De Curepipe à Pointe aux Canonniers, Maison Sasha cultive une certaine idée de la beauté : du style, de la précision et cette attention qui fait toute la différence. Trente et un ans après son premier salon, ouvert en 1995, Sasha Mosafeer revient sur une aventure où la passion du geste rencontre l’esprit de famille. Et prépare déjà la suite.
Il est revenu d’Europe avec des rêves plein la tête et une ambition : faire du rendez-vous chez le coiffeur un moment à part. En 1995, Sasha Mosafeer pose les premières pierres d’une maison qui portera son prénom. Son inspiration ? L’exigence découverte à Paris et à Londres, qu’il veut proposer à sa clientèle mauricienne.
« Je voulais changer ça : un vrai diagnostic, des techniques de coupe et de couleur à jour, des produits professionnels, et surtout un accueil où le client se sent attendu. Le luxe, pour moi, a toujours été une question d’attention. »
Cette conviction devient sa signature. Au fil des années, le premier salon fait place à un réseau de quatre adresses : Curepipe, Tamarin, Trianon et Pointe aux Canonniers. Quatre atmosphères, quatre clientèles, mais une même promesse. De l’effervescence de Trianon à la douceur balnéaire de Tamarin, la maison entend conjuguer personnalité des lieux et constance du service.
« On ne duplique pas un salon, on duplique une culture », résume le fondateur. « Chaque salon a son public, mais le geste, le protocole et le niveau d’exigence sont les mêmes partout. »
Le style se transmet
Derrière une coupe qui tombe juste ou une couleur qui illumine le visage, il y a des heures d’apprentissage. La grande majorité des coiffeurs du réseau ont été formés au sein de la maison. Ils y acquièrent une technique, mais aussi une façon d’accueillir, d’écouter et de conseiller.
Pour nourrir cette exigence, Sasha continue de voyager, de fréquenter les salons professionnels et de suivre des formations à l’étranger. Techniques de coupe, innovations en coloration, soins et outils : chaque découverte vient enrichir le travail des équipes.
« Ce que je découvre ailleurs, je le transmets ensuite à toutes nos équipes. C’est comme ça qu’on garde le même niveau dans chaque salon, et qu’on reste en avance. »
Faire de son prénom une enseigne engage aussi une responsabilité personnelle. « Quand votre nom est sur la porte, vous n’avez pas le droit à l’à-peu-près. » Avec le temps, ce prénom est devenu une histoire collective. « Il appartient aussi à nos équipes et à nos clients, qui le font vivre chaque jour. C’est d’ailleurs pour ça qu’on dit “Maison” : c’est plus grand que moi. »
Cette fidélité se construit des deux côtés du miroir. Pour garder les talents, le fondateur mise sur la formation, la reconnaissance et des possibilités d’évolution vers le management ou l’enseignement. « Un coiffeur reste fidèle quand il sent qu’il progresse », souligne-t-il. Le salon doit aussi être un lieu où l’on trouve sa place dans une équipe soudée.
Un duo, une maison
Au cœur de cette aventure, Pascaline tient un rôle essentiel. À la création et à la technique portées par Sasha répondent la rigueur de la gestion et une vision d’ensemble. Une complémentarité qui accompagne le développement de l’entreprise.
« Ce qui nous a renforcés, c’est qu’on partage les mêmes valeurs sans avoir les mêmes forces. Quand on n’est pas d’accord, on en discute, et la décision finale est toujours meilleure. » Voir aujourd’hui la génération suivante s’impliquer ajoute une nouvelle dimension à cette réussite familiale.
Pendant ce temps, les envies de la clientèle ont changé. Une coupe ou une couleur ne suffisent plus toujours : le rendez-vous beauté devient une parenthèse pour soi. « Aujourd’hui, les clients recherchent une prise en charge globale : cheveux, peau, esprit. Ils sont aussi beaucoup plus informés et attentifs à ce qu’ils mettent sur leur corps. »
De cette évolution est né Sasha Spa, tandis que l’offre capillaire s’est enrichie de nouvelles gammes, notamment Tea Tree. Dans les salons, les techniques ont elles aussi évolué depuis les années 1990, avec des protocoles destinés à mieux préserver la fibre lors des services de coloration et de décoloration.
Mais les innovations ne remplacent pas le regard du professionnel. « Les fondamentaux ne bougent pas : une belle coupe reste une belle coupe. La technique évolue, mais l’œil, lui, se travaille toute une vie. »
La passion en héritage
Transmettre reste l’un des grands moteurs de Sasha Mosafeer. Dans un secteur qu’il estime insuffisamment encadré à Maurice, son projet d’école répond à une volonté : structurer l’apprentissage et valoriser le métier. Les salons constituent déjà, à ses yeux, un terrain de formation quotidien pour les nouvelles générations.
Aux jeunes, son message est direct : le talent ouvre des portes ; la passion, la discipline et le travail permettent de durer. Une philosophie qu’il entend prolonger à travers les prochains développements de la maison.
Chez Sasha Spa, les projets comprennent le développement de la ligne Sasha Skin et de nouvelles prestations, dont des soins ayurvédiques dispensés par des experts. Côté cheveux, Sasha annonce la mise en avant du soin Nano et de la gamme Goddess, ainsi que de nouveaux produits et équipements.
Et pour la fin de l’année, il entretient le suspense : «Nous vous réservons une gamme exceptionnelle et révolutionnaire. » Trente et un ans après ses débuts, le créateur garde intact le goût de surprendre.

