grand-chose. Ils étaient surtout intéressés par les boissons alcoolisées, pas par les produits de première nécessité », précise-t-il. Les montants ont été évalués par le groupe en vue des réclamations auprès de l’assurance. Le rapport destiné à l’expert de l’assureur est en cours de finalisation.

Employés redéployés

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Derrière les dégâts matériels, les conséquences humaines ont également été prises en compte par la direction. Pour les employés de Bambous, le supermarché représente bien davantage qu’un lieu de travail : c’est leur gagne-pain et celui de leurs familles. « Ils sont définitivement traumatisés. C’est leur lieu de travail, leur gagne-pain. Nos employés de Bambous ont notamment craint de perdre leur emploi après la destruction du magasin, mais nous les avons rassurés. Le groupe les a redéployés dans d’autres supermarchés de l’enseigne », s’appesantit Adarsh Raj Bokhoree.
À cette inquiétude s’ajoute néanmoins un témoignage de solidarité. Le responsable tient à saluer les habitants de Bambous, qui ont pris contact avec l’entreprise pour s’enquérir de la situation et manifester leur soutien. « Je dois souligner la grande solidarité de la population de Bambous. Les gens nous téléphonent, nous demandent ce qui s’est passé. » Une réaction qui témoigne, selon lui, des liens tissés au fil des années entre l’enseigne et les communautés où elle est implantée.
Pour Adarsh Raj Bokhoree, ces actes de destruction dépassent largement le cadre commercial. Lorsqu’un supermarché est saccagé, les conséquences touchent les employés, les fournisseurs, les petites entreprises et les habitants qui dépendent de ses services au quotidien. Quand un supermarché est saccagé dans une région, c’est toute une communauté qui est affectée.
Cette proximité constitue, d’après lui, une composante essentielle du positionnement de SaveMax. Présente depuis douze ans et forte de trente supermarchés, l’enseigne affirme avoir maintenu son service lors des périodes difficiles, notamment pendant les inondations, les cyclones et les confinements. Elle participe également à la vie locale, à travers des tournois de pétanque, des prières et d’autres activités communautaires.
« Nous avons toujours voulu être un supermarché pour tout le monde, vivre avec la communauté. C’est ce qui nous démarque », affirme le Managing Director de SaveMax. L’enseigne met aussi en avant ses horaires étendus, de 6h à 22h, afin de répondre aux besoins des consommateurs, dont beaucoup se lèvent tôt, notamment pour préparer les enfants pour aller à l’école, puis aller travailler.

Restaurer la confiance

La destruction de Bambous représente un double effort financier pour le groupe : absorber les pertes liées aux dégâts et financer la reconstruction intégrale du magasin. Au-delà de ce chantier, Adarsh Raj Bokhoree estime que les actes de violence révèlent un problème plus profond. Il évoque un dysfonctionnement « systémique » à Maurice et déplore le « dialogue de sourds » qui, pour lui, caractérise la situation actuelle.

 

 

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