La présidente de la Hindu House souhaite que le Select Committee sur l’utilisation du kreol morisien au Parlement élargisse sa réflexion aux langues ancestrales parlées à Maurice. Un appel à la reconnaissance de la diversité linguistique du pays a été lancé samedi à Cassis, lors du coup d’envoi des célébrations de Divali placées sous le thème « Une lumière pour la paix dans le monde ».
La présidente de la Hindu House, Luxshmee Ramdhun-Bundhun, a plaidé pour que le Select Committee institué afin d’examiner l’utilisation du kreol morisien au Parlement prenne également en considération l’ensemble des langues ancestrales parlées à Maurice. Pour elle, la reconnaissance de la diversité linguistique constitue un prolongement naturel du principe d’unité dans la diversité, au cœur de l’identité mauricienne.
« Je souhaite humblement que nos parlementaires veillent à ce que le Select Committee chargé d’examiner l’utilisation du kreol à l’Assemblée nationale prenne en compte toutes les langues ancestrales », a-t-elle fait ressortir, estimant qu’aucune langue ne devrait être laissée de côté dans ce lieu où se construisent les grandes orientations du pays.
Elle a également rendu hommage aux personnalités qui se sont mobilisées pour défendre cet héritage durant la période coloniale. Elle a notamment évoqué l’action de sir Seewoosagur Ramgoolam dans les années 1940 en faveur de la préservation et de la reconnaissance des langues ancestrales, dont le bhojpuri, l’hindi, le tamoul, le télougou, le marathi, l’ourdou, le gujarati et le mandarin.
Selon elle, ces efforts ont contribué à jeter les bases de la reconnaissance du patrimoine multiculturel mauricien. Elle estime que la promotion des langues s’inscrit également dans les principes défendus par l’UNESCO, avant de s’appesantir sur la nécessité de préserver cette richesse pour les générations futures.
La présidente de la Hindu House a ainsi invité les autorités à adopter une approche inclusive, qui ne limite pas le débat linguistique à une seule langue. « True to our national philosophy of unity in diversity and fully in accordance with the principles of UNESCO regarding the preservation and promotion of all languages, we believe that our Parliament should leave no language behind », a déclaré Luxshmee Ramdhun-Bundhun. Cette citation résume le cœur de son plaidoyer : faire de l’Assemblée nationale un espace où toutes les langues ancestrales trouvent leur place.
Elle a également salué le combat mené par Sarita Boodhoo, âgée de 84 ans, pour la préservation du bhojpuri et la reconnaissance des langues ancestrales au Parlement. « Elle continue de lutter pour le bhojpuri, mais aussi pour que toutes les langues ancestrales aient leur place à l’Assemblée nationale », a-t-elle souligné, appelant le gouvernement à honorer cet engagement.
Au-delà de la question linguistique, la cérémonie a été marquée par un appel à la paix, à la tolérance et à la solidarité entre les communautés. Associant la symbolique de Divali, célébration de la victoire de la lumière sur les ténèbres, aux responsabilités de chacun envers la société, la présidente a exhorté les Mauriciens à faire vivre ces valeurs dans leurs actes quotidiens.
Cette édition revêtait également une dimension personnelle pour Luxshmee Ramdhun-Bundhun, qui a évoqué le souvenir de son père, Virendra, ancien président de la Hindu House, décédé il y a sept ans. Elle a fait état des valeurs de service, de dévouement et d’engagement communautaire qu’il lui a transmises.

