Akshaye Boodhun, un jeune homme de 18 ans faisant l’objet d’une accusation provisoire sous la Prevention of Terrorism Act (PoTA), a reconnu être à l’origine du groupe WhatsApp Burning Paradise. Lors de son interrogatoire par la Cybercrime Unit du Central CID, il a expliqué avoir créé ce groupe quelques heures après le coup de feu tiré par le sergent Gautam Singh Taukoor (57 ans), dont la balle avait atteint Élodie Thomas (27 ans) à la nuque. L’incident s’était produit à Camp-Levieux dans la nuit du 9 au 10 octobre.
Selon ses explications aux enquêteurs, l’objectif initial était de permettre aux membres de suivre et de partager les informations sur la situation dans le pays. Il a dit avoir d’abord ajouté quelques amis. Mais rapidement, ces derniers ont à leur tour invité d’autres personnes, dont il ne connaissait pas nécessairement l’identité. Le groupe a ainsi pris de l’ampleur, dépassant finalement les 600 membres.
Le jeune homme a également indiqué que plusieurs personnes disposaient du droit d’administrateur. Face à l’afflux de messages, il a dit avoir perdu le contrôle des échanges. Des publications appelant à la violence ont alors commencé à circuler sur le groupe. Cette escalade est intervenue dans un contexte marqué par les troubles qui ont éclaté dans le pays le 12 octobre.
Tout en rejetant toute implication dans des activités terroristes, Akshaye Boodhun a reconnu que certains membres avaient tenu des propos dépassant les limites. Il a aussi fait comprendre aux policiers qu’il ne connaissait pas la majorité des personnes présentes sur le groupe.
Un autre administrateur, Satya Prakash Mohabeer (30 ans), est lui aussi sous le coup d’une accusation provisoire en vertu de la PoTA. Cet habitant de Roches-Noires a affirmé avoir simplement été invité à rejoindre le groupe. Il a nié avoir encouragé les membres à recourir à la violence après les événements de Camp-Levieux. Les enquêteurs comptent approfondir son interrogatoire afin de déterminer précisément son degré d’implication dans cette affaire.
Parallèlement, la Cybercrime Unit poursuit ses recherches pour retrouver au moins deux autres administrateurs de Burning Paradise. Les enquêteurs disposent déjà de leurs numéros de téléphone et s’efforcent actuellement d’établir leur identité. L’enquête pourrait connaître de nouveaux développements dans les jours à venir.

