La circulation d’une vidéo d’abus sexuels sur une fillette, la diffusion d’images de mineurs impliqués dans les récents troubles sociaux et les dérives liées au groupe WhatsApp « The Burning Paradise » poussent LespriSEXY à réclamer une mobilisation nationale. Dans un communiqué publié mercredi 21 octobre, l’organisation spécialisée dans l’éducation à la vie affective et fondée par Gaëlle Schluchter, appelle les pouvoirs publics, les parents, les établissements scolaires et les internautes à prendre leurs responsabilités pour mieux protéger les enfants et les adolescents face aux dangers des réseaux sociaux.
LespriSEXY dénonce également la médiatisation excessive de l’hospitalisation et de la convalescence d’Élodie Thomas, ainsi que la diffusion d’images d’arrestations et d’interrogatoires de mineurs. Selon l’organisation, ces pratiques portent atteinte à la dignité et à la réputation des personnes concernées, particulièrement lorsque les images sont détournées à des fins humoristiques ou commerciales. Elle souligne ainsi la responsabilité des internautes, des médias et des entreprises dans la diffusion et l’exploitation de ces contenus.
« C’est révoltant, injuste et insupportable. Mais c’est notre réalité », déclare Gaëlle Schluchter. Pour la fondatrice de LespriSEXY, ces événements révèlent un manque de repères et des besoins urgents en matière d’éducation numérique, affective et sexuelle, mais aussi d’intelligence émotionnelle. L’organisation alerte notamment sur les risques de cyberharcèlement, de désinformation, de manipulation et d’atteinte à la vie privée, ainsi que sur leurs conséquences pour la santé mentale et les relations humaines.
Face à ces dérives, LespriSEXY appelle chaque internaute, jeune ou adulte, à adopter un comportement responsable : vérifier les informations avant de les partager, protéger les données personnelles, respecter le consentement et l’intimité d’autrui et ne pas relayer de contenus humiliants ou illicites. Elle rappelle que toute vidéo d’abus sexuels sur un enfant doit être signalée à la police et sur la plateforme MAUCORS, sans jamais être partagée. Chaque nouveau partage contribue à prolonger les souffrances de la victime.
L’organisation insiste également sur la nécessité d’accompagner les parents, souvent démunis face aux pratiques numériques de leurs enfants, et de renforcer la sensibilisation des jeunes, à l’école comme dans leur environnement familial. Elle plaide pour que le bien-être numérique devienne une priorité nationale, impliquant l’ensemble de la société.
Engagée depuis 2024 dans l’éducation affective et sexuelle à Maurice, LespriSEXY propose des ateliers, des jeux et des formations aux jeunes, aux familles, aux écoles, aux associations et aux entreprises. L’organisation indique avoir sensibilisé plus de 1 376 personnes au cours de 220 sessions. « Adoptons ensemble un meilleur usage des réseaux et faisons du bien-être numérique une priorité nationale », insiste Gaëlle Schluchter.


