Echiquier politique – Six ans après Le Cold Case Kaya Kistnen enflamme l’antagonisme brûlant Ramgoolam/Jugnauth

Ajouter en tant que source préférée sur Google

• Profitant de la PNQ de Baboolall, le PM sur les écoutes téléphoniques : « They wanted to know and what are the evidences that might implicate the former Prime Minister and some Senior Ministers »

- Publicité -

• Le Leader of the House: « At 3 o’clock in the morning of November 10, they started a massive deletion exercise amounting to about 98% of the drives »

• Réagissant, le Sun Trust brandit la thèse d’une « tentative de diaboliser le MSM » et avance que « les Mauriciens méritent la vérité, pas des fictions premier-ministérielles »

- Publicité -

• Le second téléphone cellulaire du chef agent du leader du MSM au N°8, manquant depuis le drame de Telfair (Moka) du 18 octobre 2020, retrouvé le mois dernier par des ex-Scotland Yard en possession de la police

• Le meurtre non-résolu de Nadine Dantier du 25 juin 2001, le corps de Pravind Kanakiah, repêché à Roche-qui-Pleure le 11 décembre 2020, toujours des Live Issues pour l’Hôtel du Gouvernement

- Advertisement -

La Private Notice Question du leader de l’opposition et du Fron Militan Progresis (FMP), Chetan Baboolall, à première vue de nature anodine, a eu des effets multiplicateurs de détonateur, non seulement en ce qui concerne la relance de l’intérêt autour du meurtre de Soopramanien (Kaya) Kistnen, chef agent du leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), ou encore des dessous des écoutes téléphoniques, indépendamment de l’épisode de Missie Moustas Leaks. Mais surtout au titre de l’antagonisme brûlant opposant le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et son prédécesseur, Pravind Jugnauth. Se basant sur des derniers développements dans le dossier de l’enquête confiée à des agents à la retraite de Scotland Yard sur le drame de Telfair, Moka, du 18 au 20 octobre 2020, Navin Ramgoolam fait le lien avec le réseau d’écoutes téléphoniques opéré sous le gouvernement de Pravind Jugnaurth.

Les détails distillés lors des échanges sur la PNQ, mardi dernier, ont fait tache d’huile dans l’opinion au point où l’état-major du Sun Trust a été forcé de se farcir d’un communiqué pour s’élever contre l’immunité parlementaire, dont se prévaut le Leader of the House pour s’en prendre à son adversaire politique extra muros de l’hémicycle. Parallèlement, deux éléments nouveaux ont émergé en marge de la Probe Revisited sur le meurtre de Kaya Kistnen est que le second téléphone cellulaire de la victime a été retrouvé après le meurtre. Un exhibit versé dans le dossier à charge et qui ne peut être nié dans n’importe quelle circonstance. Ensuite, la destruction massive des dossiers informatiques (Drives) accablants à la veille des dernières élections législatives du 10 décembre 2024.

Toutefois, les conclusions sur ces deux lignes d’enquête à haute tension politique se font encore et toujours attendre sans que justice ne soit rendue à qui de droit. Deux autres cold cases sont à l’agenda des anciens limiers de Scotland Yard, soit le meurtre de Nadine Dantier il y a un quart de siècle déjà, et plus près de nous la thèse controversable de suicide de Pravind Kanakiah, haut fonctionnaire s’occupant des Procurements sous Covid-19 et dont le corps a été repêché en mer à Roche-qui-Pleure.

D’entrée de jeu, dans sa réponse liminaire, le Leader of the House n’a pas raté de pointer un doigt accusateur à l’encontre des enquêteurs de la police d’alors, accusés d’avoir tout fait pour saboter cette enquête dès le début en fabulant la thèse du suicide. Il ne pouvait trouver mieux que de s’appuyer carrément sur des extraits des conclusions de la Judicial Enquiry, présidée par la Senior Magistrate siégeant à la Cour de Moka, Mme Mungroo-Jugurnauth.

« I consider the conduct of the Police in the present case to be abhorrent. The manner in which the inquiry was conducted fell so below what can be considered reasonable that it marks a new level of incompetence », soutient-il en privilégiant un cas d’homicide au lieu d’un suicide.
L’escouade d’anciens enquêteurs de Scotland Yard, avec des dépenses de l’ordre de £ 78 000, a effectué plusieurs déplacements à Maurice. Premier constat sans appel : « They have reported that the initial police investigations and inquiries were seriously deficient. Exactly what the Senior Magistrate found! Critical evidence – that is what they said – from the scene were not preserved. »

Sur la base des exercices de contre-expertise, menés par un « international forensic scientist, specialising in deaths by fire », la piste d’enquête validée est que « there are sufficient indications to conclude that the death of Mr Kistnen was neither accidental nor self-inflicted, but it was a homicide, that is, an unlawful killing. » La principale difficulté à affronter demeure le long délai écoulé entre le moment du crime et le démarrage de la nouvelle enquête. « They have stepped into this investigation so long after the events, and with evidence having been destroyed or are no longer available, it was never going to be easy to detect the exact circumstances leading to the untimely death of Mr Kistnen. »

Very important exhibit
L’une des premières révélations faites par Navin Ramgoolam est que même si aucune arrestation n’a été opérée à ce jour, « the team working on the case file is still discovering material evidence, which quite extraordinarily had been overlooked during the initial investigation. » Ainsi, pas plus tard que le mois dernier, le second téléphone cellulaire de la victime, présenté comme un very important exhibit, introuvable jusqu-là, a été versé dans le dossier à charge.
« Mr Kistnen’s body was found in October 2020 – six years later. He was supposed to have two mobile phones. One was found under his burnt body. The police said: it is burnt, no evidence. We sent it to the experts in London. They found evidence in that phone, which was burnt. The second phone was never found. Now, six years later, the phone has been found. Where was it, Madam Speaker? With the police. Described as a case, not as a phone. But the British experts found it and it is being analysed at the moment », s’insurge-t-il, en confirmant que le décryptage de la mémoire a déjà été engagé en vue de donner une nouvelle orientation à l’enquête.

À ce jour, 12 individus ont été entendus et 17 dépositions ont été consignées. Il n’est pas à écarter que d’autres soient convoqués par les enquêteurs dans les jours à venir pour être confrontés aux éléments cruciaux recouvrés du second cellulaire de Kaya Kistnen.
L’autre aspect des éléments de réponse du Premier ministre à la PNQ de Chetan Babboolall est le lien entre le meurtre de Kaya Kistnen et la mise en place d’un système d’écoutes téléphoniques illicites. À ce chapitre, il n’est passé avec le dos de la cuillère. « The previous regime had engaged into mass surveillance, and slowly but surely, irrefutable facts are coming to light. Some of them relate directly to the case of late Mr Kistnen », devait-il faire ressortir dans l’ultime partie de sa réponse liminaire.

Ménageant la chèvre et le chou, Navin Ramgoolam donne des indications sur les cibles de l’ancien gouvernement Jugnauth pour les besoins de cette filature. « It appears that journalists who were investigating the case, well-known household names in Mauritius – and they will recognise themselves, I know, when I am referring to them, they know who they are – were in the surveillance target database », poursuit en laissant planer le suspense sur l’identité concerné.
Navin Ramgoolam prendra le soin de citer un ancien Attorney General sans le nommer dans cette opération d’intrusive surveillance. Le but de cette mise illégale sur écoutes visait à recueillir des informations sur ce que ces cibles savaient du meurtre de Kaya Kistnen. « This goes to show the extent to which the previous regime went to spy on journalists, on lawyers, on family members, in order to further the purpose, which was to control the investigation, and we all know what this has led to », affirme-t-il tiout simplement à ce stade.

Toutefois, lors de la tranche des interpellations supplémentaires, le chef du gouvernement avait fait état des relations de cause à effet entre le meurtre du chef agent de Pravind Jugnauth au N°8 et des écoutes téléphoniques. « Spying on investigative journalists, you do not find this shocking? Not only journalists, but also family members, family lawyers. Ask yourself: what purpose, why did they have to spy on these journalists? Some of them are now defending the MSM. Probably, they do not know they were being spied upon. The Judiciary – there is a file marked Judiciary – being spied upon », se demande-t-il en poursuivant sans porter de gants quant aux Ultimate Political Beneficiairies de cette opération en infraction au droit fondamental à la liberté.
« What was the purpose? The purpose is very simple. You do not have to be an expert to know. They wanted to know what the investigations are finding out about the death of Mr Kistnen, what evidence they possess, what are their sources – all this they wanted to know and what are the evidences that might implicate the former Prime Minister and some Senior Ministers. That is what they wanted to find out, and that is how they were proceeding », affirme-t-il à l’adresse de Chetan Baboolall.

Conspiracy
Navin Ramgoolam devait être davantage virulent à l’encontre de Pravind Jugnauth dans le volet par rapport à la destruction des dossiers à la veille des dernières élections générales. « The files were destroyed. In fact, I should say at 3 o’clock in the morning of November 10, that is, on the eve of the election, they started a massive deletion exercise amounting to about 98% – from what I am told – of the drives. That, in itself, is evidence of conspiracy », dira-t-il en provoquant une réaction de la part l’ancien Deputy Prime Minister et leader du FMP, Paul Bérenger, à l’effet que malgré tous ces éléments « no one was arrested. »

Reprenant son ancien adjoint sur la pertinence des preuves, le chef du gouvernement tentera de rassurer à l’effet que « the British experts are currently trying to find; the database experts are recovering part of the disk. It is fragmented, but they are recovering it. They have, in fact, destroyed the operating system. The whole architecture has been destroyed. Such wholesome destruction of information while a criminal investigation was ongoing, is in itself an offence. There are files marked, for example, ‘Judicial’. You can guess who was in the list! »
La flèche du Parthe de nature politique s’avère être que Pravind Jugnauth est accusé d’avoir menti à l’Assemblée nationale du temps où il était Premier ministre. « From what I understand, it was a lie. That answer was a lie because when we look at the footage, they are all destroyed », maintient des plus catégoriquement le Premier ministre au sujet des éléments rapportés dans le Hansard du 2 août 2024 en réponse à une autre PNQ d’Arvin Boolell, alors leader de l’opposition, au sujet des footages de Safe City Cameras.
Six ans après ce drame, la vérité est encore loin de sortir des dédales politiques, même si le Leader of the House s’évertue de souligner que « whatever has to be done, will be done », tout en indiquant que « we have to find out, first of all, who destroyed all these evidences. Do you think they are going to say it was X’ who gave me orders? This is what the British experts are trying to find out. »

Et si le maillon faible de ce scénario de suicide se résume au tout début de cet imbroglio dès le 20 octobre 2020 avec le choix du médecin-légiste pour pratiquer l’autopsie sur la dépouille en partie calcinée de Kaya Kistnen, retrouvée dans un champ de cannes. Ce ne serait nullement un secret de polichinelle de supputer que le Police Medical Officer Sunassee se retrouve dans ses petits souliers au fur et à mesure que l’enquête des retraités de Scotland Yard progresse.
À ce chapitre, Navin Ramgoolam avait initialement fait part de ses intentions en indiquant que « what we have are the findings of the crime scene doctor who initially attended the crime scene at Telfair. We also have the report of the independent forensic consultant retained by the widow of late Mr Kistnen who concluded also that it was a homicide by asphyxia. All this is part and parcel of the bigger investigation which is attempting to find out who were those behind the suspected homicide of Mr Kistnen. »

Affaire à suivre…

—
Réactions du MSM

« Les Mauriciens méritent la vérité, pas des fictions premier-ministérielles »
« Le Mouvement Socialiste Militant (MSM) dénonce les récentes déclarations du Premier ministre Navin Ramgoolam qui ont pour seul but d’accabler l’ancien gouvernement à travers des accusations sans fondements.
« Le Premier ministre se réfugie systématiquement sous l’immunité parlementaire pour balancer des grossièretés. Les médias se voient malheureusement contraints à reprendre ces fabulations même si Navin Ramgoolam ne donne aucune preuve de ce qu’il avance.
« Par exemple, cette semaine, il nous a servi l’hypothèse d’écoutes téléphoniques massives, de « preuves » supposément détruites à 3 heures du matin le soir des élections ou encore l’apparition spectaculaire d’un téléphone portable après 6 ans. Il omet à chaque fois de préciser sur quelles preuves reposent ses affirmations.
« Aveu de taille, les enquêteurs que Ramgoolam présentait précédemment comme étant la crème de la crème de Scotland Yard seraient en fait des retraités reconvertis en détectives privés. Est-ce que cette confusion aurait été instaurée de façon délibérée afin de donner un semblant de crédibilité aux accusations de Ramgoolam ?
« Toujours dans cette tentative de diaboliser le MSM, l’avocat de Ramgoolam, actuellement à Londres, a lui aussi tenté d’apporter de l’eau au moulin de son nouveau leader.
« Il est temps que l’enquête sur la mort de Soopramanien Kistnen cesse d’être utilisée comme outil politique. Les Mauriciens méritent la vérité, pas des fictions premier-ministérielles. »
–

EN CONTINU ↻